En bref...

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Participez au concours d’essais que vous propose le projet UnMondeLibre.org, sur le thème « L’État et la crise : retour à la route de la servitude ? », avec des prix de 500, 400, 350, 300 et 250 euros pour les cinq meilleurs essais sélectionnés par un panel d’évaluateurs.

Dans son ouvrage célèbre « Crise and Leviathan » (Crise et Léviathan) l’historien Robert Higgs analyse ce phénomène de croissance de l’État et de réduction des libertés à l’occasion des grandes crises et des grandes guerres : la crise ou la guerre passée, le pouvoir revient très rarement à sa taille initiale. En 1944 l'économiste et philosophe du droit Friedrich Hayek avertissait que l’économie planifiée de guerre passée, les démocraties occidentales devaient revenir sur le chemin de la liberté : il avait malheureusement été peu écouté à l’époque.

Le thème de ce concours est d’une brulante actualité : vingt ans après la chute du mur de Berlin, la crise mondiale n’a-t-elle pas été un prétexte pour un retour en arrière, une croissance de l’État et une dérive de la gestion publique ? N’est-elle pas le début d’une ère d’encadrement strict des libertés ? Des nouvelles justifications ne sont-elles pas trouvées pour réduire la liberté, notamment économique ?

Les participants au concours, jeunes de moins de 30 ans et étudiants, devront rédiger un essai en français sur le thème proposé, en 1400 mots (+/- 10%). Après demandes de retardataires au beau milieu d'examens, les essais seront reçus par email (contact@unmondelibre.org) jusqu’au 5  janvier 2010 et les résultats annoncés mi-janvier.

Copenhague : Pourquoi nous insistons. Le 7 décembre 2009 - Nous avons reçu des commentaires de lecteurs et de partenaires qui n’appréciaient pas notre ligne éditoriale de la semaine dernière quelque peu « anti-Copenhague ». Des clarifications s’imposent donc.

Nous ne sommes absolument pas un instrument de propagande des intérêts de l’industrie « fossile » (d'ailleurs un pétrolier comme Total par exemple investit désormais dans le nucléaire), mais sommes bien conscients que certains groupes le sont. Cependant, s’il y a des intérêts d’un côté, il faut alors pousser le raisonnement à son terme et aller chercher les intérêts de l’autre côté : les défenseurs du réchauffement ont un gros intérêt à Copenhague, des géants de la finance « climatique » (Al Gore et Generation Invetsment Management, Goldman Sachs, la bouse climatique de Chicago – où on retrouve le patron du GIEC !) au nucléaire français, qui verrait son concurrent direct purement et simplement éliminé par décret mondial, sans parler des tenants d’une gouvernance mondiale, qui aurait tous les traits d’un gouvernement technocratique mondial si on en croit le document de travail de Copenhague (Annexe 12, p.23). Et la bureaucratie internationale se met en branle pour récupérer une part du gateau en proposant des services de contrôle et d'évaluation.

Le fait est que la science derrière Copenhague n’est pas « établie » : il y a un débat, dans cette toute jeune science, complexe et incertaine qu’est la climatologie, sur les causes du réchauffement de la fin du XX° siècle, avec des théories fort respectables. Ce débat, particulièrement en France, est étouffé par le GIEC via M. Jouzel, mais surtout par les hommes politiques. Le débat télévisé entre Emmanuel Martin et le député Bernard Deflesselles, rapporteur de l’Assemblée nationale à Copenhague n'a pas véritablement été un débat serein, puisque écourté et émaillé de distractions empêchant un débat de fond. M. Courtillot sur France 3 le 3 décembre s’est fait traiter de « négationniste » par la représentante du WWF et attaqué par M. Borloo.

Non seulement la science n’est pas établie, mais le climategate a révélé que des chercheurs de premier plan avaient fraudé, dont Michael Mann auteur de l’effrayante courbe en forme de crosse de hockey et Phil Jones directeur de l’Unité de Recherche Climatique de l’université D’East Anglia qui travaille sur les bases de données climatiques dont se servent les scientifiques de la planète. Ca n’est pas rien…
Ensuite, lorsqu’une théorie établit un lien de causalité entre augmentation de CO2 et augmentation des températures (CO2=> T°) et que les températures sont chaudes mais stables sur une décennie alors que le CO2 a augmenté, cela signifie que la théorie a été scientifiquement réfutée par les observations de la réalité, ce qui n'est pas anodin : la théorie du GIEC n’est pas vérifiée. Ensuite, le pôle sud était à un maximum d'englacement océanique en ... 2007 depuis 1979. Personne n’en parle. La même année était le minimum d'englacement au pôle nord, mais qui est depuis reparti à la hausse. Les médias ne parlent pas de ce ré-englacement mais se contentent de dire que les 3 dernières années sont les années avec le moins d’englacement (ce qui est vrai), que la banquise est en train de fondre (ce qui est faux puisque que la tendance est au contraire au ré-englacement).

Cela fait beaucoup de preuves qui tendraient à faire penser qu’il y a une sorte de manipulation, et que le réchauffement climatique est une espèce d’épouvantail bien pratique pour les écologistes et les lobbies cités plus haut. Et nous voilà bien évidemment alors classés dans la théorie du complot.  En réalité il n'y a pas de "complot" mais convergences d'intérêts hétéroclites vers Copenhague. Notre intégrité intellectuelle nous force donc à parler de cela, mais surtout d'expliquer que les conséquences négatives de Copenhague sont certaines : décroissance rapide, sous-développement accéléré des PVD (soit de milliards de personnes donc) du fait du protectionnisme carbone qui va être mis en place et de l’industrie de la compensation, trouvée comme « solution », qui ne va en réalité faire qu’accroître les coûts, l’inefficacité et surtout la corruption, en particulier en Afrique (qui en avait besoin ?…). L’échec patent de l’industrie de l’aide depuis trois générations en est le « paradigme ». Et on va le dupliquer…

Voilà pourquoi nous défendons l’idée que Copenhague n’est pas une si bonne idée que ça. Pour la liberté, pour le développement, et surtout pour l’environnement lui-même : en se concentrant sur des problèmes incertains dans 100 ans, on ne traite pas les problèmes écologiques certains et d’aujourd’hui, ce qui est une inversion totale des priorités.

Copenhague et ses cachoteries : Alors que nous sommes à une semaine du sommet de Copenhague pour un accord mondial, le débat s'installe. Emmanuel Martin sera l'invité de France 3 Marseille dans l'émission La voix est libre pour questionner le député Deflesselles, rapporteur de l'Assemblée Nationale à Copenhague, le samedi 5 décembre à 11h30. Des doutes sérieux subsistent en effet quant à la théorie du réchauffement d'origine anthropique : l'Académie française des sciences ne tranche pas le débat dans son dernier rapport, ce qui atteste d'un réel débat sur la question, affaire du climate gate qui jette le discrédit sur des figures de premier plan du GIEC et de leurs hypothèses reprises par le GIEC, et enfin, absence de réchauffement climatique depuis une décennie. Au vu des conséquences économiques et politiques de Copenhague dont on ne nous parle pas assez, le débat s'impose donc.

La répression continue en Iran - Le 27 novembre 2009. Les autorités iraniennes ont confisqué le prix Nobel de la paix attribué en 2003 à l'avocate Shirin Ebadi, a annoncé jeudi le gouvernement norvégien, qui dit avoir convoqué le représentant iranien à Oslo pour lui transmettre ses protestations. Ce coup d’éclat des autorités iraniennes soulève plusieurs inquiétudes.

D’abord, il s’agit d’une violation criante du droit de propriété. En effet, la médaille et le diplôme Nobel de Shirin Ebadi, ainsi que certains autres de ses effets personnels, ont été retirés d'un coffre-fort bancaire dans lequel ils étaient entreposés. Autrement dit, même dans un coffre-fort, les biens ne sont pas sécurisés en Iran car le gouvernement pourrait s’en accaparer à tout moment sans préavis et sans explication.

Ensuite, si les effets personnels du prix Nobel de la paix ont été confisqués c’est en raison de sa critique du régime et de son militantisme pour une société de démocratie, de liberté et des droits de l’homme en Iran. Plusieurs collaborateurs de Shirin Ebadi et son mari ont été arrêtés et parfois maltraités ces derniers mois en Iran. Ces faits prouvent que la liberté d'expression est malmenée en Iran. Il n’est pas permis d’exprimer une pensée opposée à la pensée du régime, lequel confirme, si besoin est, son arbitraire et son autoritarisme.

"Je n'ai pas connaissance que cela se soit déjà produit dans le passé", a déclaré à l'AFP Geir Lundestad, le secrétaire du comité Nobel. "Jamais un lauréat n'avait été traité de cette manière.

La confiscation du prix Nobel marque un durcissement du pouvoir à l'égard des militants des droits de l'Homme. En décembre 2008, la police iranienne avait fermé les bureaux du cercle des défenseurs de droits de l’homme dirigé par Shirin Ebadi. Cette intervention de la police ne constitue-t-elle pas un message aux différents militants de se tenir à carreau à l’approche de la date de commémoration du 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme ?

Comprendre la nouvelle « ruée » vers l’or – Le 26 novembre 2009. Le Fonds monétaire international a vendu hier mercredi 10 tonnes d'or au Sri Lanka, pour 375 millions de dollars. Cette vente porte à 212 tonnes le poids d'or cédé par le Fonds, après les 200 tonnes acquises par l'Inde entre le 19 et le 30 octobre, et les deux tonnes par l'île Maurice le 11 novembre. Si le FMI cherche à renforcer ses finances, quelle est la motivation des pays acheteurs?

Pour comprendre cette nouvelle « ruée » vers l’or, il faudrait rappeler la valeur refuge que représente le métal jaune. En effet, contrairement aux autres devises, on ne peut pas l'imprimer. Son offre dépend des gisements de minerai et ils sont rares. Ainsi, sa valeur ne peut faire l’objet de manipulation par des politiques monétaires. Tout au long de l’histoire, l’or a été toujours convoité dans les temps de crise, de guerre, c’est-à-dire en périodes d’incertitude.

La dépréciation du dollar reflète bien sûr la fébrilité actuelle de l’économie américaine mais surtout le laxisme de la politique monétaire de la Fed. Celle-ci a inondé l’économie de liquidités, ce qui a fait gonfler la masse monétaire abaissant ainsi la valeur du billet vert. Par ailleurs, les taux sont à leur niveau les plus bas et ne sont pas prêts de remonter, d’où l’inquiétude des investisseurs quant à l’érosion de la valeur de leurs actifs en raison du risque de l’inflation dans les mois à venir. En conséquence, pour protéger leurs portefeuilles, ils ont commencé à substituer de l’or au dollar. De même dans les pays émergents on s’inquiète de la politique laxiste des américains. La hausse vertigineuse des dettes publiques et personnelles, la chute abyssale de l'immobilier, la hausse spectaculaire du chômage, les difficultés du secteur industriel, et surtout un déficit budgétaire qui devrait atteindre 12,3% du PIB américain pour l'année 2009.

