Deux ouvrages pour sauver les retraites

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image alt text...Une revue par Emmanuel Martin - Le 11 juillet 2008. Dans beaucoup de pays les systèmes de retraite ont été nationalisés depuis fort longtemps et fondés sur la répartition : la génération en activité aujourd'hui finance les retraites actuelles de ceux et celles qui se sont retirés de la vie active après un certain âge. Mais les retraites d’une population dont l’espérance de vie augmente, pèsent de plus en plus sur les épaules de ceux – de moins en moins nombreux relativement - qui cotisent aujourd’hui. Car avec le vieillissement des populations, les déséquilibres démographiques génèrent des déséquilibres financiers. Les cotisations doivent donc être augmentées, ce qui a un impact sur le coût du travail déjà élevé et génère donc indirectement du chômage.

Au-delà des déséquilibres macroéconomiques générés et de l’inefficacité de ces systèmes, il y a aussi un problème moral : les générations actuelles doivent cotiser plus, et plus longtemps que les générations précédentes. Et cela, alors que le système ne peut qu'imploser. Par ailleurs, ces systèmes pénalisent généralement les plus pauvres, et ils empêchent la liberté de chacun de préparer sa retraite comme il ou elle l’entend (années d’activité, sommes mises de côté), et de transmettre totalement ses économies à qui bon lui semble en cas de décès.

Dans les pays pauvres, où l’espérance de vie est plus faible, tout comme dans les pays occidentaux avant, en gros, le 20ème siècle, ces systèmes obligatoires sont souvent assortis d’un âge minimum de départ à la retraite qui est très proche de l’espérance de vie (ou même supérieur, pour certaines catégories professionnelles !). Ce qui constitue aussi une injustice puisque les travailleurs cotiseront toute leur vie pour ne profiter que très peu ou pas du tout de la période de retraite.

Face à ces enjeux économiques, sociaux mais aussi moraux, deux livres viennent de paraître pour avancer des solutions.

Le premier est l’œuvre de deux universitaires français, Jacques Garello et George Lane et constitue le premier tome d’une trilogie. Intitulé « Le futur de la répartition », et édité par La librairie de l’Université d’Aix-en-Provence, ce tome offre une analyse du futur (proche) d’un système obligatoire dont on rebouche les plâtres depuis les années 70 alors qu’il est visiblement condamné. Les deux autres tomes à venir traiteront du nouveau système par capitalisation, et de la gestion de la transition entre les deux systèmes. Cet ouvrage est disponible sur www.aix-provence.com au prix de 30 €.

image alt text...Le deuxième ouvrage est une traduction attendue de José Piñera. Il s’intitule « Le taureau par les cornes : comment résoudre la crise des retraites », édité par le Stockholm Network et les éditions Charles Coquelin au prix de 17 €. José Piñera, qui est aussi analyste pour le Cato institute, est célèbre pour avoir permis au Chili, en tant que Ministre du travail, d’instaurer un syndicalisme démocratique (1979) et un système libre de retraites (1980). Il consacre désormais son temps à faire connaître la stratégie des comptes épargne-retraite qui constituent l’épine dorsale de ce système libre, et ce à travers son think tank, l’International Center for Pension Reform (www.pensionreform.org).