État de droit

Afrique : le contrat social à l’agonie

En Afrique, les pays constamment en proie aux troubles sociaux sont les plus pauvres. L’origine de ces troubles n’est pas que d’ordre économique d’autant que le continent est  potentiellement très riche économiquement. Une explication complémentaire à l’origine de ces troubles doit être cherchée ailleurs, notamment dans les rapports politiques entre le peuple et ses représentants, rapports marqués par la non concordance entre ces deux grandes « entités ».

Afrique du Sud : Zuma est-il au dessus des lois ?

Le 1er novembre 2011, en s’adressant à une séance commune de l'Assemblée nationale et du Conseil national des provinces, le président Zuma a exprimé son inquiétude au sujet des « tribunaux» qui semblent jouer un rôle « au-dessus » de celui des représentants élus par le peuple. Le Parlement et l'exécutif, a-t-il dit, ont été élus pour représenter la volonté du peuple ; les tribunaux, avec des juges non élus, ne représentent pas directement les populations. Les différends politiques, a-t-il proclamé, devraient donc être résolus politiquement.

Pas de décollage africain sans État de droit

Après avoir été qualifiée de continent perdu, l'Afrique a eu une bonne presse ces derniers temps. Certes, les revenus sont en hausse et donc le niveau de vie est en amélioration. Mais, le continent peut-il avancer sur la voie de la prospérité? D’évidence, cela dépendra en grande partie de l'évolution des institutions africaines. La croissance à long terme nécessite le bon fonctionnement de l’état de droit qui assure, de manière rapide et fiable, la sécurité des personnes et de leurs biens. Malheureusement, l'Afrique a encore un problème avec l’État de droit.

Politique et justice

Les enquêtes relatives à certaines victimes individuelles ou collectives de violences à caractère politique n’aboutissent presque jamais à la manifestation de la vérité, encore moins à des poursuites pénales. En Côte d’Ivoire, par exemple, l’affaire Kragbe Gnabge, l’assassinat de l’étudiant Thierry Zebie, le viol des étudiantes de la cité universitaire d’Abobo, le coup d’Etat de 1999, le charnier de Yopougon, la guerre de 2002, les assassinats de nombreux citoyens, peu avant, pendant et après cette période, la tuerie des femmes d’Abobo, la bousculade mortelle du stade Houphouët-Boigny, l’accident du bus de la Sotra en 2011, la tuerie des réfugiés du camp de Nahibly, etc. ne sont que quelques exemples de l’incapacité d’une nation à faire la lumière sur certaines grandes tragédies. Ces exemples qui illustrent notre propos existent partout en Afrique. Que dire alors de la justice ordinaire concernant le citoyen lambda ?

Maroc : l’affaire Galvan, symptôme de réformes inachevées

Au-delà de l’indignation qu’a suscité la grâce royale touchant le pédophile de nationalité espagnole et d’origine irakienne, Daniel Galvan, violeur de 11 mineurs marocains ; et en dépit de la publication tardive d’un communiqué royal et l’annulation de la décision de grâce, cette affaire soulève plusieurs doutes sur le bon fonctionnement de la monarchie marocaine, qui ne cadrent pas avec la récente réforme constitutionnelle.