Louis-Marie KAKDEU

Cameroun : aux origines de l’hécatombe des entreprises publiques

Les déficits s'accumulent dans les entreprises publiques camerounaises

Le Président de la République du Cameroun a signé le 19 juin 2019 les décrets 2019/320 et 2019/321 portant les modalités d’application de certaines dispositions des lois N°2017/010 et 2017/011 du 12 juillet 2017 sur la gestion des entreprises publiques. Ces textes interviennent au moment où l’essentiel des entreprises publiques sont en difficulté.

Le monopole sur le ramassage des ordures fait du Cameroun une poubelle !

Poubelles à ciel ouvert au Cameroun

La poubelle fait partie du décor des villes du Cameroun. Les deux grandes métropoles (Yaoundé et Douala) produisent 648 000 tonnes d’ordures ménagères par an et la capacité de ramassage de la société Hygiène et salubrité du Cameroun (Hysacam), qui détenait le monopole depuis les années 1980, n’est que de 60% de ce volume. En 2017, l’Etat a annoncé l’ouverture du secteur à la concurrence, mais l’HYSCAM reste la seule entreprise active dans la mesure où d’autres prestataires se disent encore dans la phase de mise en condition.

Cameroun : pourquoi la survie des entreprises est-elle menacée ?

les entreprises camerounaises sont menacées par les mauvaises politiques

En 2019, le Cameroun a encore régressé de trois places dans le classement de Doing Business pour occuper la 166ème place sur 190 économies dans le monde. Même si le pays a réalisé sa plus grande progression dans la facilité de création d’entreprises, il est important de noter que la survie des entreprises créées reste problématique. Selon Entreprises du Cameroun (Ecam), un regroupement patronal camerounais tourné vers le développement des PME, interrogé en 2015 par Investir au Cameroun, 80% des entreprises créées disparaissent au bout de 2 ans. Au-delà des choix managériaux souvent discutables des promoteurs, la question est de savoir si l’environnement institutionnel pousse les entreprises à la faillite ?

Cameroun : Les dérives d’un État sécuritaire !

Derives d'un Etat sécuritaire- Cameroun-violence-armes

Sur sa page Facebook intitulée «Honneur et Fidélité», l’armée camerounaise expose régulièrement sans conséquence les corps sans vie des citoyens «neutralisés [tués]» pour radicalisation. A ce jour, près d’un millier de citoyens ont déjà perdu la vie dans la guerre de l’État contre ses propres citoyens. Certes, l’État camerounais est acculé par la pression des séparatistes et de la secte islamiste, mais ce n’est pas une raison pour bafouer tous les droits fondamentaux et commettre des horreurs. Comment l’État (néo)patrimonial, déjà tant décrié, a glissé vers un État sécuritaire ?

Cameroun : pas de croissance en 2019?

La loi des finances 2019 prévoit l’augmentation des charges fiscales de près de 187 milliards de FCFA. Il s’agit de l'élargissement du champ d'application du droit d'assise aux boissons gazeuses importées, aux produits cosmétiques, aux articles de la friperie, aux pneumatiques et aux véhicules d'occasion, et de l'institution d'une nouvelle modalité alternative de collecte des droits et taxes de douanes sur les téléphones et les logiciels importés.