En bref...

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Séminaires d’été au Maroc et en Côte d'Ivoire : Le projet UnMondeLibre.org organisera  des séminaires d’été en coopération avec l’Institute for Economic Studies – Europe, M. Koulibaly, président de l'Assemblée nationale ivoirienne et l'Inafecon en Guinée. Ces séminaires s’adressent aux jeunes qui veulent apprendre, échanger, partager sur les thèmes de la liberté. Philosophie, droit, politique, économie, histoire : l’étude de la liberté se décline dans de nombreuses disciplines qui seront approfondies par des spécialistes universitaires venus de pays différents. Le premier séminaire francophone se déroulera à Mehedia au Maroc du 18 au 24 juillet 2009 et le deuxième du 26 au 31 juillet à Abidjan en Côte d’Ivoire. (Le séminaire à Abidjan est organisé avec M. Koulibaly, président de l'Assemblée nationale ivoirienne et l'Inafecon en Guinée). Les inscriptions sont closes désormais.

Fête du soleil - Le 15 avril 2009. Le paradis nord-coréen célèbre aujourd’hui comme il se doit la naissance de son fondateur Kim Il-sung, génial papa de l’actuel Kim Jong-il. C’est la fête : les populations auront droit à des rations supplémentaires de nourriture, elles qui sont habituées aux pénuries et aux famines imposées par le régime-prison de Pyongyang. Elles pourront aussi se recueillir dignement au mausolée du président éternel pour le remercier de l’incomparable liberté et prospérité que leur a fourni le socialisme du Juche depuis soixante ans.

En même temps, suite à la condamnation lundi par l’ONU de son tir de fusée du 5 avril et au renforcement des sanctions onusiennes, Pyongyang se retire depuis hier des négociations sur sa dénucléarisation et expulse les inspecteurs de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique. Sans doute un nouveau coup de bluff pour faire monter les enchères et négocier une nouvelle aide internationale. Il faut assurer les rations alimentaires des heureux nord-coréens…

Une longue route – Le 14 avril 2009. La Chine vient de lancer hier un plan d’action pour les droits de l’homme. Ce plan part du constat que le pays a une « longue route » encore devant lui du point de vue des droits de l’homme. Meilleure protection légale, efforts sur la liberté d’expression, « l’État garantira les droits des citoyens à critiquer, donner leur avis, se plaindre et accuser les organes d’État et les fonctionnaires ». Alors qu’il y a quelques jours Youtube était interdit en Chine, on croît rêver.

Ces libertés négatives sont cependant doublées de droits positifs tel que « le droit à la subsistance et au développement ». Or, ces derniers pourraient représenter une sorte de marchandage sur les premières. On sait d’ailleurs que le président du Parlement a rappelé le mois dernier que la Chine ne se dirigerait jamais vers la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. Mais la Chine a montré sa capacité à s'adapter, elle est pleine de surprises, et les Chinois, qui s'enrichissent de jour en jour, auront rapidement envie de plus de libertés.

 

6,23% de démocratie - Le 10 avril 2009. 6,23 % c’est le pourcentage de députés français présents dans l’hémicycle vers 13 heures hier lors du vote pour l’adoption de la loi Création et Internet dite « Hadopi » entérinant la riposte graduée au téléchargement illégal. 6,23% ce sont 36 députés sur 577. La loi a été rejetée parce que quinze socialistes ont « surgi » au dernier moment selon la majorité, opérant ainsi un « coup politique » selon elle. On ne peut qu’être choqué par de tels propos et par ce taux de présence ridicule.

