L'erreur économique de l'administration Bush

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William Niskanen, le 29 janvier 2008 -Le Président américain George W. Bush et Nancy Pelosi, Présidente de la Chambre des Représentants sont, malheureusement, tombés d’accord sur un paquet de relance économique complètement rétrograde. Le plan comprend entre autres une ristourne fiscale ou un crédit d’impôt pouvant se monter jusqu’à 1.200 dollars pour chaque famille disposant d’un revenu annuel de moins de 150.000 dollars, ainsi qu’une réduction temporaire de l’impôt sur l’investissement d’affaires. Tout cela est contraire au bon sens économique.La logique supposée de cette extension des ristournes fiscales et crédits d’impôt aux familles des classes moyennes est d’accroître leur demande pour les biens et services, mais ils seront financés par une augmentation équivalente du déficit fédéral. Pire, Alan Auerbach de l’Université de Californie à Berkeley a pu même conclure qu’ils n’auront aucun impact.

Comme dans presque tous les exemples de politiques de stimulus fiscal temporaire, les effets sur le comportement des bénéficiaires ne se feront sentir qu’après que l’économie aura entamé une reprise. L’Internal Revenue Service, l’administration fiscale américaine, a récemment annoncé que le volume des déclarations de revenus 2007 ne lui permettait d’envoyer les chèques qu’au mois de juin au plus tôt, date à laquelle l’économie se sera sans doute remise elle-même sur la bonne voie.

La réduction temporaire des impôts sur l’investissement d’affaires accroîtra probablement l’investissement d’un faible montant, mais essentiellement en avançant la date d’exécution d’investissements qui se seraient concrétisés de toute manière plus tard.

La politique fiscale ne devrait pas être utilisée au motif vain de stabiliser l’économie. La politique monétaire de la Federal Reserve est bien plus efficace en la matière, et l’abaissement important des taux récemment illustre bien le fait qu’elle peut réagir beaucoup plus rapidement et bien plus énergiquement que n’importe quelle modification de la politique fiscale.

Généralement, la politique du gouvernement devrait être jugée à l’aune de ses effets sur les incitations à travailler, à épargner, à investir et à accroître la productivité et la production. Le paquet fiscal n’accomplira presque rien de tout cela.

Les hommes politiques, en particulier en année électorale, se sentent obligés d’être perçus comme faisant « quelque chose » en réponse aux préoccupations de leurs électeurs. Le bref moment d’accord bipartisan entre M. Bush et Mme. Pelosi sonnait peut-être juste sur les écrans de télévision, mais cela n’en demeure pas moins une erreur économique.

William Niskanen est président du Cato Institute à Washington DC. Il a été président du Conseil économique de l'administration Reagan.

Publié en anglais par USA Today le 25 janvier 2008. Traduction française effectuée et syndiquée par www.UnMondeLibre.org.