Rendre aux populations rurales leurs droits de propriété sur les ressources

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Rendre aux populations rurales leurs droits de propriété sur les ressources

La libération des pays africains du joug du colonialisme n’a pas aidé les populations rurales du continent à sortir de la pauvreté. C’est parce que les États centraux actuels dans la plupart des pays se sont en fait rendus eux-mêmes propriétaires des ressources naturelles, comme par exemple les ressources minérales, et ne consultent jamais les communautés habitant sur les zones ces ressources existent. Les dirigeants permettent à des investisseurs étrangers d’exploiter ces ressources naturelles à des prix dérisoires qui ne changent pas le sort de l’État ni des communautés affectées.

Les gouvernements africains ne construisent pas des capacités au niveau local, pourtant pertinentes pour mener à bien la prospection et l’exploitation, et ce, afin de stimuler l’autonomie et s’abstenir de cette dépendance chronique à l’aide étrangère. Permettre aux populations locales de posséder les ressources naturelles et d’en gérer l’exploitation, comme celle d’autres potentiels économiques, au sein de leur habitat naturel, voilà la clé pour libérer la croissance économique. La dépendance à l’aide étrangère comme principale source de recettes pour les États des pays africains est contre-productive et insoutenable.

Comme la majorité des populations dans les pays africains sont les communautés rurales les plus pauvres, les mesures visant à surmonter les niveaux extrêmes de pauvreté sur le continent devraient se concentrer sur ces communautés. Ces dernières « possèdent » la majorité des terres rurales qui sont aussi dotées en ressources naturelles comme entre autres, les ressources minérales, les terres arables et la faune sauvage.

Afin de s’assurer que l’exploitation des ressources naturelles dans les zones rurales contribue à une croissance économique optimale et durable, ainsi qu’à la réduction de la pauvreté dans les pays africains, les politiques publiques devraient se concentrer sur le fait de s’assurer que les pays africains récupèrent la majorité de la richesse produite et que la plus grande partie soit investie en capital de départ pour stimuler la croissance économique et permettre de réduire la pauvreté dans les zones rurales.

Les États centraux devraient octroyer aux collectivités rurales (par le biais de leurs gouvernements locaux ou d’autres autorités) leurs droits de développement et / ou d’exploitation des ressources naturelles au sein de leurs terres rurales. Ils doivent aussi leur permettre de négocier librement l’obtention d’une part méritée du profit, conformément à la valeur de marché du type de ressource naturelle en question et des quantités produites. Les États bénéficieraient alors de taxes générés par les communautés rurales et les investisseurs étrangers impliqués dans le développement et l’exploitation des ressources naturelles des terres rurales.

Les communautés rurales ne doivent pas dépendre de l’aide et de l’attention des sociétés étrangères qui exploitent les ressources naturelles sur les terres des premières. L’exploitation étrangère continue des ressources minérales en contrepartie de taxes ridicules et de dons aux communautés rurales touchées doit cesser.

Dr Antipas T. S. Massawe, Ingénieur des Mines, Dar es Salaam, le 23 août 2013.
Cet article a paru initialement sur AfricanExecutive.com.