Ainsi, le dollar que les banques centrales prenaient pour une valeur refuge est en réalité un géant aux pieds d’argile : la masse monétaire s’envolant, le pouvoir d’achat du dollar a chuté. C’est pourquoi les Banques centrales des pays émergents achètent de l’or. Le métal précieux préservera mieux leurs équilibres monétaires que des réserves de dollars dépréciés. La faiblesse du dollar et l’envolée du cours de l’or (1170 $ l’once) sont le signe incontestable que la vraie reprise n’est pas encore là.

Conférence du 26 novembre sur le débat sur le réchauffement climatique -  A quelques jours du sommet de Copenhague le débat sur le réchauffement climatique est-il encore possible ? Alors que de nombreux dirigeants politiques et le GIEC estiment que le débat est fini, les "sceptiques" réclament le droit à l'écoute, d'autant que, après une apparente "pause dans le réchauffement" d'ailleurs relayée récemment dans les médias, a éclaté depuis ce weekend un scandale de fraude scientifique de la part de chercheurs "alarmistes" du Centre de recherche climatique de l'université d'East Anglia au Royaume-Uni, contributeurs au GIEC : on parle déjà de "ClimateGate".
Emmanuel Martin, docteur en économie de la Faculté d'économie appliquée, tentera de faire le point sur les thèses en présence, présentera le ClimateGate, et rappellera les enjeux économiques et politiques des nouvelles régulations pour limiter les émissions de CO2.
"Changement climatique : le débat est-il encore possible ?"
Jeudi 26 novembre 2009, 16h00, Amphi Mirabeau, Université Paul Cézanne, 3 av. R. Schuman, Aix-en-Provence.

Une vérité qui dérange ? – Le 24 novembre 2009. Est-on en train d’assister à un ClimateGate ? Après la révélation de la volonté apparente de certains climatologues réputés de manipuler ou supprimer les preuves contre leur théorie du réchauffement climatique, de faire pression contre des pairs ou des revues « sceptiques », le doute n’est plus permis. Un hacker s’est en effet introduit dans le réseau de l’Université d’East Anglia (Royaume-Uni) et a posté 60 MB de documents et emails qu’il y a trouvé, dont certains très compromettants de la partde scientifiques du Climatic Research Unit (CRU), dont certains contributeurs... du GIEC.

Si ce « ClimateGate » ne remet pas en cause la théorie du changement climatique d’origine anthropique, il entame sérieusement la crédibilité des alarmistes du climat et montre leur volonté d'empêcher le débat. Hier, la publication sur le blog du journal Le Monde de l’article d’Emmanuel Martin a donné lieu à des échanges passionnés sur la question. Que l'on dévoile les pratiques frauduleuses du groupe de scientiques en question en a d'ailleurs dérangé plus d'un : une autre "vérité qui dérange" donc. Et c’est une bonne chose. Que le débat sur le climat continue. Qu’il ne soit pas décrété comme « fini ».

Niger : Non la « constitution » de Tandja – Le 23 novembre 2009. Une manifestation de milliers de personnes à Niamey ce dimanche a réclamé le départ du Président Tandja, le qualifiant de « démolisseur de la démocratie ». Les manifestants expliquaient qu’à partir du 22 décembre, fin de son deuxième mandat actuel, le président aura perdu sa légitimité et devra partir. L’apprenti autocrate avait fait suscité la colère des démocrates en juin en réclamant la tenue d’un référendum constitutionnel lui permettant de se représenter. Face à l’opposition de juges constitutionnels, il avait limogé sept d’entre eux et suspendu temporairement les compétences de la Cour constitutionnelle en matière… constitutionnelle et électorale. Huit ministres opposés à ce projet avaient démissionné. Curieusement la classe politique internationale n’avait pas vraiment réagi à cet événement, alors qu’elle avait vivement critiqué le Honduras, où pour les mêmes raisons un président, M. Zelaya, avait lui été démis par la Cour constitutionnelle, dans le respect de la démocratie. Pour une analyse détaillée voir cet article.

Les enfants de la guerre – Le 20 novembre 2009. C’est aujourd’hui la journée mondiale des droits de l’enfant. Un des droits fondamentaux est celui de la liberté et de la paix. Trop d’enfants sont les victimes de la guerre. Durant la dernière décennie on estime à 2 millions les enfants tués (attaques, bombardements, massacres…), il y aurait 10 000 victimes de mines anti-personnel (désormais officiellement interdites) par an, les laissant dans le meilleur des cas handicapés à vie, 6 millions seraient mutilés, 1 million d’orphelins ou séparés de leur famille, 12 millions sans abri. La guerre enrôle aussi les enfants : le drame des enfants soldats concernerait 300 000 d’entre eux, dont le tiers en Afrique.
Notre collaborateur Noël Kodia du Congo Brazzaville est l’auteur d’un beau roman sur le sujet : Les enfants de la guerre. Voici l’interview réalisée il y a quelques mois :

Gabon : Ali Bongo résoudra-t-il le problème du chômage ? – Le 19 novembre 2009. La question se pose en effet puisque le nouveau Président, fils de feu Omar Bongo, a décidé de mettre en place des réformes. Si la réduction du train de vie de l'État va indéniablement dans le bon sens, on peut douter de l'efficacité d’interdire l’exportation de la deuxième richesse du pays, les grumes de bois et ce, dès 2010. L’idée serait que cette interdiction protégerait le secteur gabonais de la transformation de cette matière première, qui se fait pour l’instant essentiellement à l’étranger, et contribuerait ainsi à créer de l’emploi. La « relance du secteur » serait donc une solution au chômage… Sauf qu’en réalité les choses ne sont pas aussi simples.

On comprend que les industriels, notamment français, soient désagréablement surpris par une telle mesure. Mais là n’est pas vraiment le problème : il est plutôt que le Gabon est déjà extrêmement mal positionné dans les indicateurs des affaires et qu’une telle mesure va effrayer d’autres investisseurs, effectifs et potentiels, dans d’autres secteurs. Ce qui se répercutera forcément sur le chômage.

Ensuite on ne peut décréter l’apparition d’un secteur local. Cela prend du temps, de l’investissement en capital et en compétences, de l’énergie et de l’esprit d’entreprise. Et un climat des affaires propice. Le coup de baguette magique ne marche pas en la matière. On ne crée pas des dynamiques économiques en protégeant des secteurs (surtout quand il n’existent pas réellement au niveau local !) mais en ouvrant la concurrence et en permettant les conditions de la concurrence justement, ce qui suppose de travailler sur les réformes de facilitation des affaires.

Il ne fait pas de doute que beaucoup de gabonais salueront ce geste par patriotisme, ayant le sentiment que leur pays sera moins « pillé » par l’étranger et notamment la France. Soit, mais malheureusement ils seront vite déçus, du fait des effets pervers mentionnés plus haut. Quant à l’accusation de « pillage », elle renvoie en réalité à la mauvaise gouvernance gabonaise en matière de gestion patrimoniale des ressources naturelles, notamment les forêts.

Corruption : la levée du secret bancaire est-elle la vraie solution ? Le 18 novembre - Hier, Transparency International (TI) a publié son index annuel sur la perception de corruption touchant le secteur public de 180 pays. Deux éléments majeurs ressortent de ce rapport. D’abord, ce sont les pays pauvres, abritant des conflits militaires ou dirigés par des dictatures qui sont les plus corrompus (l'Afghanistan et la Somalie en queue du peloton). Ensuite, les pays industrialisés ne doivent plus s’abriter derrière le secret bancaire pour offrir refuge à l’argent sale de la corruption. Si TI a salué le travail de l’OCDE en matière de paradis fiscaux, elle interpelle les pays de l’OCDE afin qu’ils concluent plus d’échanges bilatéraux d’information et mettre ainsi définitivement un terme au régime du secret bancaire. Quelle est la portée et la pertinence d’un tel appel ?

Certes, les paradis fiscaux facilitent la corruption en permettant à certains dirigeants d’Etats africains de détourner les deniers publics, notamment la manne pétrolière. Mais, même en l’absence de paradis fiscaux cette corruption ne disparaîtrait pas car le problème réside dans les administrations de ces Etats qui, avec la complicité de dirigeants de pays occidentaux et de certaines firmes multinationales, organisent leurs magouilles au détriment des peuples. Tout le monde sait comment fonctionne la nébuleuse Françafrique. Dans l’état d’impunité qui existe dans la majorité des pays africains, l’absence de paradis fiscaux ne résoudra pas définitivement le problème car les dirigeants corrompus pourront parfaitement garder leur argent sur le territoire.

Le problème de la corruption est donc plus profond et dépasse la simple question de paradis fiscaux et de secret bancaire car il s’agit d’un problème de gouvernance lié fondamentalement au manque ou aux dysfonctionnements des mécanismes de contre-pouvoirs internes. Tant que ce problème ne reçoit pas les réponses institutionnelles adéquates, il continuera à gangréner le développement des pays africains qui resteront en queue du peloton. Au-delà de la levée du secret bancaire, la lutte contre la corruption nécessite un contrôle fort des parlements, un appareil judiciaire performant et indépendant, une transparence dans les budgets publics, ainsi qu’une société civile indépendante et active.

Le 17 novembre 2009 - Le projet UnMondeLibre.org vous propose un concours d’essais sur le thème « L’État et la crise : retour à la route de la servitude ? », avec des prix de 500, 400, 350, 300 et 250 euros pour les cinq meilleurs essais sélectionnés par un panel d’évaluateurs.

Dans son ouvrage célèbre « Crise and Leviathan » (Crise et Léviathan) l’historien Robert Higgs analyse ce phénomène de croissance de l’État et de réduction des libertés à l’occasion des grandes crises et des grandes guerres : la crise ou la guerre passée, le pouvoir revient très rarement à sa taille initiale. En 1944 l'économiste et philosophe du droit Friedrich Hayek avertissait que l’économie planifiée de guerre passée, les démocraties occidentales devaient revenir sur le chemin de la liberté : il avait malheureusement été peu écouté à l’époque.

Le thème de ce concours est d’une brulante actualité : vingt ans après la chute du mur de Berlin, la crise mondiale n’a-t-elle pas été un prétexte pour un retour en arrière, une croissance de l’État et une dérive de la gestion publique ? N’est-elle pas le début d’une ère d’encadrement strict des libertés ? Des nouvelles justifications ne sont-elles pas trouvées pour réduire la liberté, notamment économique ?

Les participants au concours, jeunes de moins de 30 ans et étudiants, devront rédiger un essai en français sur le thème proposé, en 1400 mots (+/- 10%). Les essais seront reçus par email (contact@unmondelibre.org) jusqu’au 15 décembre 2009 minuit GMT et les résultats annoncés début janvier.

