La crise grecque illustre l’échec de 150 ans de socialisme en Europe

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La crise grecque illustre l’échec de 150 ans de socialisme en Europe

La Grèce ne peut pas payer ses dettes ... jamais. Plusieurs autres membres de l'Union européenne non plus. Voilà pourquoi l'élite de l'Europe est réticente à placer la Grèce en situation de défaut de paiement. Si la Grèce est autorisée à ne pas payer ses dettes, pourquoi l'un des autres membres débiteurs de l'UE devrait payer dans le futur? Les conséquences de cette situation sont difficiles à prévoir, mais ce qui est sûr c’est qu’elles ne seront pas positives. L'Europe a construit un château de cartes financier, et la moindre perte de confiance peut l’amener à s’effondrer.

Au cœur de la tragédie de l'Europe se trouve le socialisme. En effet, l’Europe a flirté avec le socialisme depuis la fin du XIXe siècle. Au XIXe siècle le socialisme bismarckien a produit deux guerres mondiales. Le socialisme léniniste a abattu des centaines de millions jusqu'à ce qu'il se soit effondré, heureusement sans une troisième guerre mondiale. Pourtant, et loin d’être dissuadés par les drames de la Seconde Guerre mondiale, les socialistes en Europe se sont embarqués dans un nouveau rêve. Peut-être ont-ils pensé que si le socialisme échouait dans un pays, il réussirait peut-être lorsque l’ensemble de l'Europe aurait rejoint une organisation socialiste supranationale. Ils n’ont pas qualifié de projet de « socialisme », il n’en demeure pas moins que ça en est.

L’histoire nous démontre que le socialisme ne fonctionne pas. Que ce soit dans un pays, ou dans une structure multi-étatique comme l'Europe ou encore le monde. Ludwig von Mises a expliqué que le socialisme n’est pas un système économique alternatif, c’est un programme destiné à la consommation qui n’aborde pas la production économique. A partir du moment la production de chaque individu doit être distribuée à toute l'humanité, l’incitation économique est faible et l’individu hésite à produire quoi que ce soit, même s’il y a la coercition et les menaces de violence. Inversement, le capitalisme de marché libre, et non pas le capitalisme du copinage (capitalisme de l’État), est un système économique de la production, qui fait en sorte que chaque homme s’approprie le produit de ses propres travaux et, par conséquent, a de grandes incitations économiques pour produire à la fois pour lui-même, sa famille, et un surplus destiné à être échangé en complémentarité du surplus produit par les autres sur le marché. Même sous des menaces de mort, ni le travailleur socialiste ni son surveillant ne sauraient quoi produire, comment produire, ou en quelles quantités et en quelle qualité. Ces informations économiques sont le produit du capitalisme de marché et des prix libres.

Dans un système capitalisme, l'homme se spécialise dans la production des biens marchands en échange des produits des autres. Ceci est l’application parfaite de la loi de Say, à savoir que la production précède la consommation et que la production elle-même crée la demande. Par exemple, un agriculteur peut cultiver du maïs pour les besoins de consommation de sa famille ou pour nourrir son propre bétail, mais il vend la plupart de sa récolte sur le marché et achète ensuite ce qu’il souhaite. Sa récolte de maïs représente sa demande et l'argent facilite les échanges.

L’économiste britannique Keynes a tenté de nier la loi de Say, affirmant que la demande elle-même, peut être créée artificiellement via la création de monnaie par la banque centrale, ce qui stimulerait la production. Il a tenté, sans logique et sans succès, de placer la consommation en amont de la production. À ce jour, Keynes est très populaire auprès des politiciens dépensiers, à qui il a accordé un alibi pour dépenser de l'argent qu'ils ne possèdent pas.

Nous voyons aujourd’hui dans le cas grec le résultat de 150 années de socialisme européen. Les pays producteurs commencent à réaliser qu'ils ont été volés par la garantie socialiste de l'UE selon laquelle aucune nation ne pourra fuir ses obligations. La Grèce a simplement accepté cette garantie et s’est conduite elle-même vers la faillite nationale. Les autres pays de l'UE ne sont pas à l’abri. Il est temps de donner au capitalisme de libre marché et à la monnaie saine une chance car c’est le système qui a donné les meilleurs résultats lorsqu’il a été appliqué.

Patrick Barron, consultant financier. Article initialement publié en anglais par la freemarket fondation. Traduction réalisée par Libre Afrique. Le 8 juillet 2015