Tunisie

Tunisie : usage sain ou détourné de l’état d’urgence ?

« Si des attentats similaires à ceux de Sousse ou du Bardo venaient à être perpétrés, l'État disparaîtrait. » C’est en ces termes que le Président tunisien Béji Caïd Essebsi, déclara mordicus l’état d’urgence, le 4 juillet 2015, huit jours après l’attaque terroriste de Sousse, et qui constitue de loin l’attentat le plus meurtrier de l’histoire contemporaine de la Tunisie, avec un bilan de 39 morts et 38 blessés. Décrété donc suite à la menace terroriste, l’état d’urgence serait-elle une décision sage ou au contraire inopportune ?

Tunisie : réformer la fiscalité pour réussir la transition démocratique

En Tunisie, la pression fiscale est considérée comme pesante (21% du PIBen 2010). Il s’en suit une augmentation du taux de fraude fiscale qui représente environ 40% des recettes.  Les impôts, censés financer les grands projets de l’Etat, sont souvent gaspillés dans des dépenses publiques improductives. En témoigne, le niveau de déficit public en 2013 qui a atteint 4,3 % du PIB, ce qui aggrave la dette publique tunisienne estimée pour 2014 à 49,1% du PIB. Ainsi, se trouve-t-on devant un système fiscal aussi bien injuste qu’inefficace.

Élections tunisiennes : un modèle démocratique ?

La position parfaitement neutre de l’armée, le recours des élites politiques tunisiennes au consensus, le déroulement relativement non-violent des élections législatives et présidentielle, le respect des résultats par les différents protagonistes, autant d’indicateurs qui témoignent d’une transition pacifique. Mais peut-on aller jusqu’à parler  de modèle démocratique pour le reste du monde arabe ?

Tunisie : transition fragile

Les élections législatives en Tunisie qui viennent de se terminer, avec la victoire du parti « Nidae Tounes » et la défaite du parti islamiste « Ennahda », interviennent à un moment critique. Pendant un certain temps, la Tunisie a été considérée comme l’élève-modèle pour une transition de l'autoritarisme vers la démocratie. En Égypte, la déception générale de la prestation du gouvernement islamiste a abouti à un coup d'État militaire l'année dernière. En revanche, lorsque la Tunisie s’est trouvée dans une impasse politique, le parti islamiste Ennahda a négocié un transfert de pouvoir à un gouvernement intérimaire, ce qui a conduit le pays à des élections anticipées.

Tunisie : Quand la gestion étatique du culte fait le lit de l’extrémisme

Le processus de transition démocratique en Tunisie est visiblement exposé à de nombreuses menaces, notamment l’extrémisme des islamistes. D’aucuns disent que la violence exercée au nom de la religion est encouragée par d’autres États anti-démocratiques, d’autres suspectent le parti Ennahda d’avoir permis la propagation de ce phénomène par incompétence ou par laxisme. Mais, qu’en est-il du rôle qu’a joué et que joue encore l’État tunisien ? L’administration monopolistique du religieux, n’alimente-t-elle pas l’extrémisme islamiste en Tunisie ?