Résultats du concours Bastiat !

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Frédéric BastiatLe 30 juin 2010. La 30 juin 1801 naissait Frédéric Bastiat. Nous sommes heureux en ce jour "anniversaire" d'annoncer le résulat du "Concours Bastiat" lancé pour célébrer l'économiste français du 19° siècle (1801-1850), grâce à la fondation Atlas, sur le thème : La pensée de Frédéric Bastiat peut-elle nous guider dans la crise que traverse le monde aujourd'hui ? La sélection a été assez difficile à opérer. Les bons essais se faisient concurrence. Voici les résultats :

1er prix : Katia Bidarra
2ème prix : Barthelemy Bonadio
3ème prix : Karim Halloul
4ème prix : Emmanuel Joubaud
5ème prix : Pierre-Olivier Bastien-Dionne

Les lauréats seront contactés sous peu.

Les candidats, âgés de moins de 30 ans, devaient écrire un essai de 2000 mots (+/ 10%) en français pour répondre à cette interrogation. La date limite d'envoi des essais (par email : contact@unmondelibre.org) était le 31 mai 2010. Les prix sont de 300 euros (1er prix), 250 euros (deuxième prix), 200 euros (troisième prix), 150 euros (quatrième prix), 100 euros (cinquième prix).

Le site www.UnMondeLibre.org met à disposition des textes importants de cet économiste français classique. Ces textes au format pdf sont paginés à l’original, de telle sorte qu’il est possible de citer le texte avec la pagination exacte, ce qui n’est pas le cas des versions HTML disponibles sur le net. L’œuvre de Bastiat est importante, elle est riche, profonde et – fait rare chez les économistes – elle est exceptionnellement agréable à lire.

Bastiat a souvent été relégué au rang d’économiste de deuxième catégorie car son œuvre est constituée de nombreux pamphlets. Pourtant il n’en n’est rien. Sa pensée est d’une profondeur rarement égalée. Son esprit pamphlétaire lui a permis bien au contraire de mettre le doigt sur des vérités que d’autres n’envisageaient pas. Il a d’ailleurs pu percevoir des problèmes qui surgiront un siècle après sa mort (déficit de la sécurité sociale nationalisée, incivisme, désocialisation de la société par ce qu’on pourrait appeler la « socialisation forcée »)... A plus d’un titre la lecture de Bastiat est formatrice pour qui cherche à développer un esprit critique économique (qui ne se réduit pas à l’économisme) et juridique.

D’abord, il systématise la prise en compte des effets pervers résultant de mesures politiques de protection. Il contribue ainsi à la vision en termes d’analyse coûts-bénéfices totale. Bien souvent les hommes politiques ou les défenseurs de protections ont une tendance naturelle à faire usage d’une rhétorique consistant à ne montrer qu’une partie de la réalité pour arguer de leur position : protéger telle industrie locale par exemple n’apportera que des bienfaits ! Mais Bastiat nous avertit : et quid de l’autre partie de la réalité, « ce qu’on ne voit pas » ? Et les coûts supportés par tout les consommateurs, avec des prix plus élevés qui signifient moins de pouvoir d’achat , une qualité moindre du fait du manque de concurrence ? Et les effets de la protection sur les producteurs extérieurs qui sont aussi des clients de nos autres industries locales ? Bref, pour être un bon économiste, il ne faut pas simplement voir « ce que l’on voit » mais être capable aussi de voir « ce qu’on ne voit pas », d’anticiper les effets pervers, les « conséquences inattendues » de telle ou telle mesure. Il faut absolument lire et relire « La vitre cassée » dans cette série « Ce qu’on voit… » qui est un tout petit essai lumineux.

Contre la démagogie du protectionnisme défendu par les producteurs, Bastiat se place donc résolument du côté des consommateurs. Il se place aussi du côté du contribuable. Il anticipe avec un siècle d’avance les analyses du fonctionnement de la démocratie redistributive qui émergeront à la fin des années 50 (A. Downs, puis J. Buchanan & G. Tullock) et à cet égard son pamphlet sur l’Etat est un monument de perspicacité. Il excelle aussi dans « La loi » où il prend une posture radicalement différente de ce que nous connaissons de nos jours par exemple : la loi pour les gens d’aujourd’hui, c’est ce que « produit » le législateur. Bastiat revient à une tradition beaucoup moins « positiviste » et tente de reposer les fondations du droit : le droit est découvert et non pas décrété par les hommes. Exactement comme on ne peut « décréter » les lois de la physique de manière fantaisiste lorsque l’on bâtit une maison sans prendre le risque qu’elle ne nous tombe sur la tête, on ne peut « décréter » des lois qui vont à l’encontre de la coopération sociale sans générer le désordre.

On l’aura compris, Bastiat n’est pas qu’un simple pamphlétaire. Comme Voltaire, un autre pamphlétaire de génie, il fait montre d’une pensée claire, cohérente et sa critique est incisive. Son œuvre participe pleinement à l’élaboration d’une vision sociale profondément humaniste, qui cherche justement à démasquer les faux humanismes. Nous espérons que nos lecteurs en tireront le plus grand profit.

Vous pouvez consulter :

Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas, une série d'essais où l'auteur s'attache à analyser "ce qu'on ne voit pas" dans les protections diverses. (version HTML ici)

Pétition des fabricants de chandelle, un pamphlet sur la logique profonde du protectionnisme (version HTML ici)

La Loi, un essai lumineux sur la nature du droit et de la justice (version HTML ici)

Propriété et loi, un autre très bel essai sur le droit.

L'Etat, un essai qui anticipe d'un siècle les analyses de l'école du public choice (version HTML ici)

Sophismes Economiques, une série de pamphlets remettant en cause de nombreuses idées reçues et autres demi-vérités populaires (ou populistes!).

L'Angleterre et le libre échange, une analyse de la mise en place des politiques de libre échange qui pourrait inspirer beaucoup de décideurs aujourd'hui.

(Ces textes ont été originellement digitalisés et mis à disposition soit par François René rideau, soit par le Liberty Fund, que nous remercions ici. Ils ont été mis en forme par Youcef Maouchi, Rhadija El Issaoui et Mathieu Bédard.)