Comment oser justifier de tels propos ? La démocratie fonctionnerait-elle au bricolage ? « s’ils ne sont que dix présents, nous serons douze » ? De telles infantilités sont indignes du politique. Le « coup politique » permanent que subit la démocratie française c’est surtout que les représentants du peuple se paient trop souvent de sa tête (notamment avec le cumul des mandats, qui peut en partie expliquer un tel absentéisme). On savait que le Parlement ne faisait pas son travail en ne contrôlant pas correctement la dépense publique. Ce vote à l'Assemblée, qui s’est passé dans des conditions ahurissantes, repose la question du fonctionnement de la démocratie dans l’hexagone qui se veut un soi-disant modèle. Faut-il réellement continuer à payer des représentants qui coûtent une coquette somme aux contribuables, pour qu’ils ne fassent par leur travail ?

On peut comprendre que de nombreux députés, notamment de la majorité, aient été gênés par un texte, qui, au prétexte de protéger la création artistique, étend des pouvoirs d'espionage étatique au sein même des foyers et porte atteinte aux libertés des citoyens. Voter cette loi n'est sans doute pas électoralement rentable auprès du grand public, et voter contre permet de se faire une mauvaise réputation auprès du lobby des artistes et des sociétés d'éditions... ainsi que du Président, lorsqu'on est dans la majorité. Mais lorsqu'on est un représentant du peuple, on a signé en quelque sorte pour se prononcer sur tout type de loi et l'on se doit de l'assumer.

A moins que cela ne soit les vacances de Pâques anticipées...

Non – Le 9 avril 2009. La jeunesse de Moldavie a dit « non » au communisme, manifestant contre les résultats – non encore officiels ou définitifs- des élections législatives de dimanche dernier qui donnaient comme vainqueur les communistes. Mardi la capitale Chisinau a été le théâtre d’affrontements entre jeunes et forces de l’ordre. Un mort, des incendies, des dizaines de blessés : la manifestation de 15 000 personnes a tourné à l’émeute. Parlement et présidence ont été occupé, puis évacués. Certains soupçonnent les autorités d’avoir introduit des éléments casseurs pour ensuite crier au terrorisme et museler l’opposition. Il est plus probable que les émeutes aient émergé spontanément par désespoir.

Depuis 2001 le Parti Communiste Moldave est au pouvoir et si les anciennes générations habituées au communisme préfèrent la sécurité qu’il leur confère, les jeunes se tournent vers la liberté. Corruption, pauvreté, absence de véritables opportunités, rapprochement avec la Russie, intimidations d’électeurs ou de candidats durant la campagne (pourtant globalement régulière selon l’OSCE) : autant de motifs qui détournent la jeunesse du parti au pouvoir. Malheureusement lorsqu’un tiers des actifs s’est expatrié vers la liberté, cela ne fait plus le poids. Et quand en plus l’opposition libérale est incapable de se coaliser…

Hier une enquête a été ouverte pour tentative de coup d’Etat. On est pourtant loin d’une révolution orange, la Moldavie étant d’ailleurs encore oubliée de l’occident. En dépit de mains tendues vers l’UE au début des années 2000, le pouvoir a dû finalement céder à la pression de Moscou (via le gaz et un embargo sur des exportations moldaves), qui s’inquiète d’ailleurs officiellement des débordements. La Roumanie est pointée du doigt par le président Vladimir Vorodine, l’ambassadeur est rentré à Bucarest. On devine la bataille du Kremlin pour se réapproprier des anciens satellites dans son orbite. Le parallèle avec l’Ukraine et la Géorgie semble évident. Mais UE comme USA tentent d’améliorer leurs relations avec la Russie, la jeunesse moldave devra donc malheureusement ne compter que sur elle-même.

Algérie : Liberté de la presse ? – Le 8 avril 2009. Alors que jeudi 9 avril les élections présidentielles devraient reconduire sans grande surprise le président Bouteflika à ses fonctions, trois hebdomadaires français ont été interdits en Algérie. Motif : non respect de l’article 26 du code de l’information. Hier l’administration algérienne informait que le dernier numéro de l’Express a été saisi le weekend dernier. Des sources mentionnent aussi Marianne et le Journal du Dimanche.