Eradiquer la faim - Le 16 novembre 2009. L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) organise de ce lundi 16 à mercredi 18 novembre sommet sur la sécurité alimentaire à Rome. Un milliard d’êtres humains souffrent de la faim dans le monde. Augmentation des prix des denrées alimentaires, crise économique globale, le fléau de la faim s’amplifie depuis deux ans. Jacques Diouf, directeur général de la FAO a convoqué ce sommet pour « forger un consensus sur la question et rapidement éradiquer la faim dans le monde ». Le sous-investissement dans le secteur agricole serait une des causes majeures de la faim. Alors que certains proposent de booster l’investissement public agricole, et critiquent sans cesse les politiques de libéralisation et les marchés internationaux, il faudrait plutôt se poser la question de savoir pourquoi certains pays n’arrivent pas à profiter des libéralisations et des marchés. La réponse est généralement assez simple : barrières douanières (en temps et en argent) élevées, absence de droit de propriété clairs empêchant tout logique foncière d’investissement et donc tout développement agricole. Espérons que les responsables réfléchissent enfin de manière constructive sur la question.

Tunisie : la souveraineté est-elle liberticide ? - Le 13 novembre 2009. Dans son discours d’investiture hier, le président tunisien Ben Ali a annoncé la saisie de l'Union du Maghreb Arabe et de l'Union Africaine pour "atteintes à sa souveraineté" contre les critiques de la France sur les droits de l'homme suite à l’incarcération du journaliste dissident Taoufik Ben Brick. Après ce qu’il considère comme une ingérence dans les affaires intérieures de la Tunisie, et une atteinte à sa souveraineté, le président tunisien a sollicité l’intervention de l’UMA et de l’UA car cette ingérence affecte également la souveraineté de ces deux entités.

Il est toujours amusant de constater que les dirigeants africains s’abritent derrière l’argument de la souveraineté chaque fois qu’ils sont au pied du mur. Afin d’esquiver les critiques et se dédouaner de leurs responsabilités les dirigeants africains opposent à leurs détracteurs l’argument de non ingérence, de non critique au nom de la souveraineté. Si la souveraineté voulait dire autonomie et responsabilité, alors pourquoi ne pas agir dans ce sens ?

Pour prendre le cas tunisien, pendant que le président Ben Ali prend plaisir à critiquer les occidentaux, notamment les français, de piétiner la souveraineté de son pays, il n’hésite pas à piétiner celle de ses citoyens en retreignant les libertés individuelles. S’il faisait ce qu’il faut en matière de libertés individuelles, personne n’aurait osé le critiquer. Au contraire, on aurait loué ses réalisations dans ce domaine. A ce moment-là le président Ben Ali n’invoquera pas l’argument de souveraineté car la critique est bonne. Pourtant dans les deux cas ce sont des étrangers qui jugent son action. Ainsi, lorsque le jugement est favorable il est accueilli, lorsqu’il est défavorable il est rejeté au nom de la souveraineté. C’est une preuve d’immaturité ou de manque de sens de responsabilité.

Alors que les organisations de la société civile tentent de mobiliser l’opinion publique tunisienne et internationale contre les abus de la politique liberticide du président Ben Ali, celui-ci saisissait l’UA et l’UMA, deux organisations exemplaires connues pour leur respect de la démocratie et des libertés individuelle, pour dénoncer les abus contre la souveraineté des Etats africains. Etrange, surtout venant d’un président-monarque pour qui la notion de souveraineté nationale est confondue avec son égo personnel. Avec cette conception de la souveraineté les libertés individuelles ne peuvent pas survivre. Comme les autres dirigeants africains, le président Ben Ali est atteint du syndrome du grand homme qui est au-dessus de toutes critique, de tout soupçon, et dont les décisions ne peuvent être révoquées.

« Un peu déplacée » - Le 12 novembre 2009. La patience des ivoiriens est encore mise à l’épreuve puisque qu’hier le président de la commission électorale indépendante Robert Mambé a annoncé que la date officielle de l’élection ivoirienne du 29 novembre serait « un peu déplacée ». La constitution de la liste électorale a « broyé la marge de sécurité ». Il faut dire que sur les 6 384 253 personnes inscrites pour l’instant seules 5 300 586 sont inscrites sur la liste provisoire. Plus d’un million de cas litigieux donc, soit 16%, devront être être réglés durant la phase de contentieux de 38 jours après l’affichage des listes provisoires.

Le souvenir de la Grande Guerre : un impératif moral - Le 11 novembre 2009. On célèbre aujourd’hui l’armistice qui a donné lieu dans un wagon-restaurant en forêt de Compiègne en France à la capitulation de l’Allemagne le 11 novembre 1918. Beaucoup en France ne savent même plus ce que représente cette date (ce qui en dit long sur l’éducation dispensée dans ce pays). Une perte du souvenir quelque peu inquiétante d’autant que le dernier vétéran des tranchées de la Première Guerre Mondiale, le britannique Harry Patch, est décédé cet été : la « Grande Guerre » appartient donc désormais au passé. Il faut cultiver le souvenir, non par nationalisme ou patriotisme, mais pour ne jamais, jamais oublier ce que signifie la guerre.

L’été 1914 les soldats partaient la fleur au fusil… Et pourtant. L'enfer était au rendez-vous. 18 millions de morts. Combien de familles brisées ? Sans compter que la montée des nationalismes et la deuxième guerre mondiale trouvent leur source dans la Grande Guerre. Rajoutons donc… 60 millions de morts. Au-delà, songeons à toute l’énergie, l’inventivité, le travail, la descendance, que ces 18 millions de morts, essentiellement jeunes, auraient pu apporter à leurs nations pendant une vie entière. Docteurs, ingénieurs, boulangers, mécaniciens… Toutes ces compétences annihilées. Songeons aussi à toute la valeur qui a été perdue en destructions matérielles inutiles. Songeons au repli soudain de l’ouverture économique qui, jusqu’en 1914, faisait avancer la prospérité du monde.

La question semble déplacée. « Économique ». Elle est pourtant éminemment morale. En effet quel niveau de développement a été effacé par la Grande Guerre ? Quel degré de richesse nous sommes nous donc interdits par la guerre ? Cette dernière est en effet le contraire de l’échange, créateur de valeur et de prospérité. Elle s’oppose à l’échange volontaire aussi en cela qu’elle est décidée par les hommes d’État, l’échange volontaire venant « d’en bas ». Pour bien comprendre la logique de la guerre entre hommes d’État, rien ne vaut cette citation de Paul Valéry : « La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas ». Puisse cette date du 11 novembre rester gravée dans nos mémoires. EM

Plan de santé Obama : Les dessous de l’histoire - Le 10 novembre 2009. Les élus de la Chambre des représentants US ont adopté le plan de réforme du système de couverture médicale américain avec 220 voix contre 215. Si le plan Obama est pavé de bonnes intentions, il soulève cependant plusieurs questions sur son adoption et son financement.

Suite à l’adoption du plan, Obama avait cité le soutien de l’AMA (American Medical Association) et de l’AARP (American Association of Retired Persons). Ce soutien n’était pas gratuit. En effet, les médecins de l’AMA devaient subir une coupe de 21% dans les remboursements de leurs honoraires mais, en échange de leur soutien, Obama a promis d’abolir la réduction des remboursements. De même l’AARP a obtenu, en échange de son soutien, la suppression des subventions offertes par le Président Bush au programme Medicare Advantage, une assurance concurrente, ce qui va obliger les assurés seniors à payer plus cher et renflouer les caisses de l’AARP. L’industrie des médicaments n’est pas en reste : elle a obtenu par exemple la promesse de l’administration Obama de continuer à faire obstruction aux médicaments canadiens moins chers. Ainsi, une loi qui est présentée comme servant l’intérêt général sert souvent en premier les intérêts des lobbies et de certains groupes au détriment des contribuables et des assurés.

Sur le plan financier, le coût du projet est estimé à 1300 milliards de dollars et on peut légitimement se demander où l’Administration US trouvera les fonds sachant qu’elle a déjà un plan de relance de 800 milliards de dollars à financer. Et là, les solutions ne sont pas légion : soit les impôts augmenteront, soit il faudrait s’endetter. Dans les deux cas, l’économie américaine sera lésée car des millions d’emplois seront détruits alors que le taux de chômage a déjà atteint 10%.

Enfin, le plan prévoit la création d'un établissement public d'assurance maladie qui doit être mis en concurrence avec les compagnies privées. Mais comment peut-on parler de vraie concurrence avec des réglementations restreignant la concurrence et le libre-choix sur le marché de l’assurance maladie ? La compartimentation réglementaire du marché de l’assurance-maladie américain (restrictions géographiques des assurés et des assureurs) est déjà responsable de l’augmentation des coûts d’assurance, contrairement à l’objectif annoncé. Alors que la réglementation empêche déjà le marché de fonctionner correctement, l'administration US va en rajouter une couche...

Même si le plan Obama n’a franchi qu’une étape dans son parcours de son adoption et que sa version finale sera certainement différente de celle approuvée par le Congrès, il n’en demeure pas moins qu’il ne répond pas aux vrais problèmes du secteur de la santé, ce qui laisse penser que c’est un projet non viable à terme, surtout dans une économie en crise.

Mur de Berlin : Vingt ans déjà – Le 9 novembre 2009. Des hordes de gens tentant de passer à travers des failles d’un mur peinturé et taggué. Des sourires, des cris, des larmes de joie, des embrassades. Tout cela sous le regard de militaires qui quelques jours auparavant auraient tiré sur la foule : le mur de Berlin, symbole de l’oppression communiste, est tombé. C’était il y a vingt ans. Le 9 novembre 2009 est une date qui doit être retenue car elle marque ce que signifie le communisme : un gigantesque mur contre la liberté. Tout au long de cette semaine nous vous proposerons vidéos et articles pour commémorer à notre manière cette date anniversaire.

Voici une vidéo de Sascha Tamm, de la Friedrich Naumann Stiftung qui nous raconte son expérience de jeune Allemand de l'Est le 9 novembre 1989:

 

Sascha Tamm French from Atlas Global Initiative on Vimeo.

Relations commerciales sino-américaines : un virage risqué - Le 6 novembre 2009. Aujourd’hui, la Chine dénonce la volonté des Etats-Unis d’imposer des droits de douane aux tubes en acier pour l'industrie pétrolière importés de Chine et d’engager la plus sérieuse action de ce type jamais intentée contre des produits chinois.
Selon le communiqué du ministère chinois, plus de quatre-vingt-dix compagnies sont concernées, alors que les produits visés ont constitué 46 % de la valeur totale des exportations d'acier aux Etats-Unis. "En valeur, à ce jour, c'est le cas le plus grave d'action antidumping et anti-subventions contre la Chine de l'étranger", indique le ministère.
Le département américain a justifié sa décision par le fait que la Chine subventionne la fabrication de ces tubes, à un niveau variant de zéro à 99,14 % suivant les différentes sociétés exportatrices. S’agit-il vraiment d’une action légitime d’anti-dumping ou d’une nouvelle mesure protectionniste ?

