Impliquer les jeunes dans le droit à la santé sexuelle et reproductive

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Impliquer les jeunes dans le droit à la santé sexuelle et reproductive

Une des façons intelligentes d'économiser temps et ressources en obtenant un résultat optimal est d'investir dans des activités, des initiatives et des programmes avec des effets d'entraînement multiples. C'est le cas lorsque l’on investit sur les jeunes, surtout quand il s'agit de questions qui les concernent directement. Il est important que les dirigeants du monde cessent de voir les jeunes comme une partie du problème, particulièrement lorsque la question de leur trouver un emploi est en jeu. Un grand potentiel à exploiter réside dans l’effet d’entrainement des jeunes entre eux.

La réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) liés aux droits à la santé sexuelle et reproductive, à la santé maternelle et néonatale et aux questions liées à la planification familiale, pourrait rester un vœu pieux si les gouvernements n’engagent pas les jeunes comme relais de communication entre eux.

Les engager permettrait d’atteindre de meilleurs résultats pour l'OMD 3 (qui est centré sur la promotion de l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes), et aussi les OMD 4, 5 et 6 qui portent respectivement sur la réduction de la mortalité infantile, l’amélioration de la santé maternelle et la lutte contre le VIH/sida, le paludisme et d'autres maladies. Notons que la participation des jeunes est de mieux en mieux. J'ai été impressionné en tant que jeune lorsque j'ai assisté à la conférence de planification familiale en 2013 à Addis-Abeba et je suis heureux de savoir que les organisateurs avaient prévu une réunion de trois jours pour favoriser les interactions et les discussions portant sur les droits à la santé reproductive et sexuelle, avec un focus sur les jeunes. Plus important encore, les délégués présents ont été chargés  de créer un plan d'action réalisable et soutenable.

C'est une idée qui a été bien accueillie et ces engagements doivent être renforcés car beaucoup reste à faire en termes de participation des jeunes. L’intérêt de ce phénomène réside dans le fait que lorsque les jeunes agissent comme agent de changement dans les questions qui les touchent directement, il est garanti que le sens d'un tel engagement se transmettra à d'autres jeunes. Un panel d'experts de l’OMS a prouvé que l'utilisation de la radio et les autres supports-médias est aussi un outil efficace pour une communication ciblée pour sensibiliser les jeunes en matière de santé sexuelle et reproductive. Ces outils conduisent à modifier les comportements à risque et encouragent l'abstinence ainsi que l'utilisation du préservatif. Un autre avantage de faire participer les jeunes est que lorsque les 14 - 25 ans sont bien engagés et dotés de la bonne information pour faire leurs choix sexuels, il est garanti que la présence d'une masse critique de cette population informée permet une transition saine vers l'âge adulte. L’âge du mariage est alors retardéils ont moins d'enfants, ce qui augmente les chances que leurs enfants soient en meilleure santé, mieux nourris et mieux éduqués.

Selon les statistiques de l'ONU il y a 1,2 milliard de jeunes (personnes âgées de 15 à 24), effectif qui devrait progresser au moins deux décennies. En même temps, notons que toutes les 24 heures, environ 6.000 jeunes sont infectés par le VIH. Malheureusement, la majorité sont des jeunes femmes provenant des pays en voie de développement, ce qui rend crucial l’implication des jeunes dans la formulation des politiques, de sorte qu'ils puissent créer des services que leurs pairs seront prêts à utiliser, surtout quand ils sont facilement disponibles et accessibles.

Toutes les forces doivent veiller à ce que les jeunes fassent les bons choix sexuels, en particulier les jeunes sont les plus touchées. Les jeunes femmes sont moins susceptibles d'utiliser des contraceptifs. Et quand elles tombent enceintes, leur éducation en souffre. Pour couronner le tout, une adolescente enceinte est plus exposée au risque de mortalité maternelle dans les complications qui accompagnent la grossesse et l’accouchement. Annuellement, les jeunes représentent plus de 100 millions de nouveaux cas d'infections sexuellement transmissibles. Partant de ce constat, il est impératif de fournir un accès à l'information au sujet de la santé reproductive et aux services qui sont accessibles et conviviaux pour les jeunes.

L’existence d'un milliard de ces jeunes vivant dans les pays en voie de développement incite à mettre en place des structures qui leur permettraient de gérer le problème. Ils devraient ainsi participer à la politique de lutte, passant d’observateurs à acteurs.

Ces jeunes doivent être entendus par les gouvernements qui doivent tenir compte de leurs contributions en les intégrant dans les politiques traitant des questions qui les concernent. Cette collaboration positive devrait s’imposer dans le monde entier, surtout quand on sait que, d'ici 2015, les moins de 25 ans avoisineront les trois milliards. Clairement, les jeunes ne sont pas seulement l'avenir, ils sont le présent!

Lanre Olagunju, analyste pour africanliberty.org - Article initialement publié en anglais par African Liberty - Traduction réalisée par Libre Afrique - Le 19 septembre 2014.