Adedayo Thomas

Nigeria : les subventions au pétrole volent les pauvres

Les subventions sont souvent présentées comme un moyen de redistribuer les richesses et d’augmenter le bien-être des populations pauvres. En effet, la plupart des pays, mettent en place des subventions largement affichées comme des politiques pro-pauvres. L'expérience récente confirme cependant l’inefficacité de nombreuses subventions. C'est notamment le cas de la subvention du pétrole. Il en émerge de nombreuses allégations, incluant un paiement inapproprié de 700 millions de Nairas (4.458 millions $) de subvention quotidienne pour le pétrole.

Le pétrole, techniquement appelé (DPK) est essentiellement utilisé pour les tâches ménagères comme la cuisine au fourneau. Il est couramment utilisé par des personnes à faible revenu et des habitants de zones  non-urbaines. Les subventions au pétrole sont conçues pour être un moyen de rendre la vie  plus  facile à cette population. Des faits émergeants des investigations en cours  et les allégations de corruption ont cependant montré que la subvention au pétrole, comme la plupart des autres, a été un échec et est criblée de corruption. Malgré les échecs avérés des différentes formes de subventions, les décideurs politiques, soit par manque de connaissances ou pour gagner en popularité, feignent d’ignorer ces échecs mettant inlassablement en place de nouveaux modèles de subvention.

Pour replacer le contexte, il faut préciser que le pétrole est un produit importé. Le taux de consommation quotidien est de 12 millions de litres et le prix au débarquement est de 152 Nairas par litre selon l’Agence de la Tarification des Produits Pétroliers et de Régulation. Le prix officiel est de 50 Nairas par litre, ce qui signifie que le gouvernement subventionne à hauteur de 102 Nairas chaque litre de pétrole.

Déverrouiller le développement en Afrique

image alt text...Adedayo Thomas le 24 décembre 2007 -
« Moi socialiste ? Plus jamais ! »
Ceux qui sont familiers avec mon travail savent que par le passé et jusqu'à récemment j'ai essentiellement professé l'approche socialiste comme modèle de notre transformation économique. Ce n'est plus le cas. Ce changement d'approche n'est guère le fruit de la confusion, mais celui d'un regard réaliste sur les événements globaux.