Les trois hebdomadaires étaient quelque peu critiques du président. A la veille des élections, autant donc les réduire au silence en invoquant l’article 26 selon lequel : « les publications périodiques et spécialisées nationales ou étrangères, quelles que soient leur nature et leur destination, ne doivent comporter ni illustration, ni récit, ni information ou insertion contraires à la morale islamique, aux valeurs nationales, aux droits de l'homme ou faire l'apologie du racisme, du fanatisme et de la trahison ».

« Abattez les grands arbres »… - Le 7 avril 2009. Cela aurait été la phrase qui signalait le début du génocide rwandais, dans la nuit du 6 avril 1994, il y a quinze ans, sur les ondes de la Radio des Milles Collines. Après que l’avion du président rwandais Juvénal Habyarimana, dans lequel voyageait aussi son homologue burundais Cyprien Ntaryamira, a été abattu, les forces génocidaires étaient lâchées, entrainant cent jours d’horreur durant lesquels entre 800 000 et 1 million de rwandais étaient massacrés, en majorité des Tutsis, mais aussi des Hutus voulant les aider et considérés comme traitres au pouvoir Hutu.

Les forces de paix sur place, les français et la Minuar sont, à de rares exceptions, « restées neutres » au milieu de la guerre civile, laissant les massacres génocidaires se perpétrer. Les Etats-Unis sortaient de leur épisode douloureux en Somalie et n’étaient pas enclins à une nouvelle opération de ce type. Au conseil de sécurité des Nations-Unies, le qualificatif de génocide ne fût pas utilisé à temps, de sorte qu’il n’était pas possible d’invoquer la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide pour que les États en faisant partie interviennent. Le « machin » n’a donc pas permis l’horreur, comme souvent.

G20 et paradis fiscaux : ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas… - Le 6 avril 2009. Tout le monde se félicite des « avancées » du G20 en matière d’éradication des paradis fiscaux. Certains se plaignent que l’élan ne soit pas plus énergique. Mais le consensus est là : bientôt il ne sera plus possible de frauder au fisc, la « justice fiscale » sera instaurée, et la démocratie n’en sera que plus forte. Même à gauche on dit bravo M. Sarkozy - puisque c’est lui qui a exercé le plus de pression pour obtenir ces résultats.

Peu de gens malheureusement semblent conscients de ce que cela implique réellement, au-delà des quelques milliards récupérés par le fisc. Cela signifie d’abord que les grands pays peuvent imposer leur loi à d’autres en toute tranquillité. En Afrique, bien sûr, on est déjà habitué à cela, en particulier de la part de la France. Dans le Valais, on l’était moins. Cela pose un tout petit problème moral, sans doute légèrement plus important que celui de la fraude fiscale dans des pays qui étouffent leurs contribuables.

Ensuite, les paradis fiscaux, que cela plaise ou non, représentaient une certaine contrainte à l’appétit fiscal de certains pouvoir publics, la France en tête. Comme les dépenses publiques ne sont en réalité pas contrôlées démocratiquement de l’intérieur, cette absence pression de la « concurrence fiscale » (tant décriée par ailleurs) aura pour effet incitatif que la gestion des deniers publics sera encore plus inefficace dans les pays mal gérés, comme la France encore une fois. Belle avancée de la démocratie et de la justice, à n’en pas douter. Il n’y a qu’à espérer que M. Sarkozy soit aussi efficace à faire respecter la transparence bancaire des autres qu’à imposer la transparence des dépenses publiques chez lui…

Youtube interdit en Chine – Le 24 mars 2009. Depuis hier Youtube est inaccessible à partir de la Chine. Les 300 millions d’internautes n’auront donc plus accès au célèbre site qui propose des vidéos, un véhicule très efficace pour diffuser des informations filmées. Depuis janvier, ce sont des centaines de sites et de blogs qui ont été fermés par les autorités, notamment, on s’en doute, des sites et blogs à l’attention des Tibétains. Raison invoquée : il y a assez d’ouverture de l’internet dans l’Empire du milieu, mais il faut de l’encadrement : propager certaines informations pourrait nuire à la sécurité nationale…