Cette décision, qui ne deviendra définitive qu'en mars 2010, prévoit un droit de douane de 36,5 % sur ces tubes pour les trente-sept plus gros exportateurs chinois, mais d'autres sociétés se verront appliquer un taux de taxation anti-dumping provisoire de 99,14%. Seront exemptées de droits de douane les compagnies ayant été jugés par le département du commerce américain comme vendant aux prix du marché. Seulement, l’évaluation de la conformité au prix du marché est une décision politique et discrétionnaire. Normalement, le prix se détermine par la confrontation de l’offre et de la demande sur le marché et non pas dans le département américain.

La décision américaine ne cacherait-elle pas d’autres motivations ? Selon Dan Ikenson, chercheur au Cato Institute, la dernière décision du Président Obama d’augmenter les droits de douane sur les pneus chinois a été guidée par des considérations politiques, notamment rendre la pareille aux syndicats américains pour leur soutien indéfectible. Il est fort probable que la décision d’imposer les tubes chinois ait obéi à la logique syndicaliste de protection artificielle des emplois.

La décision américaine a été qualifiée par la Chine comme un « abus de protectionnisme », ce qui va exacerber la tension entre les deux pays avec le risque d’une guerre commerciale. Par ailleurs, d’autres secteurs américains, incités par les résultats des pneus et des tubes risquent de solliciter l’intervention de l’Administration Obama afin d’imposer de nouvelles restrictions sur de nouveaux produits. Ainsi, le secteur de textile est en train de préparer une demande d'enquête de protection 421 à l'encontre des habits et des vêtements importés de la Chine.

Le virage pris par les autorités américaines concernant leurs relations commerciales avec la Chine est porteur d’incertitudes et de menaces susceptibles de décourager le commerce et l’investissement à un moment où la sortie de crise passe justement par la stimulation des échanges et la facilitation de l’investissement.

Esclavage en Mauritanie : l’approche judiciaire nécessaire mais insuffisante – Le 05 novembre 2009. Lors d'une conférence de presse, mardi dernier, Gulnara Shaninian, rapporteur spécial de l'ONU sur les formes contemporaines de l'esclavage, ses causes et ses conséquences, a indiqué que la législation de 2007 criminalisant cette pratique n'est pas correctement appliquée sur le terrain.

En dépit de son abolition en 1981, l’esclavage continue de sévir en Mauritanie. Le taux d’esclavage est estimé selon des ONG mauritaniennes de défense des droits de l'homme à 18%, sur une population totale d'environ trois millions. En Mauritanie, l’esclavage prend plusieurs formes : travail des enfants, travail domestique, mariages d'enfants et trafic d'être humains.

En dépit de l’existence d’une loi criminalisant l’esclavage, celle-ci n’est pas appliquée. Ainsi, le rapporteur onusien a invité les autorités mauritaniennes à étoffer l'arsenal législatif existant par des lois spécifiques propres aux pratiques en matière de travail, de citoyenneté et d'immigration. L’appel au renforcement des lois sans mettre en œuvre les moyens nécessaires à leur application ne servirait à rien. L’esclavage, bien qu’il s’agisse d’un crime violant le droit fondamental de l’être humain à la liberté, nécessite une approche plus globale que la promulgation de lois.

Tout d’abord, pour que les lois réussissent à modifier les comportements il faut qu’elles soient applicables. Cela n’est pas possible sans l’existence et le bon fonctionnement d’un état de droit, d’où la nécessité d’une réforme judiciaire en Mauritanie pour garantir plus de transparence, d’indépendance et donc d’efficacité des tribunaux. Ensuite, l’esclavage est lié à la pauvreté. Il ne peut y avoir donc de lutte contre l’esclavage sans l’amélioration des conditions de vie des populations. Faute d’alternatives et d’opportunités, des victimes restent volontairement dans une situation d'esclavage ou y reviennent, après avoir fui. L'accès aux services de base et à des activités génératrices de revenus est la voie à emprunter pour réduire la pauvreté et donc mettre effectivement un terme à l’esclavage. Sans une réforme institutionnelle visant l’instauration d’un état de droit et l’amélioration des opportunités offertes aux mauritaniens, la promulgation de lois supplémentaires restera lettre morte et l’esclavage continuera à constituer un frein au développement de la Mauritanie.

Le « Oui » tchèque : chute du dernier rempart contre l’antidémocratie ? – Le 04 novembre 2009. Le processus du Traité de Lisbonne est désormais en marche. La Cour constitutionnelle tchèque a remis un avis favorable sur le Traité de Lisbonne, jugeant que celle-ci ne violait pas la Constitution. Le Président Tchèque Vaclav Klaus, farouche opposant au Traité de Lisbonne, avait annoncé qu’il se plierait à leur décision, et va donc le ratifier en échange d’une dérogation devant empêcher, selon le chef de l'Etat tchèque, toute restitution des biens des Allemands des Sudètes confisqués dans l'ex-Tchécoslovaquie après la Seconde guerre mondiale. Avec cette décision meurt le dernier rempart se dressant devant un processus hautement antidémocratique.

Pourtant, Vaclav Klaus avait raison. L’Union Européenne, dans sa version actuelle, est une menace pour les droits et libertés.

Et Klaus n’est pas le seul à l’affirmer. Dans un arrêt de juin, la Cour constitutionnelle fédérale allemande dénonçait le traité de Lisbonne. Cette Cour soulignait le fait que le Traité de Lisbonne n’instaure aucun garde-fou autour des pouvoirs grandissants de l'Union européenne face à ses décisions internes et ses nombreuses procédures antidémocratiques.

Pourtant, le déficit de démocratie n’est pas la seule chose inquiétante à Bruxelles. La Cour des comptes européenne refuse de certifier le budget depuis 14 ans. Pourtant, aucune action visible n'a été prise pour rendre la comptabilité de l'UE plus transparente et la faire valider.

C’est ce manque de transparence, cette absence totale de restriction au pouvoir, et l’absence d’un réel débat sur l’Union Européenne qui pousse les électeurs vers les positions les plus désespérées. Vu l’autisme des différents organes antidémocratique il n’est en effet pas étonnant de voir se concentrer au parlement Européen, seul organe un tant soi peu démocratique, les mouvances les plus extrémistes et les plus irraisonnables.

Désormais plus rien ne semble plus pouvoir arrêter le processus antidémocratique de Lisbonne.

Faillite de CIT : la crise est loin d’être terminée – Le 03 novembre 2009. Alors que les derniers chiffres de la croissance américaine (+3,5% au troisième trimestre) faisaient prédire à certains une sortie de crise, l’économie américaine vient de vivre la cinquième plus grande faillite de son histoire par ordre d'importance des actifs concernés derrière celles de Lehman Brothers (691 milliards de dollars) et Washington Mutual (327,9 milliards) en 2008, WorldCom (103,9 milliards) en 2002, General Motors (91 milliards) en 2009.
En annonçant son incapacité à se refinancer, en raison de la crise, CIT, une holding bancaire, spécialisée dans le financement et le conseil, acteur clé du financement des petites et moyennes entreprises, ajoute un nouveau coup dur à près d’un million de PME souffrant déjà de la crise actuelle et dont CIT était le principal soutien. Mais les petites et moyennes entreprises ne sont pas les seules à pâtir de cette faillite, car CIT prête aussi à de grands groupes de l'aéronautique, de la défense, du ferroviaire et des nouvelles technologies, par exemple à Dell, Microsoft ou encore Toshiba. La faillite du CIT est le résultat de la baisse de la demande de prêts immobiliers et de l’augmentation des défaillances de ses clients se trouvant la plupart en situation de surendettement.
À noter que CIT avait déjà reçu en décembre dernier, près de 2,3 milliards de dollars en fonds fédéraux, mais qu’il s'était vu refuser une nouvelle injection par Washington. Ce refus a poussé les dirigeants du groupe à négocier un accord, avec ses créanciers obligataires qui deviendront selon les termes de cet accord les principaux actionnaires du Groupe.
Cet évènement vient rappeler aux acteurs de l’économie américaine que la crise n’est pas finie et que la petite amélioration qu’a connue la croissance américaine ces derniers jours, n’est qu’une embellie en trompe l’œil. En effet, durant le dernier trimestre, la croissance américaine a été tirée, d’une part, par la prime à la casse destinée au secteur automobile dopant artificiellement la consommation (+3,4%), et d’autre part, par la baisse des taux d’intérêt et le crédit d’impôt de 8 000 dollars accordé aux nouveaux acheteurs de logements. Dans les deux cas, le secteur public s’endette et fait jouer l’effet de levier. Cette stratégie, employée par le secteur privé a déjà mené à la crise 2007/2008 ; car il faut se rappeler que la crise actuelle est le résultat de l’excès de crédit facile qui a abouti à une bulle immobilière. On ne peut pas éteindre le feu en y jetant de l’essence. L’explosion de la dette publique, loin d’aider l’économie et les entreprises à s’en sortir ne fera que repousser les faillites et les rendre encore plus douloureuses, en témoigne le cas du CIT. Avec un taux de chômage s’établissant à 9,8% au mois de septembre dernier et un déficit budgétaire représentant 11% du PIB, Il est fort probable que le moral des ménages et leurs dépenses en prendront un coup, hypothéquant ainsi les chances de reprise durable de l’activité. Il est donc trop tôt pour entonner les cris de félicitations de sortie de crise….

Un nouveau revers pour la démocratie afghane - Le 02 novembre 2009. Abdullah Abdullah, candidat à l'élection présidentielle afghane du 7 novembre prochain, a décidé hier de se retirer de la course. Le retrait d’Abdullah est venu pour protester contre le mauvais comportement du gouvernement et de la Commission Electorale Indépendante (IEC). A quoi bon participer à un scrutin lorsque l’IEC est à la botte de Karzaï et lorsque des ministres du gouvernement font campagne pour le président sortant?

Abdullah était face à un choix cornélien : constituer un gouvernement d’union nationale mais la forme que prendrait ce gouvernement n'est pas claire, et les négociations pourraient durer des semaines, voire des mois. L'autre option est un second tour avec le risque de donner de la légitimité à Karzaï dans un scrutin qui risque de connaître de nouvelles fraudes massives.

Les Etats-Unis, candidat déclaré pour apporter la stabilité et la démocratie dans le pays, ne semblent pas s’émouvoir plus que ça de la tournure des événements. On aurait pu penser que les Etats-Unis fassent pression sur Karzaï afin d’apporter des garanties sur la bonne tenue des élections et soutenir ainsi le processus démocratique. Mais, la secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, a estimé que la "légitimité" de l'élection ne serait pas remise en cause et a qualifié le retrait d’Abdullah de choix personnel. Pour les officiels Américains que ce soit Karzaï ou Abdullah, cela ne changera pas sa décision stratégique concernant l’Afghanistan, notamment la question de renforcement de la présence militaire américaine. Preuve si en est besoin que l’Administration Obama se situe plus dans une stratégie militarisante que démocratisante.

