Dalibor Rohac

Comment l'aide extérieure a aggravé le désastre égyptien

Les sénateurs américains John McCain et Lindsey Graham pourraient désormais être personae non grata en Égypte, mais leur appel à cesser l’aide américaine en faveur l’Égypte est pleinement justifié. L’histoire de l’Égypte exhibe toutes les pathologies couramment décrites par les critiques de l’aide extérieure : gaspillagesconséquences inattendues et émergence d’une culture de la dépendance et de l’inertie des politiques publiques.

Le printemps arabe a besoin de réformes économiques

Pour la grande majorité des Égyptiens, la révolution qui a renversé Hosni Moubarak a été alimentée tant par la pauvreté et le manque d’opportunités économiques que la colère après un gouvernement autoritaire ne rendant pas de comptes. Malheureusement, le gouvernement élu avec le président Mohamed Morsi à sa tête a omis de s’attaquer à la question des dépenses inutiles, de trop de réglementations et d’un État omniprésent accaparant à sa guise les possessions.

Le modèle marocain ?

Dans les pays du printemps arabe les économies sont aux prises avec les mêmes problèmes : la question politiquement explosive des énormes programmes de subventions, la bureaucratie, la corruption et l’incertitude juridique dans le développement du secteur privé et des investissements étrangers – et assez peu de consensus sur la voie à suivre.

Égypte : Morsi face à la rue

Alors que dimanche Mohamed Morsi célébrait son premier anniversaire en tant que président, le mouvement Tamarrud (« Rebellion ») qui aurait recueilli plus de 15 millions de signatures, demandait la démission de Morsi avant mardi et une élection présidentielle anticipée.

Le monde arabe a besoin de réformateurs crédibles

L’Égypte est confrontée à sa plus grave crise politique depuis février 2011. Ce dimanche, la Cour constitutionnelle suprême a statué que l’élection au Conseil de la Choura, la chambre haute du pays, et la nomination d’une commission chargée de rédiger la nouvelle constitution étaient inconstitutionnelles. Bien que personne ne puisse prédire les répercussions exactes de ces décisions, elles constituent un rappel de la menace que représente une politique dysfonctionnelle pour l’avenir du monde arabe.