Relance : Ce qu’on voit et … ce qu’on ne voit pas

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Le 27 février 2009 – A l’occasion de la crise actuelle, les hommes politiques parlent de la nécessité d’agir, d’intervenir dans l’économie, la relancer, la stimuler. Plusieurs remarques peuvent être faites à ce sujet. En premier lieu, les discours en faveur de « l’action » laissent à penser qu’il n’y a pas d’intervention habituellement. On compare implicitement ou explicitement la société de 2009 à celle de 1929. Or, cela est parfaitement erroné : la France de 2008 par exemple n’est pas un « jungle ultralibérale » où l’Etat n’intervient pas. Elle est au contraire un pays où l’Etat au sens large dépensait l’année dernière près de 54% du PIB. Un tel niveau d’intervention semble tenir de la « relance permanente ».

Par ailleurs, lorsque l’on parle de la crise, on parle évidemment du sort de milliers de familles qui peuvent soudain souffrir des conséquences du chômage. Derrière la « crise économique » il y a donc des drames humains individuels, familiaux, et collectifs qui se jouent. Pour autant il n’est pas certain que les mesures de relance et autre « stimulus » résolvent ces drames humains. Elles ont plus de chances de bénéficier à ceux, souvent parmi les plus riches, qui ont effectué le lobbying nécessaire pour récupérer a manne d’aides subventionnées par les contribuables, et ainsi échapper aux conséquences financières de leur propre irresponsabilité. C’est un problème moral de taille, trop souvent éludé.

Ensuite, les interventions sont-elles appropriées ? Comment savoir quel secteur vaut la peine d’être sauvé, avec de l’argent qui, d’un côté, pourrait servir à sauver un autre secteur plus à même de profiter durablement de l’aide, et qui d’un autre côté, vient bien de quelque part et aurait pu servir à autre chose dans des mains privées. Il y a donc des arbitrages qui sont faits, mais sans véritable connaissance de l’action optmale, les bureaucrates et politiciens n’ayant pas la science infuse. Ce problème technique est tout aussi important.

Derrière les discours de l’action, de « ce qui se voit », il est alors facile d’occulter ce que l’on ne voit pas. Ce qu’on ne voit pas ce sont les coûts d’opportunité de telle ou telle « action » publique. Ce qu’on ne voit pas ce sont les capitaux en moins pour des projets privés, c’est l’inflation créée, la fiscalité qui va devoir augmenter, la dette faramineuse (50 000 euros par actif en France) qui va s’alourdir… pour financer des projets peut-être hasardeux.

Il est donc utile ici de rappeler quelques réflexes que tout citoyen se doit d’avoir avant de s’émerveiller devant les « actions » de tel ou tel homme politique. Ces réflexes, ils peuvent les trouver dans la pensée de l’économiste français du dix-neuvième siècle Frédéric Bastiat et notamment dans ses pamphlets intitulés Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas disponibles sur notre site.