Après avoir assuré hier que la tenue d'un second tour relève du respect de la constitution et des lois électorales afghanes, l’IEC vient de faire volte-face en annonçant aujourd'hui l'annulation du second tour de la présidentielle, ce qui implique bien évidemment la reconduction de Krzaï à la tête de l'Etat. Toutefois, ce sénario à rebondissement ne fait que fragiliser davantage la crédibilité de Karzaï déjà entammée par les fraudes massives qui ont terni son élection ainsi que les accusations de corruption planant sur lui et son entourage. Une chose est sûre, tant qu’il n’existe pas de conditions minimales pour la tenue d’élections transparentes et fiables, la démocratie en Afghanistan restera un vœu pieux…

La chasse aux biens mal acquis est fermée - Le 30 octobre 2009. La cour d'appel de Paris a refusé, jeudi 29 octobre, qu'un juge d'instruction enquête sur l'affaire dite des "biens mal acquis" présumés par les présidents du Gabon, du Congo et de Guinée Equatoriale et de leur entourage. Elle a justifié sa décision par le fait que le plaignant, Transparency International, n'avait juridiquement pas d'intérêt à agir estimant que l'ONG n'a subi aucun préjudice personnel direct de la corruption qu'elle entend dénoncer.

Beaucoup voient dans la décision de la cour d’appel le résultat des pressions de la nébuleuse de Françafrique. D’ailleurs, Libreville a fustigé "l'acharnement complice des médias français", qui relaient les accusations des ONG et le parti au pouvoir avait menacé, en mars, de "réexaminer en profondeur les accords de coopération entre la France et le Gabon". En s’opposant à l’ouverture de cette information judiciaire, le parquet français apparaît une nouvelle fois comme le bras armé de la raison de l’Etat, ce qui fait fi du principe de séparation des pouvoirs indispensable à toute démocratie.

La décision de la cour d’appel est très regrettable car elle envoie un signal incitateur aux malfaiteurs franco-africains à continuer le pillage des deniers publics africains. Comment espérer convaincre les africains des bienfaits de la démocratie et de la bonne gouvernance alors que les avoirs illicites des dirigeants africains trouvent refuge en occident ? Une enquête de police de 2007 a en effet recensé en France trente-neuf propriétés et soixante-dix comptes bancaires détenus par Omar Bongo et ses proches, vingt-quatre propriétés et cent douze comptes bancaires pour la famille Sassou-Nguesso, et des limousines de luxe achetées par la famille Obiang.

Il est fort probable que les biens mal acquis présumés l’ont été avec la complicité des autorités françaises, alors laisser s’ouvrir un procès contre les trois dirigeants africains revient pour les autorités françaises à ouvrir un procès où elles seront condamnées aussi. Certes, il s’agit de chefs d’Etat, et la justice française n’autorise pas les poursuites contre les chefs d’Etat, mais l’Etat français n’est pas obligé d’accepter que de l’argent détourné soit blanchi et investi sur son propre territoire. Si en Guinée équatoriale, au Gabon et au Congo, il y avait un état de droit, où personne ne pourrait échapper à la sanction de la loi, on n’aurait pas eu besoin de la justice française pour rendre aux peuples des trois pays africains concernés les fonds détournés. Mais en attendant la consolidation de l’état de droit en Afrique, la France pourrait faire un geste fort en refusant qu’elle soit le refuge pour de l’argent suspect.

80 ans plus tard – Le 29 octobre 2009. Le mardi noir, 29 octobre 2009, c’était il y a quatre-vingt ans aujourd’hui. Après le jeudi noir (24 octobre) et le lundi noir (28 octobre) le mardi noir venait parfaire un cycle de baisse le la bourse de New York correspondant à l’effacement d’une année de hausse : le grand krach. Les raisons ? Elles sont multiples.

La possibilité depuis 1926 d’acheter à crédit les actions (avec une mise de 10% du prix) a certainement dopé une vague de spéculation qui reposait aussi sur l’augmentation de la masse monétaire américaine tout au long des années 20. Or, en août 1929 la Fed remonte le taux d’escompte, (la Banque d’Angleterre la suit en septembre). Les spéculateurs utilisant l’achat d’actions à crédit voient donc leur fenêtre se réduire. On constate une vague de retraits étrangers de capitaux à New York mi-octobre. Mais c’est aussi les discussions autour d’une loi qui peuvent en grande partie expliquer ces comportements. Retour sur un épisode mal connu.

Comme l'a expliqué Alan Reynolds dans son article « What do we know about the great krach ? », en octobre 1929 les acteurs des marchés financiers ont été affolés par les perspectives d’une loi protectionniste, le « Smoot Hawley Act ». Cette loi entendait augmenter les droits de douanes sur des centaines de produits et de marchandises importés aux Etats-Unis, dans le domaine agricole comme ailleurs. Elle a été discuté durant l'été et, trois jours avant le Jeudi noir (24 octobre 1929), le Sénat rejette une demande de limitation des augmentations de droits de douanes agricoles, indiquant clairement sa position protectionniste. La nouvelle est relayée le 23 octobre, veille du Jeudi noir. Le 28 des sénateurs en appellent au Président Hoover pour faire passer la loi protectionniste et les journaux financiers titrent sur les reflux massifs de capitaux européens : le lendemain sera le mardi noir. En dépit d’une pétition de plus de 1000 économistes et d’une soirée à la maison blanche passée par Henry Ford à inciter le Président à opposer son veto, Hoover signera finalement le Smoot Hawley Act le 17 juin 1930. La bourse baissera alors de plus belle.

La logique protectionniste du Smoot Hawley Act était contre-productive et les investisseurs le savaient bien. Avant que l’Amérique ne s’effondre du fait de cette loi, ils ont préféré retirer leurs investissements financiers, précipitant d’ailleurs de ce fait encore plus la chute américaine et mondiale. Même si l’économie n’était pas à l’époque aussi mondialisée qu’aujourd’hui, il était évident qu’au-delà des effets positifs visibles et à court terme (pour les secteurs sélectionnés qui allaient être protégés), se profilaient logiquement les effets pervers de cette loi à moyen terme, bien plus considérables (souvent pour les mêmes secteurs, tels que l'agriculture).

En effet, d’abord les autres nations allaient bientôt engager des représailles protectionnistes, entretenant ainsi une spirale de montée des protectionnismes : Canada, Suisse… ce sont trente cinq pays qui ont réagi. Ensuite les entreprises américaines important des biens intermédiaires surtaxés par les nouveaux droits de douanes allaient voir leurs coûts s’envoler, ce qui n'était bon ni pour leurs embauches, ni pour leurs consommateurs.

Enfin un argument, rarement mis en avant, est fondamental pour comprendre l’effondrement. C’est que le degré de spécialisation dans une économie, et par conséquent la rentabilité des investissements caractéristiques de ce niveau de spécialisation, dépendent de l’étendue du marché (la demande). En effet, on n’utilise par exemple pas le même nombre d’intermédiaires et de machines pour produire 100 voitures ordinaires et pour en produire un million. Dans le deuxième cas, le degré de spécialisation ou de division du travail, est bien plus élevé : on utilise des machines plus complexes, avec des procédures de production plus complexes faisant appel à une division du travail plus élevée. Ainsi, des investissements importants en machines et/ou en sous-traitance (reflétant un degré élevé de spécialisation) sont rentabilisés pour un marché très étendu, mais pas pour un petit marché : il ne serait pas rentable de monter une usine très complexe pour fabriquer 100 voitures ordinaires pour alimenter seulement le « petit marché » que représente un village.

Or, le fait d’augmenter les barrières commerciales réduit par définition la taille du marché. Tout à coup des entreprises dont le capital reflétait un degré de spécialisation et de division du travail adapté à un marché mondial relativement libre, se retrouvaient avec un marché qui avait été rétréci par les mesures protectionnistes réciproques. Très clairement, elles n'étaient plus rentables pour ce marché, elles n'étaient plus « économiques » : leur capital était inadapté. Avec les discussions sur le Smooth Hawley Act, les investisseurs financiers ont donc anticipé que nombre d’entreprises, comme l’économie US, allaient se trouver dans cette situation. La seule préparation de cette loi a déjà donc induit des anticipations de la part des investisseurs, qui se sont exprimées à l'occasion de krachs.

Les agents économiques réagissent à des incitations et des informations, ils ne sont pas forcément « irrationnels ». Dans la crise actuelle, c’est un peu la même chose : les règles du jeu posées par les autorités ont fourni un cadre où l’on retrouve une politique monétaire laxiste et une prise de risque excessive non seulement permise mais largement encouragée par les autorités.

France : énième sauvetage de l’agriculture ? – Le 28 octobre 2009. En France le Président Sarkozy a proposé hier un nouveau « plan » pour soutenir l’agriculture. Suite aux manifestations paysannes des dernières semaines, le Président se devait de réagir, d’autant que les régionales se rapprochent. « Exceptionnel », « sans précédent », « ambitieux », le plan Sarkozy pour l’agriculture a un goût de déjà-vu sur le plan de la communication. Sur le plan de la substance aussi : le président blâme un défaut de régulation au niveau mondial et européen. Une position très ironique quand on sait que l’agriculture au niveau mondial est très nettement protectionniste, donc « régulée », surtout en Europe et aux USA, et que la Politique Agricole Commune est une sorte de planification de la production agricole européenne, très régulée donc là aussi. Peu importe, il faut satisfaire la demande politique et lui donner ce qu’elle veut entendre. Il s’agit donc d’utiliser à plein l’effet bouclier : on rejette la faute sur Bruxelles qu’on critique vertement.
Avec un diagnostic pareil peu de surprise sur le remède : des soutiens agricoles tous azimuts… mais pas de « subvention », cela est interdit par Bruxelles. On joue donc sur les mots. Et les chiffres : le président semble visiblement ignorant des processus de production alimentaires lorsqu’il s’indigne du fait que les prix agricoles aient chuté de 20% quand les prix alimentaires n’ont baissé que de 1% : c’est parce que la part du coût des denrées agricoles dans la plupart des produits alimentaire, conditionnés, est minime. De même il faut prendre en compte les délais dans le processus de production. Quoi qu’il en soit, la « régulation rénovée de l’agriculture » prend le chemin d’une sur-régulation tout court, où, comme depuis un demi siècle, les paysans français sont complètement déresponsabilisés par le politique.
Sans doute une réforme réussie de la grande distribution, avec une réelle mise au placard des lois Galland-Royer-Raffarin favorisant l’oligopole des grandes surfaces en place, pourrait représenter une des réponses sérieuses : elle diminuerait le pouvoir de négociation des centrales d’achat. Mais on le sait, la réforme n’a été que de façade, les maires et députés maires ne pouvant sans doute se résigner à lâcher un tel pouvoir.
Ensuite, une réflexion courageuse sur le salaire minimum en zone rurale s’impose sûrement : il s’agit de réaligner le salaire minimum et le coût de la vie en milieu rural. Mais les syndicats font une levée de bouclier : il est plus simple de faire financer la baisse du coût du travail par les autres, via des suppression de charges… payées par en réalité par ceux qui cotisent dans d’autres secteurs.
Quand à l’ouverture des marchés pour favoriser le développement, notamment de l’Afrique, le sujet est totalement tabou. Si l’agriculture française est trop chère et non rentable, pourquoi ne pas aller chercher ailleurs ? La bonne vieille doctrine de l’ « indépendance alimentaire »…