Israël : à droite toute… - Le 23 mars 2009. Après Israël Beitenou, c’est le parti ultra-orthodoxe Shas qui se joint à la coalition de gouvernement de Benyamin Nétanyahou. Aux 27 sièges du Likoud et aux 15 d’Israël Beitenou, les 11 du Shass permettent de se rapprocher d’une majorité à la Knesset (qui compte 120 députés). Cette coalition « à droite toute » n’est au premier abord pas des plus rassurantes pour la paix. Pourtant, paradoxalement, il faut noter qu’Avigdor Lieberman s’est prononcé en faveur d’un Etat palestinien, et que le Shass n’est généralement pas en faveur des colonies sauvages (bien qu’il défende l’idée d’un Grand Israël). Si Nétanyahou de son côté ne veut pas d’un Etat palestinien aujourd’hui, c’est parce qu’il préfère l’idée de favoriser en premier lieu le développement économique des Palestiniens, fondé sur la liberté économique. Il est vrai que seul ce développement permettra de remédier à la misère des palestiniens. On peut critiquer le fait d’oublier un peu vite que la misère des palestiniens est aussi due à leur expulsion il y a trois générations. Pour autant, éviter que la « démocratie clanique » n’étouffe justement ce développement par des luttes fratricides est peut-être la solution la moins pire pour le sort des palestiniens.

G20 : La finance sous surveillance – Le 20 mars 2009. Un exemplaire du document de travail du G20 sur les nouvelles réglementations de la finance est tombé entre les mains de l’agence breakingnews. Quatre points majeurs ressortent de ce document : la détection de bulles sur les marchés, faire éclater les bulles avant qu’elles ne murissent, renforcement du capital et des liquidités des banques, meilleure gestion du risque de la part des banques notamment avec une modification des incitations en termes de rémunération.

Voilà des mesures fort intéressantes, mais qui laissent songeur. Tout d’abord elles pourraient laisser croire que la finance n’était pas surveillée. Or, aux Etats-Unis plus de 12000 personnes travaillaient à la surveillance des marchés. Ensuite, la formation de bulles est très souvent encouragée par les autorités, par le biais de la politique monétaire expansionniste notamment. Ensuite, la « détection » de bulles est une idée intéressante mais elle suppose que les régulateurs aient une sorte de super-connaissance ! Quant à les faire éclater avant…

Si le secteur bancaire est largement irresponsable actuellement c’est avant tout à cause du système de banque centrale à réserves fractionnaires imposé par les autorités publiques. Encadrer les rémunérations ? Peut-être qu’un changement de statut des banques vers des structures en commandite par exemple, dans lesquelles la responsabilité des dirigeants est beaucoup plus engagée, serait une meilleure solution. Enfin, revenir à cette chose totalement démodée qu’on appelle l’étalon-or serait aussi sans doute une bonne manière d’arrêter d’opérer dans le virtuel.

AIG : un scandale prévisible... et prévu - Le 19 mars 2009. Alors que l'assureur américain AIG a reçu 180 milliards de dollars d'aide de la poche du contribuable pour se renflouer, on a appris le weekend dernier que quelques 298 cadres de la société, dont les stratégies ont mené à la déroute du géant, ont été récompensés de leur gestion déplorable avec des bonus supérieurs à 100 000 dollars. 73 ont même récupéré plus de 1 million de dollars. 165 millions de dollars en tout. Evidemment cela figure dans les contrats de ces personnels haut placés. Cependant, sans l'aide du contribuable US ces personnels auraient perdu leur emploi. Mais le scandale ne s'arrête pas là. En effet, le gouverneur de la Fed Ben Bernanke et le secrétaire au Trésor Timothy Geithner étaient apparemment au courant... Après Wall Street en janvier, cet épisode semble confirmer l'hypothèse que nous défendons depuis le début de cette crise dans nos colonnes : sans sanctions responsables de comportements irresponsables le système ne peut pas marcher. 

