La santé des femmes contribue à la prospérité

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La santé des femmes contribue à la prospérité

Dans son discours lors de la célébration de la journée internationale des femmes en 2013, Barack Obama a déclaré que : « l'autonomisation des femmes n'est pas seulement la bonne chose, mais la chose la plus intelligente à faire” Lorsque les femmes réussissent, les nations sont plus sécurisées et plus prospères ".

Il est essentiel de noter que l'un des aspects les plus importants dans l'autonomisation des femmes et des enfants est l’amélioration de leur santé, car en dehors de la bonne santé, toute autre forme d'autonomisation ne peut produire de résultat appréciable. C’est donc un sujet incontournable. Le rapport sur le développement humain du PNUD (2009), affirme d’ailleurs que 19 des 20 pays situés en bas du classement de l’indice de développement selon le sexe se trouvent dans la région africaine les femmes supportent une part colossale du fardeau mondial de maladie et de décès.

Nous devons maintenir la santé des femmes et des enfants au premier plan de l’agenda post-2015. L'engagement pour leur bien-être est un engagement sans fin. Nous ne pourrons jamais y mettre fin sauf à être totalement insensible face à la situation.

Avec tous les progrès et les innovations technologiques que notre monde a réalisés, il devient de plus en plus inimaginable que des femmes et des enfants meurent encore inutilement pour de mauvaises raisons. Selon le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), 6,6 millions d'enfants encore meurent chaque année. De plus en plus, nous les regardons comme de simples statistiques. Nous ne devons pas nous laisser gagner par l’indifférence d’autant que les femmes et les enfants sont des solutions incontournables dans le développement. Les femmes dans de nombreuses sociétés sont les soignantes. La santé et le bien-être de l'enfant dépendent de la santé de la mère. Mon cœur saigne chaque fois que je vois un enfant qui survit au décès de sa mère en pensant aux souffrances et aux défis qu’il devra affronter s’il survit jusqu’à sa maturité.

Notons que la santé des femmes est d'abord une composante essentielle des droits de l'homme. Ces droits doivent également être promus pour des raisons socio-économiques car ils ont un impact direct sur le progrès et la prospérité de toute la société.

Dans la mesure la santé améliore la productivité au travail, il est important de noter que ce n'est que lorsque la femme est en bonne santé qu'elle peut apporter une contribution économique favorisant le bien-être de ses enfants. Les femmes qui génèrent des revenus dépensent beaucoup plus de leurs gains au profit de leur famille. Les enfants sont mieux scolarisés quand leurs mères sont vivantes et en bonne santé. Une étude réalisée en Tanzanie montre que l’assiduité d'un enfant à l'école chute suite au décès de la mère. Cela permet de comprendre l’énorme perte économique si l’on réduisait les femmes à des statistiques ou à de simples objets de procréation. Investir dans la santé des femmes ne permet pas seulement d'améliorer la vie de leurs enfants, il affecte également les résultats économiques.

Un des secteurs les femmes contribuent autant que les hommes, voire plus, est l'agriculture. Prenons l'Ouganda par exemple, les femmes produisent entre 60 à 80% de la nourriture. Sachant que l'agriculture est une source importante de revenus pour le pays, et notant que les femmes jouent un rôle majeur dans ce secteur, il serait sage d’investir dans la santé des femmes à travers un système de soins structuré qui accorderait une attention particulière aux questions de santé maternelle et post-natale.

Nous avons tous besoin de faire plus pression pour obtenir des décideurs qu’ils s’engagent à sortir les femmes de l'analphabétisme, de la pauvreté, des maladies, particulièrement parce que ces choses ont empêché les femmes de maximiser une valeur de un potentiel qui ont des répercussions sur l’ensemble de la société.

Lanre Olagunju analyste pour africanliberty.org - Article initialement publié en anglais par africanliberty.org - Traduction réalisée par Libre Afrique - Le 18 juillet 2014