Angolagate : La Françafrique enfin punie ? - le 27 octobre 2009 – Peines substantielles dans le procès de l’Angolagate aujourd’hui. Retour sur un des plus gros scandales de vente d’armes de ces dernières années et qui risque encore d’éclabousser une bonne partie de la classe politique française.
Après l’indépendance accordée par le Portugal en 1975, l'Angola sombre rapidement dans une guerre civile entre le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) d’Agostino Neto, soutenu par l’Est, et l’Union pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA) de Jonas Savimbi, soutenu par l’Ouest. Le premier prend le dessus en 1976 avec l’aide de troupes cubaines. Eduardo Dos Santos prend la relève en 1979 à la mort de Neto. La guerre déchire le peuple. Alors qu’un accord de paix est signé en 1991, les élections de 1992 donnent Dos Santos largement vainqueur, et Savimbi, contestant les résultats, lance une rébellion avec succès : l’UNITA ne s’était pas désarmée, alors que les troupes gouvernementales étaient démobilisées.

Le bloc de l’Est disparu, pour se fournir en matériel militaire Dos Santos fait appel à Paris où le trio Balladur (Matignon) – Juppé (Affaires étrangères) – Léotard (Défense) se refuse à soutenir le président gauchiste, arguant que les conventions internationales interdisent de livrer des armes à un pays en guerre. Mais à Paris, certains sentent l’intérêt d’aider Dos Santos. L’Angola a du pétrole, ce qui représente un intérêt stratégique pour la compagnie nationale française. Et la vente d’armes peut rapporter de substantielles commissions. A la tête de sa société Brenco international, l’homme d’affaires Pierre Falcone a dans ses réseaux Arcadi Gaydamak, ex-membre du KGB reconverti en revendeur d’armes, mais aussi Jean-Charles Marchiani et Charles Pasqua : Falcone conseille la Sofremi (Société française d’exportation des matériels et systèmes du ministère de l’Intérieur).

Or lorsque Dos Santos contacte l’ancien Monsieur Afrique de l’Élysée, Jean-Christophe Mitterrand (fils du Président), ce dernier l’aurait rapproché de Falcone. Le deal est passé. Les armes en provenance de pays de l’Est sont ainsi achetées à la société slovaque de Gaydamak, ZTS-Osos à partir de 1994. En sept ans ce seront 4 milliards de dollars d’armes qui seront livrés, payés avec les préfinancements (garanties sur la production de pétrole future en Angola) de la Banque Paribas, et qui permettront à Dos Santos de vaincre l’UNITA (Savimbi est abattu en février 2002). Le problème c’est que certains des contrats de négoce d’armes sont signés en France, sans autorisation du ministère de la défense, ce qui est un délit : le courtage en commerce illicite d’armes. Sans compter les jeux divers d'influence.

Pierre Falcone était donc soupçonné de corruption et vente d’armes illicite. Il écope de six ans de prison ferme. Même peine pour son comparse Gaydamak (absent au procès), pour commerce d’armes, trafic d’influence et blanchiment. A plusieurs reprises depuis 2001 le président angolais a tenté de protéger de la justice française ses acolytes Falcone et Gaydamak qui l’auraient aidé à largement graisser des pattes à Paris.

Charles Pasqua, ancien « premier flic de France » aurait touché 450 000 dollars en 1998 et 1999 pour user de son influence à Bruxelles en faveur de Dos Santos. Il a été condamné à trois ans de prison dont une ferme et 100 000 euros d’amende pour trafic d’influence.

Jean-Charles Marchiani est condamné a trois de prison, dont vingt-et-un avec sursis pour complicité de trafic d’influence et recel d’abus de biens sociaux.

Jean Christophe Mitterrand a été condamné à deux ans de prison avec sursis et 100 000 euros d’amende pour recel d’abus de biens sociaux (mais pas trafic d’armes)

Il faut rappeler qu’alors que c’est le Ministère de la défense qui avait porté plainte en 2001, depuis un an l’État français cherche à « couvrir » Dos Santos face au juge Philippe Courroye. Le Président Sarkozy a même « rassuré » le président Dos Santos pour son sort, ce qui en dit long sur la résistance de la Françafrique et le fait que la « rupture » proposée par le Président n’a réellement pas duré (comme l’ont aussi montré les épisodes des biens mal acquis ou du soutien au clan Bongo au Gabon). Les intérêts « pétroliers » d’abord ? Peut-être. Quoi qu’il en soit, Charles Pasqua, qui annoncé son intention de faire appel du jugement, a demandé ce jour la levée du secret défense et indiqué que le président comme le premier ministre de l’époque étaient au courant de ces ventes. Voilà qui va faire du grabuge. Une occasion de mettre enfin les cartes sur table ?

« La ville la plus corrompue du continent. » - Le 26 octobre 2009.  C’est ainsi que le juge en chef de la Cour Suprême du Canada décrivait Montréal au début du siècle dernier. L’actualité de la métropole du Québec prouve qu’elle n’a jamais rompu avec cette tradition. Les accusations se concentrent sur un homme d’affaires véreux, Tony Accurso, ayant fait fortune grâce à ses amitiés politiques. Affaires de marchés publics de construction truqués, enveloppes passées en douce aux fonctionnaires chargés d’attribuer les contrats, de la surfacturation atteignant des proportions grotesques… La gangrène est si profondément ancrée qu’on découvre maintenant, sans trop de surprises, qu’elle s’étend aux juridictions supérieures.

Sans trop de surprises pour plusieurs raisons. Les entreprises, honnêtes comme véreuses, cherchent le profit et il existe deux grands moyens de s’enrichir ; de manière constructive en répondant à une demande, et de manière destructive en s’accaparant des richesses par le biais du système politique. La robustesse des institutions détermine s’il est plus rentable de parasiter la société que de chercher à satisfaire le client. Dans le cas de la corruption à Montréal, c’est l’absence d’institutions de la société civile qui est le plus marquant. Il semble aberrant que dans un pays jouissant d’une véritable liberté d’expression comme le Canada aucun organe indépendant n’ait dénoncé cette connivence de longue date entre un grand baron du marché public et la municipalité.

Privilège de la démocratie ; les Montréalais passeront aux urnes le 1er novembre, et auront la possibilité de sanctionner l’administration sortante dirigée par Gérard Tremblay, qui aurait « fermé les yeux » sur la gangrène de la corruption.




40 milliards de dollars - Le 23 octobre 2009. C’est le montant annuel des transferts des émigrés africains vers leur pays d’origine. L’International Fund for Agricultural Development a révélé ce chiffre jusqu’alors estimé à trois fois moins. Bien sûr le manque de concurrence entre opérateurs de transferts monétaire, induisant des commissions plus élevées (10% en moyenne au lieu de 5,6% au niveau mondial), ampute une bonne partie de cette manne. Ces transferts se dirigent essentiellement vers les dépenses de première nécessité mais 5 à 10 milliards sont canalisés par l’investissement. On ne peut s’empêcher de penser à ce que serait le montant de cette partie « investissements » si la facilité à faire des affaires en Afrique était améliorée ; tant d’africains à l’étranger auraient un penchant naturel à financer l’investissement des leurs en Afrique, permettant ainsi une dynamique de développement. La diaspora doit impérativement faire pression sur les gouvernements démocratiques pour qu’ils fassent eux-mêmes pression sur les gouvernants africains trop souvent peu enclins à permettre à leurs citoyens de faire des affaires librement.

Tunisie : élection sans surprise – Le 22 octobre 2009. Dimanche aura lieu en Tunisie l’élection présidentielle. Sans surprise le pays se dirige vers un cinquième mandat de Zine El-Abidine Ben Ali. Depuis vingt-deux ans l’homme fort de Tunis tient le pays d’une main de fer, et remporte les élections avec des scores toujours au-delà de 95%. Autant dire que la démocratie tunisienne n’est qu’une façade. Pour autant, même si le pays est un féroce État policier, les politiques économiques de M. Ben Ali sont allés dans le bon sens, favorisant l’ouverture économique et l’économie de marché, qui ont permis aux tunisiens de se diriger vers la voie de la prospérité. Espérons que le régime se démocratise peu à peu avec la constitution d’une classe moyenne. Malheureusement les intérêts du clan au pouvoir sont un obstacle à ce processus d’ouverture politique.

France : une vraie réforme des collectivités territoriales ? – Le 21 octobre 2009. En France, le président Sarkozy a présenté hier sa réforme des collectivités territoriales. L’Hexagone étant devenu depuis la décentralisation ce qu’il est convenu d’appeler un « mille-feuilles administratif », complexe, illisible redondant et … coûteux pour le contribuable. La réforme est donc plus que nécessaire. Ce projet va-t-il dans le bon sens ? Les trois dispositifs essentiels sont les suivants.
- D’abord en 2014 sera créé un conseiller territorial siégeant à la fois au conseil général et régional. L’ambition est la réduction de moitié du nombre d’élus. Serait-ce le début d’une fusion déguisée des deux étages administratifs ? Ce pourrait être une bonne nouvelle, vers une gestion raisonnable de l’argent public et la réduction des doubles compétences.
- Ensuite le pouvoir de l’intercommunalité et de la métropole sera renforcé. Les villes de plus de 200.000 habitants pourront se mettre en réseau. Le « diable se cachant dans les détails », il faudra savoir plus précisément ce que signifie la mise en réseau sur le plan bureaucratique. Celles de plus de 450.000 habitants pourront récupérer des compétences des régions et des départements, ce qui pose alors le problème de ce qui est « laissé » au reste du département ou de la région : du point de vue de la redistribution officielle, nul doute que des conflits vont émerger.
- Enfin le président entend établir une spécialisation des compétences entre les différentes collectivités (sauf pour la commune). Cela paraît être une bonne idée sur le papier, mais peut s’avérer un frein à la fusion département-région justement mais surtout enserre à nouveau toute solution entreprise au niveau local. On retombe dans la « centralisation sur la décentralisation ». Enfin la spécialisation peut aussi mener à la dépense incontrôlée s’il n’y a pas de véritable contre-pouvoir.
Bien sûr le chapitre de la suppression de la taxe professionnelle, cet « impôt idiot » qui frappe le plus les entreprises dynamiques en matière d’investissement et d’emploi, est crucial dans le passage de la réforme : c’est une ressource importante et locale des communes. La compensation en ces temps de crise ne s’avère pas des plus simples.
Pourquoi ne pas permettre à toutes les communes de se regrouper (et de réduire leur nombre excessif) comme elles l’entendent pour faire des économies d’échelle sur la gestion des coûts ? La suppression de l’étage du département aurait été alors souhaitable dans ce contexte. La décentralisation « à la française », pour contrer une centralisation excessive, s’est transformée en véritable maquis de petits royaumes locaux dépensiers car non responsabilisés sur le plan fiscal et budgétaire : l’argent vient en grande partie du « haut » mais la dépense est décidée « en bas ».
L’autonomie et la concurrence fiscales, qui permettent en réalité d’instaurer une incitation à la gestion rationnelle des deniers publics, sont interdites. D’où les explosions d’impôts locaux depuis quelques années pour compenser le manque de ressources venant de l’État. Il y a un découplage d’un côté entre ressources et dépenses des collectivités locales, et d’un autre côté entre impôts payés par le contribuable local et les dépenses locales.
Toute véritable réforme devra rétablir une responsabilisation des collectivités locales dans une véritable décentralisation par un fort degré d’autonomie fiscale, seul à même de fournir un contre-pouvoir par une forme de concurrence entre territoires. Mais nul doute que la gabegie publique a créé depuis des années des intérêts locaux puissant chez les élus des différentes collectivités et que chacun tentera de défendre son morceau de beeftek. Les associations de contribuables ont du pain sur la planche pour faire pencher la balance dans le bon sens.
On lira sur ce sujet l’ouvrage éclairant et toujours d’actualité du professeur Gérard Bramoullé : Finances et libertés locales.

