Après l'Etat-Providence

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Après l'Etat-Providence

L’infatigable Tom Palmer, vice-président d’Atlas Foundation, ne cesse de parcourir le monde afin de diffuser les idées libérales aux moyens de conférences et de livres. Ainsi vient-il de publier After the Welfare State, un ouvrage collectif de démolition – avant travaux – des structures de l’État-providence.
Par Bogdan Calinescu.
Un article de l’aleps.

« Les politiciens ont volé votre futur. Vous pouvez le récupérer », nous dit le sous-titre de cet essai auquel ont participé David Beito, Piercamillo Falasca, David Green, Aristide Hatzis, Johan Norberg et Michael Tanner. Les jeunes d’aujourd’hui (et pas seulement) ont été dépossédés de leur droits de liberté et de dignité. Le coupable ? L’État-providence qui prétend s’occuper de tout et qui, en réalité, détruit tout. Longtemps, il a été considéré comme le protecteur et le bienfaiteur de toute une génération. Comme le sauveur de l’économie et le garant des « égalités ». On découvre, malgré les mises en garde répétées des libéraux, que l’État qu’on appelle injustement « providence » a abouti à des catastrophes économiques et à des dérives terribles.

Tom Palmer met d’abord les choses au point. Contrairement à ce qu’on nous a dit (surtout en France), la crise de 2008 n’a pas été une crise du libéralisme ou de la dérégulation financière mais bel et bien une crise de l’État-providence. Ce sont les politiques et l’administration qui ont promis et lancé des programmes de crédit facile afin de rendre tout le monde propriétaire (aux États-Unis, il s’agissait de permettre à 70% de la population d’accéder à la propriété). La connivence entre l’État, les organismes de crédit et les banques ont fait le reste de la crise…

L’interventionnisme politique est la condition sine qua non de l’existence de l’État-providence et toute décision politique est justifiée par la défense de la « solidarité et de l’égalité ». Accorder des subventions est l’un des moteurs de l’État-providence. Comme toute forme d’assistanat, on enferme les gens dans la logique des aides publiques : si ce n’est pas moi qui les prends, un autre le fera. Le système de santé à la française est l’exemple type de l’assistanat forcé. L’État a le monopole de la santé et ne laisse aucune place à d’autres assurances privées. Le système des retraites par répartition est aussi un excellent exemple car il oblige les actifs à verser de l’argent dans un tonneau troué. Tant qu’ils seront beaucoup plus nombreux que les retraités, ça pourrait marcher sinon ils seront obligés de payer de plus en plus faute de vraie réforme.

Une autre excellente illustration de dérive de l’État-providence concerne les subventions agricoles. Dans de nombreux pays, on a transformé les agriculteurs en fonctionnaires. Dès que les prix baissent, les subventions augmentent, et si les prix augmentent, les subventions restent les mêmes… Toutes ces aides coûtent une fortune aux contribuables. Les gouvernements sont obligés de dépenser beaucoup plus que ce qu’ils reçoivent en produit de l’impôt. Tom Palmer estime à 80 trillions cette différence aux États-Unis et à 53 trillions en Europe. C’est une dette à la charge des contribuables…

Les exemples italien et grec (dommage que la France n’y figure pas) donnés par ailleurs sont très instructifs. En Italie, l’État-providence a confisqué le bel essor de l’économie italienne dans les années 1960. Les politiques ont voulu faire du social en augmentant les aides et en transformant le sud de l’Italie en région d’assistés. C’est aussi l’époque du Brodolini Act (1969) qui instaure la retraite par répartition. Quant à la Grèce, c’est devenu l’exemple type de la faillite d’un État tout à la fois obèse et impotent. La crise l’a révélé. Pourtant, le pays aurait bien pu réussir car la croissance moyenne a été de 5,2% entre 1930 et 1980 contre 4,9% au Japon sur la même période. Mais les subventions européennes et les politiques en ont décidé autrement. Ils en ont fait un pays de fonctionnaires (plus de la moitié de la population) et de tricheurs (sur 17 000 propriétaires de piscines à Athènes, seulement 300 les ont déclarées…). À vouloir aider, on enfonce le pays dans la corruption et l’assistanat. C’est le vrai principe de l’État-providence.

– Tom Palmer ‘(Ed.), After the Welfare State, Jameson Books-Students for Liberty.

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