 

Nous vous invitons à relire des passages de nos analyses à ce sujet.

Le 30 janvier sur les primes de Wall Street :

"En fait comme beaucoup d’économistes l’avaient prédit, le « sauvetage »
de grandes firmes financières ne fait que perpétuer leur
irresponsabilité, dont on voit bien le résultat aujourd’hui. En effet,
comment vérifier où part l’argent déversé dans ces divers plans ?
Quelle est l’incitation à gérer responsablement une entreprise lorsque
l’argent public tombe du ciel à chaque risque de faillite ? Sans doute
perçoit-on ici enfin le risque d’échec de ces plans de sauvetage, qui
ne concurrent qu’à prolonger une crise qui est essentiellement celle de
l’irresponsabilité : irresponsabilité des banques, de la finance, bien
sûr, mais aussi et surtout des autorités monétaires et de
l’administration américaine (le département du logement et l’urbanisme
chapeautait Fannie Mae et Freddie Mac). D’ailleurs la Fed remet le
couvert : après l’échec patent de sa politique d’argent gratuit en
décembre, voilà qu’elle cherche à racheter la dette de l’Etat (en gros
: l’Etat US rachète sa dette)."

A propos du plan "B" de Paulson,le 4 octobre 2008 :

"- Il va récompenser des dirigeants et des sociétés qui ont effectué des choix erronés, au frais du contribuable.
- Alors que la crise est une illustration parfaite des incitations
catastrophiques générées lorsqu’on annonce que les profits seront
privatisés et les pertes mutualisées, le plan consacre définitivement
cette option. C’est bien évidemment un signal encore plus fort pour la
déresponsabilisation
et la prise de risque excessive dans l’avenir. On
répète les erreurs du passé (le Japon dans les années 90 par exemple).
- Ces mécanismes accroîtront inévitablement les processus de décisions
politiques et donc la corruption (comme dans le cas de Fannie Mae et
Freddie Mac."

Banque mondiale : alerte au protectionnisme – Le 18 mars 2009. La Banque Mondiale a publié hier une étude sur la montée du protectionnisme depuis que la crise s’est amplifiée. Alors que les dirigeants des pays du G-20 se sont engagés en novembre dernier à éviter tout mesure protectionniste, l’étude de la BM trouve que plusieurs pays, dont 17 faisant partie du G20, ont mis en place pas moins de 47 mesures protectionnistes. Pour Robert Zoellick, président de la BM, « les dirigeants ne doivent pas entendre le chant des sirènes protectionnistes, que ce la soit pour le commerce international, la relance, ou les sauvetages… L’isolationnisme économique peut mener à une spirale négative d’évènements tels que ceux connus dans les années 1930, qui avait rendu une situation déjà mauvaise bien pire. »

Les augmentations de droits de douanes (Russie, Equateur) concernent un tiers de ces actions protectionnistes. Au delà des droits de douanes ce sont des pratiques consistant à restreindre le nombre de ports et d’aéroport (Indonésie) pouvant accueillir certains produits resserrer les standards (Chine, Inde) ou encore à subventionner certains secteurs (Union européenne) qui sont pointées du doigt. En matière de soutien au secteur automobile, ce sont 48 milliards qui ont été distribués, essentiellement dans les pays riches. Le monde est beaucoup plus interdépendant que dans les années 30. Les producteurs nationaux dépendent de manière cruciale des importations. Le protectionnisme se fait donc en réalité au détriment des nationaux.

La CIA pointée du doigt – Le 17 mars 2009. Alors que l’administration Obama a annoncé en fin de semaine rayer de son vocabulaire la notion d’ « ennemi combattant », elle n’a pas fait évoluer le statut de ces individus détenus sans jugement, sur simple suspicion de participation à des actes terroristes, ce qui pose un problème considérable d’état de droit pour la plus grande démocratie du monde. Le ministère de la justice américain a cependant accepté de se conformer aux lois internationales, et non plus à des règles d’exception pour temps de guerre, et l’Etat US n’aura plus le droit de détenir des personnes « au motif d’un soutien mineur ou non avéré à al-Quaïda et aux talibans ». Par ailleurs depuis deux jours c’est la CIA et ses « prisons » qui est pointée du doigt.

