sécurité alimentaire

Cameroun : crise alimentaire ou crise de gouvernance ?

Selon le Programme Alimentaire Mondial (PAM) dans son rapport de mai 2018, 36,7% de la population globale des régions septentrionales du Cameroun est confrontée à l’insécurité alimentaire. La seule région de l’Extrême-Nord représente 75% des enfants en retard de croissance. Selon le discours officiel, la région est frappée depuis 2014 par la crise terroriste de Boko Haram qui contraint les populations à abandonner les zones rurales où se font l’essentiel des cultures. Aussi, la même région n’aurait connu respectivement entre 2015 et 2017 que 43, 42 et 39 jours de pluie, exposant les cultures à la sécheresse et aux ravageurs. Une superficie totale de 9623 hectares aurait été infestée par les ravageurs en 2017. Les dirigeants peuvent-ils se cacher derrière ces «alibis» ?

Autosuffisance alimentaire en Afrique : 2 erreurs à éviter

70% des Africains travaillent dans l’agriculture mais près du quart de la population du continent demeure sous-alimentée. Et chaque fois que ce constat est fait, les appels à l’autosuffisance refont surface. En effet, après avoir été abandonné, suite à l’échec du plan de Lagos dans les années 80, le concept de l’autosuffisance, impliquant la satisfaction des besoins alimentaires des populations par la production locale, est remis au goût du jour. Si la réduction de la dépendance alimentaire des pays africains est légitime, deux erreurs sont à éviter.

Construire la résilience pour la sécurité alimentaire

Le concept de résilience n'est pas simple. Il s'agit de la capacité à rebondir après un certain nombre de chocs : les inondations, la sécheresse, les conflits, l'instabilité des prix des denrées alimentaires, l'effondrement des institutions locales, et des pertes d'emplois. Les agriculteurs des pays développés peuvent investir dans leurs entreprises, car en cas de catastrophe, ils ont une base d'actifs, une assurance, des services financiers et des filets de sécurité sociaux. Mais les petits agriculteurs des pays en développement ne le font pas souvent.