Climat : échauffement autour du refroidissement – le 20 octobre 2009. Alors que le débat sur l’origine anthropique du réchauffement climatique est passé généralement sous silence par les médias qui préfèrent céder à l’alarmisme, voilà que, quelques semaines avant Copenhague, le prétendu consensus pourrait s’effriter.

« Le Monde » de demain en France titre « Climat : si le réchauffement marquait une pause ? ». Sans succomber aux informations « fausses » - selon Le Monde - des sceptiques du réchauffement, le premier quotidien hexagonal fait part du débat qui anime la communauté scientifique, et constate que le réchauffement n’est peut-être pas aussi brutal que ce qu’on l’attendait. Il note que certains scientifiques prédisent même une baisse des températures pour les deux décennies à venir. Le Monde concède donc que « la variabilité naturelle du système climatique » pourrait « masquer le réchauffement ». Sans donc reconnaître que la « variabilité naturelle » est donc bien plus importante – puisqu’elle est assez puissante pour « masquer » le réchauffement, que les activités humaines pour expliquer le climat.

Quoiqu’il en soit Le Monde note qu’il ya un « intense débat », ce qui n’est déjà pas si mal. En effet, jusqu’à il y a peu, il était politiquement incorrect de mettre en doute la vérité du GIEC. Et il y a quelques semaines, à la suite de l’énormité affirmée par le Président Sarkozy sur « le carbone qui crée un trou dans la couche d’ozone », nous avions produit un article sur le « débat interdit » autour du réchauffement. Il est heureux que les médias relaient enfin le débat.

Notons aussi que le Bulletin d’Octobre de l’Organisation Mondiale de la Santé se montre sceptique face à la taxe carbone, rappelant qu’au Danemark elle a mené à une augmentation des coûts de production qui se sont répercutés sur le niveau de vie des pauvres au Danemark. Partant de cet exemple, l’OMS rappelle l’impact de la taxe carbone sur les pauvres de la planète : les politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre entraineraient un accroissement des inégalités de revenus, et donc des inégalités devant la santé…

Bongo 9 – Le 19 octobre 2009. « Fin de la corruption et de l'injustice,… juste partage des richesses, … pluralisme de pensée et de la liberté d'expression… » : le Bongo « Neuf » est arrivé et a prêté serment vendredi dernier au palais présidentiel à Libreville. Il y a ici la tentation d'éviter les procès d’intentions et d'attendre la suite : peut-être y aura-t-il effectivement vraie rupture de la part du fils du dictateur ? Sauf que l’ombre de ces relations politico-mafieuses qu’on appelle la Françafrique plane sur ce que certains considèrent comme la fin d’un processus d’adoubement d’Ali Bongo par l’Élysée.

Alain Joyandet le secrétaire d’État français à la Coopération et à la Francophonie était naturellement présent à la cérémonie. Le magazine Jeune Afrique a dévoilé que le souriant secrétaire avait fait une petite virée en Guinée équatoriale une semaine avant le scrutin : selon JA, il s’agissait pour M. Joyandet de négocier que le président Teodoro Obiang Nguema, qui ne porte pas le petit Ali dans son cœur, arrête de soutenir son opposant André Mba Obame.

Mais on trouve aussi présent à la cérémonie l’éminence grise Robert Bourgi. Sans faire partie de la délégation officielle, bien sûr. Il avait défrayé la chronique en proclamant avant le scrutin : « la France n’a pas de candidat, mais le candidat de Robert Bourgi, c’est Ali Bongo. Or je suis un ami très écouté de Nicolas Sarkozy. De façon subliminale, l’électeur le comprendra. »

Officiellement la France a déclaré ne pas avoir de candidat, en réalité elle a choisi la stabilité. Uranium, pétrole, et peut-être toujours ( ?), comme à la grande époque, argent « noir » pour la politique : on comprend l’intérêt stratégique. Pourtant même si ce système peu reluisant est maintenu, il y a sans doute une large marge de manœuvre pour que tous les gabonais profitent enfin de la mondialisation.

En effet, on peut imaginer une solution « pragmatique » où les intérêts de tous et pas simplement d’une minorité, sont pris en compte. Quitte à maintenir la « stabilité » pour les intérêts françafricains, et empêcher, il est vrai, une véritable démocratie de fonctionner, autant permettre à l’économie de le faire : un moindre mal qui permettrait au moins aux couches pauvres et modestes gabonaises d’enfin pouvoir avoir le droit au développement.

Pour cela il faudrait simplement ouvrir le rapport Doing Business qui place cette année le Gabon à la 158ème place (en recul de 7 places) et tâcher de remédier à tous les défauts majeurs de l’administration gabonaise en matière de liberté et facilité des affaires.

Car à la vérité, il n’y a pas de raison logique de penser que la « Françafrique » qui se concentre uniquement sur quelques secteurs, légitime qu’on empêche tous les autres secteurs de se développer. L’ouverture dans les autres secteurs ne représente pas une menace pour les intérêts du secteur protégé. En libérant l’économie gabonaise qui étouffe sous les interdictions, obstacles, autorisations impossibles, il n’y aurait ainsi plus un seul et unique secteur « protégé » pour faire des affaires pour une minorité par le biais du pouvoir : le secteur « protégé » cohabiterait avec le secteur « libre ». Les intérêts « stratégiques » de certains seraient ainsi maintenus, et la facilité de faire des affaires en dehors de l’informel permettrait à la majorité de s’épanouir dans le secteur libéré.

La France joue un double-jeu depuis un demi-siècle, et pour atteindre cet objectif il serait donc plus sain qu’elle affiche clairement sa stratégie. Mais le peut-elle ? Ce serait un aveu. La « patrie des droits de l’homme » peut-elle tomber le masque de la sorte ? Et n’est-ce pas écœurant du point de vue démocratique ? La véritable démocratie serait-elle donc interdite pour les Africains ?  Position difficile. Mais lorsque la « rupture » s’avère impossible, autant avancer là où on le peut.

Candeur, immaturité ou démagogie, Nicolas Sarkozy avait promis une rupture en Afrique. Il en est rapidement revenu. Il pourrait justement réaffirmer ses premières intentions en les teintant de Realpolitik, et pousser pour cette solution qui paraît comme la moins mauvaise aujourd’hui : il y aurait tant à gagner pour l’immense majorité des gabonais…

Journée mondiale de l'alimentation - Le 16 octobre 2009. En 1979 l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) décrétait que le 16 octobre, date de sa création en 1945, serait désormais la journée mondiale de l'alimentation. Si la faim a nettement reculé relativement à la croissance démographique de la planète, un milliard d'êtres humains souffrent encore de la faim. Force est de constater que ce fléau persiste dans ces endroits du monde où la liberté est réprimée, et notamment  en Afrique : limites à la propriété agricole empêchant toute logique d'investissment, obstacles à la création d'entreprises agricoles, droits de douanes élevés,  taxes à l'exportation, absence d'état de droit... Le résultat est navrant : la sphère politique casse véritablement toute dynamique de développement agricole.
Malheureusement l'aide internationale n'a bien souvent fait que dégager quelques dictateurs cleptocrates de leurs responsabilités devant leurs peuples, leur permettant de se maintenir plus facilement au pouvoir et d'affamer des populations entières pour ensuite mieux blâmer les "marchés internationaux"... dont leurs citoyens aimeraient en réalité bien profiter.
Par ailleurs, en préconisant des solutions toutes faites exportées d'un bureau de Washington ou de Paris, la bureaucratie internationale de l'aide a négligé une leçon que la Prix Nobel d'économie 2009 Elinor Ostrom martelle depuis des années : les solutions institutionnelles doivent partir du bas pour que les personnes les mieux à même de connaître la réalité du terrain, les citoyens, élaborent eux-mêmes leurs solutions pour mettre en place des institutions favorisant leur prospérité. Mais cela implique effectivement d'abord la liberté d'essayer, d'expérimenter de la part de leurs États et ensuite, que la technocratie de l'aide (qui vit elle aussi de l'aide) ne vienne pas perturber ce processus endogène.

"Crime contre l'humanité" - Le 15 octobre 2009. La répression de manifestations par la junte au pouvoir à Conakry en Guinée le 28 septembre dernier aurait fait 157 morts. Des femmes auraient été frappées et violées par les bérets rouges. Karel de Gucht, le commissaire européen chargé du développement et de l’aide humanitaire, a annoncé que l'Union européenne souhaitait que Dadis Camara, le chef de la junte, comparaisse devant un tribunal international pour « crimes contre l’humanité » suite à cette répression sanglante. Selon M. de Gucht « La répression du 28 septembre a été d’une brutalité inouïe, il s’agit effectivement d’un crime contre l’humanité qui mérite d’être jugé et la justice internationale doit être universelle au risque de perdre sa crédibilité ». L'Union Africaine a donné jusqu'au 17 octobre à M. Camara et ses acolytes pour renoncer à leur intention de courir les élections. La junte avait pris le pouvoir à la mort du dictateur Lansana Conté en décembre 2008. 