Dans les années 70 l’agence américaine avait déjà connu une crise, mêlée à des scandales divers aux Etats-Unis et à l’étranger. Suite à un rapport accablant – qui ne disait pas tout selon certains commentateurs - il avait fallu « faire le ménage ». Trente ans plus tard, c’est le Comité International de la Croix Rouge (CICR) qui, involontairement, met le feu aux poudres. La New York Review of Books dimanche et le Washington Post a révélé hier que dans un rapport tenu secret de 2007, le CICR dénonce les pratiques inhumaines, cruelles et dégradantes des « prisons » de la CIA. Les traitements usant de brutalité physique et psychologique sont interdits par les conventions de Genève. Le CICR regrette que cette information ait été dévoilée de cette manière au grand public. Des officiels rappellent que le rapport est constitué sur la base de témoignages de détenus et que la CIA n’a pas souhaité faire de commentaire.

Salvador : le risque de retour en arrière ? – Le 16 mars 2009. La majorité des électeurs du Salvador a choisi hier le journaliste de télévision Mauricio Funes, du parti de gauche F.M.L.N. (Front Farabundo Marti de libération nationale) pour prendre les fonctions de président de la république contre Rodrigo Ávila. L’ancien front de libération nationale de la guérilla de gauche était devenu un parti politique en 1992 après douze années de guerre civile ayant causé la mort d’au moins 75 000 personnes. Depuis la fin de la guerre civile la droite était au pouvoir, avec le parti Arena. Après la réconciliation nationale, des réformes structurelles importantes ont été mises en place sous les auspices de la droite, permettant le décollage du pays, même si les inégalités n'ont pas encore eu le temps de disparaître.

A droite la campagne s’est faite sur le thème de l’insécurité : El Salvador est le pays avec la criminalité la plus élevée d'Amérique latine. Ce discours populiste a permis de masquer le ralentissement des réformes et les entorses à l'état de droit. Le F.M.L.N. promet lui un changement de type gauche non marxiste, suivant en cela Lula au Brésil. Il serait heureux que la gauche ne revienne pas sur les réformes de marché qui ont permis au pays de reprendre la voie d’un développement relativement rapide depuis une quinzaine d’années. Cela représenterait un sérieux retour en arrière.

Dépenser toujours plus ? – Le 13 mars 2009 : Alors que se prépare le G20, le fossé semble se creuser entre le monde anglo-saxon et la « vieille Europe » sur la vigueur de la relance. Etats-Unis et Royaume-Uni (mais aussi le Japon et la Chine) défendent l’idée d’une relance plus vigoureuse de la demande, avec, pourquoi pas, selon les Britanniques un seuil minimal des dépenses de relance fixé à 2% du PIB. France et Allemagne seraient trop timides, et se défausseraient sur la refondation des règles financières comme remède à la crise. Et une bonne part des économistes en France par exemple estiment que la relance est insuffisante, qu’elle doit se faire par le soutien de la consommation.

Faut-il déplorer ce manque supposé de relance de la part de la vieille Europe ? En fait, avec des taux de dépense publique de l’ordre de 53% du PIB par exemple pour la France, la relance semble être … permanente. Cette fuite en avant dans le consumérisme et la dépense à tout prix se paie déjà par le creusement des déficits et de l’endettement. Les frais financiers de la dette sont le deuxième poste du budget de l’Etat. Il y a un moment où il faut assainir sa situation, et cela ne passe pas par la dépense inconsidérée, mais au contraire par la reconstitution du patrimoine ; même si cela implique un coût social qui peut être mitigé par les filets de sécurité et surtout par la facilitation de la création de petites entreprises, les baisses d'impôts laissant aux acteurs une plus grande partie de leurs revenus (ce qui implique la baisse de dépenses publiques inutiles - venant de la fausse décentralisation en France par exemple)