L'Appel de Cotonou - Le 14 octobre 2009. Ce lundi l'ancien Président français Jacques Chirac a lancé "l'appel de Cotonou" pour lutter contre les faux médicaments. Ces derniers constituent un véritable fléau notamment en Afrique où poussent des pharmacies "par terre". Quand leur principe actif n'est pas inexistant, il est souvent toxique : ce sont donc chaque années des centaines de morts et des milliers de gens non réellement soignés qu'il faut déplorer. Ces faux médicaments représenteraient 10% du marché mondial. M. Chirac a demandé "la mise en place, sur le terrain, d'instruments efficaces de lutte contre le trafic ; avec des personnels formés et des dispositifs répressifs adaptés à la réalité du trafic des faux médicaments". 

La question est sans doute plus complexe que ne semble le supposer l'ancien président, ... qui connaît pourtant bien l'Afrique et sa corruption. Nous vous proposons ainsi de relire un article de Julian Harris et Philip Stevens sur le sujet, que nous avions publié en janvier 2008 :

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) se réunit le lundi 19 janvier à Genève afin de décider de nouvelles mesures contre l'explosion des échanges mondiaux de médicaments contrefaits - jusqu'à un tiers de tous les médicaments en Afrique et un quart dans l’ensemble des pays en voie de développement (PED). Alors que l'OMS se bat pour un traité international et pour une définition du terme "contrefaçon", elle ne traite pas les causes réelles de la contrefaçon, notamment les dysfonctionnements et les échecs des gouvernements qui empêchent les fabricants de produits authentiques de protéger leurs marques.

L'OCDE estime que 75% des contrefaçons mondiales de médicaments proviennent de l'Inde, dont la moitié environ transite par Dubaï pour masquer leur origine. Les gouvernements des PED promettent souvent la "répression", adoptent de nouvelles lois, proposent des sanctions plus strictes et ainsi de suite – pourtant les contrefaçons restent encore très répandues.

En revanche, les pays développés présentent des niveaux de contrefaçons inférieurs à 1%. Certains suggèrent que cela est dû à l’existence de régulateurs forts tels que la US Food and Drug Administration (FDA) même si des millions de livraisons de médicaments passent par les douanes des États-Unis chaque année à destination de 9000 grossistes. La FDA ne contrôle et ne peut pas contrôler tout cela, alors pourquoi davantage de contrefaçons ne s’infiltreraient pas sur un tel marché lucratif?

Une partie de la réponse réside dans les fondements qui sous-tendent les économies des pays riches tels que la forte protection des marques, qui permet aux consommateurs d'être rassurés sur l'origine des produits.

Certains prétendent que les marques sont importantes uniquement pour les médicaments chers et brevetés. Mais c’est l'inverse qui est vrai. La plupart des médicaments consommés aussi bien dans les pays riches que pauvres sont des « génériques », c’est-à-dire des médicaments dont les brevets ont expiré, ce qui devrait créer un marché dynamique de génériques de marque, où la concurrence porte non seulement sur le prix, mais aussi sur la qualité. Mais un manque de protection des marques dans les PED signifie que les patients ne peuvent être que rarement certains que les génériques qu'ils achètent sont des médicaments authentiques: les médicaments non-brevetés sont parmi les médicaments les plus fréquemment contrefaits.

Le droit de la responsabilité civile dans les pays riches quant à lui, veille à ce que les consommateurs lésés puissent obtenir réparation auprès des tribunaux, décourageant ainsi la contrefaçon et ceux qui la colportent. Cela ne peut se produire qu’avec des systèmes juridiques efficaces, indépendants et non corrompus. Malheureusement, les tribunaux et la police de la plupart des PED sont loin de cet idéal, et ils permettent aux criminels de s’en sortir en payant des pots-de-vin, rendant ainsi les nouvelles lois futiles.

Très souvent, des lois supplémentaires créent des strates supplémentaires de bureaucratie lesquelles génèrent de nouvelles opportunités pour la corruption. Les médicaments, en passant par la douane, par exemple, sont confrontés à une multitude de règlementations et de tarifs douaniers, ce qui conduit inévitablement à des paiements « informels » afin d’accélérer le processus. Si le marché est de petite taille, comme dans de nombreux pays africains, de nombreux fournisseurs de médicaments authentiques trouveront les obstacles trop coûteux et n’hésiteront pas à abandonner leur offre pour ces pays. Les faussaires, non respectueux des réglementations, acquerront encore un plus grand avantage.

La liberté des médias est également cruciale pour l'amélioration des normes et la défense des citoyens contre les contrefaçons. En Chine, la contamination par la mélamine a tué quatre nourrissons (et en a rendu malades des milliers), mais l’Etat a censuré l'information. Les trois plaintes déposées contre le producteur ont été rejetées par les tribunaux. Il en va de même pour les médicaments.

En outre, beaucoup d’Etats imposent des taxes élevées et des tarifs douaniers ainsi que des réglementations complexes sur les produits médicaux importés, majorant ainsi en moyenne le prix final de 68,6% dans les PED, selon une étude de l'OMS en 2003. Les taxes ou les tarifs douaniers à eux seuls représentent souvent environ 20% du prix du médicament : de 14% de taxe sur les ventes en Afrique du Sud à 30% au Brésil et plus de 50% sur les importations en Inde (et au moins 19% pour les médicaments locaux). Cela rend les médicaments authentiques plus chers, ce qui crée encore plus d’opportunités pour les faussaires pour les évincer.

Bien que le renforcement de l'état de droit soit essentiel pour la lutte contre la contrefaçon de médicaments, ainsi que pour le développement économique en général, de telles réformes sont longues et difficiles. À court terme, la technologie peut aider les fabricants de produits authentiques à protéger leurs marques. Au Ghana, un nouveau service appelé MPedigree permet aux consommateurs d'envoyer les numéros de série (intégrés sous l’étiquette sur les paquets de médicaments qu’ils ont achetés) via leur portable : ils reçoivent alors un message leur indiquant si le produit est authentique ou pas. Beaucoup de programmes similaires sont en cours de développement.

L'OMS et sa force internationale de lutte contre la contrefaçon des produits médicaux (IMPACT) font du bon travail en publiant les risques et en poussant les Etats à réagir, mais le secteur privé doit être à l'avant-garde des solutions : après tout, il a une bien meilleure intelligence de la production, du stockage et de la distribution des médicaments. Les Etats peuvent aider en s’ingérant moins, en taxant moins et en se concentrant sur ce qui pourrait vraiment aider, notamment le renforcement de l’état de droit.

Julian Harris et Philip Stevens sont analystes à l’International Policy Network à Londres.

Scandale des stages au Crédit Lyonnais : qui blâmer ? - Le 13 octobre 2009. Un jeune diplômé d ‘école de commerce décide de poursuivre son ancien employeur en France, le Crédit Lyonnais (LCL). Motif ? Après quatorze mois de stage et une période d’essai de deux fois trois mois, le jeune home et remercié alors qu’on lui avait fait miroiter un CDI depuis des mois et qu’il occupait en réalité un poste comme n’importe quel salarié. La situation est effectivement écœurante. Pourtant elle est monnaie courante et en fait… logique. Elle est un effet pervers de la réglementation sur le marché du travail français. Ce dernier est non seulement très réglementé mais très coûteux. Cela incite les employeurs à utiliser de la main d’œuvre stagiaire « bon marché », docile et facilement éjectable.

D’abord, le poids des charges sociales en France renchérit le coût du travail en moyenne du double du net versé (un salarié recevant 2000 € nets coûte en réalité 4000 €). Il est évident qu’une réforme sérieuse de la protection sociale doit s’attaquer de front à ce problème.

Ensuite, il est extrêmement coûteux pour une entreprise de licencier une personne en CDI. Or ce coût de licenciement (dans le futur) se traduit immédiatement pour l’employeur en coût… d’embauche (dans le présent). Le travail loué par une entreprise est fonction de son activité dicté par sa clientèle. L'entreprise doit donc en permanence adapter son nombre d’employés sous deux contraintes parfois antagonistes : celle de l’investissement en capital humain (formation) et en capital social (organisation) dans ses employés mais aussi, malheureusement, celle de son activité. Les CDI rendant très couteux l’adaptation à l’activité du fait des coûts de licenciement avec ces contrats, les entreprises les évitent.

Le fait de vouloir lutter contre la précarité a paradoxalement créé la précarité. Parce que les « acquis sociaux » reflétés dans un droit du travail lourd et complexe sont trop onéreux, les entreprises doivent avoir recours à des « poches précaires » du marché du travail, comme les stagiaires, pour compenser la surprotection des CDI. Une réforme sérieuse là aussi du droit du travail devrait aboutir à sa simplification et à plus de flexibilité moyenne dans l’établissement des contrats pour ne pas justement avoir ce conflit entre des sur-protégés et les sous-protégés. Plus de flexibilité entrainerait aussi plus de fluidité du marché du travail.

La Constitution de la liberté – le 12 octobre 2009. Le gouvernement de Géorgie a soumis aujourd’hui une Loi sur la Liberté (Liberty Act) au Président de Géorgie Saakashvili, après le discours de ce dernier au Parlement le 6 octobre dernier. Ce Liberty Act imprime désormais dans la Constitution géorgienne les politiques économiques en faveur de la liberté économique, dont le succès a permis à la Géorgie de se relever économiquement depuis la révolution des roses. Il s’agit, dans une tradition de réelle démocratie libérale, de mettre des limites à l’expansion du pouvoir politique et de poser constitutionnellement des contre-pouvoirs.

Au plan budgétaire, les dépenses ne pourront excéder 30% du PIB, le déficit, 3% du PIB, la dette publique, 60% du PIB à partir de 2012. Le Liberty Act entend aussi consacrer la protection contre la bureaucratie en limitant la croissance de création de licences et permis divers, en interdisant de nouvelles agences de réglementation en plus de celles qui existent déjà, en interdisant le contrôle des prix de quelque sorte (même sur le taux d’intérêt !), en interdisant la propriété publique de banques et autres institutions d’intermédiation financière, en interdisant toute restriction à la convertibilité de devises, en interdisant tout contrôle des capitaux.

Les programmes sociaux ne seront pas fournis directement par l’État, ce qui risquerait de générer une bureaucratie incontrôlable comme dans d’autres pays, mais financés par l’État par le biais chèques et de bons (éducation, couverture médicale…) avec lesquels les citoyens pourront régler leurs fournisseurs. Contrairement à un pays comme le Canada, ou dans une certaine mesure la France, l’État donne ainsi le choix aux citoyens géorgiens, plutôt que leur imposer un système unique, public et coûteux.

Enfin une décision qui fera rêver nombre d’occidentaux : aucun nouvel impôt ou aucune nouvelle augmentation de taux d’impôt ne pourra être décidé autrement que par référendum national.

Autant de garde-fous pour limiter le pouvoir du Leviathan. Voilà de quoi inspirer les hommes politiques du monde entier…

(Il y a un an nous avions interviewé le Premier Ministre géorgien de l'époque, qui expliquait le succès des réformes passées).