USA / Cuba : vers la détente ? – Le 12 mars 2009. Alors que Cuba est sous le coup d’un embargo américain depuis 1962, mardi le Sénat US a voté à Washington un projet de loi tendant à améliorer grandement les relations avec le pays communiste. Les voyages ainsi que l’envoi de fonds seront facilités. Les un million et demi de Cubains habitant chez le voisin américain pourront donc rendre visite plus facilement à leurs familles restées sur l’île. Cuba est un des derniers bastions du communisme tenu depuis 50 ans par les Castro. Alors que les cubains n’ont droit à s’acheter des fours microondes ou des téléphones portables que depuis l’année dernière, le pays a désespérément besoin d’ouverture économique. L’embargo américain (qui est un refus de commercer avec le pays et non pas un blocus, comme on le trouve souvent écrit), a été un prétexte pour le dictateur cubain pendant des décennies pour faire porter le chapeau de la misère cubaine (due en réalité au collectivisme) à « l’ennemi impérialiste ». Cet allégement des restrictions américaines n’est qu’un petit pas, mais gageons que ce geste de Washington suscitera la réciprocité, et que peu à peu, l’ouverture et la liberté s’implanteront à Cuba.

Le FMI, voix de l’Afrique … – Le 11 mars 2008. Le FMI tient depuis hier une conférence à Dar Es Salaam en Tanzanie sur les partenariats nécessaires pour relever les défis de la croissance africaine. En cette période de crise, les partenariats proposés semblent être de nature essentiellement politique. M. Strauss Kahn, Directeur Général de l'institution, a proposé que le FMI double ses crédits, et donc accroisse considérablement ceux en faveur de l’Afrique. Davantage d’aide doit être accordée selon lui aux pays pauvres, surtout lorsque des milliards de dollars ont été donné au système bancaire. Le Directeur Général du FMI s’est dit aussi très favorable à plus de flexibilité dans l’octroi de lignes de crédit. Davantage d’assistance technique sera aussi offerte aux partenaires africains. A cet égard M. Strauss Kahn offert que le FMI devienne « la voix de l’Afrique » auprès du G20.

Il est certain que l’Afrique subit, avec retard, la crise mondiale. La stagnation mondiale a déjà un impact majeur sur les pays africains dont certains commençaient à peine à sortir la tête de l’eau depuis moins d’une décennie. Comme l’a noté le président tanzanien Kikwete, hôte de la conférence, les exportations africaines chutent, et avec elles les prix et les revenus : coton, café, minéraux… c’est aussi le tourisme et les investissements étrangers qui chutent déjà.

Pourtant le diagnostic du président sur les causes et les remèdes à la crise est critiquable. Il fustige en effet les marchés libres qui seraient selon lui à l’origine de la crise. Or, premièrement, les origines politiques de la crise sont totalement éludées (politique monétaire de dopage de l’économie, politique sociale du dopage du refinancement hypothécaire). Pourtant celles-ci sont fondamentales et n’ont rien à voir avec les marchés libres. Deuxièmement, les marchés libres n’ont fait que corriger les excès fondés sur des signaux envoyés par le politique. Bien sûr le secteur de la finance est à critiquer pour son irresponsabilité, mais d'une part il n’a fait que suivre une tendance dictée par une politique – irresponsable - de la virtualité et d'autre part il était soumis à de nombreuses régulations - contrairement à ce qui est suggéré généralement. Enfin, l’Afrique est encore assez mal placée pour parler de marchés libres. En ce qui la concerne c’est plus le manque de marchés libres que le contraire qui est la cause de son retard économique.

En matière de solution, le président Kikwete se joint au Directeur Général du FMI pour d’une part réclamer plus d’aide et d’autre part plus de « surveillance », que le FMI pourrait opportunément prendre en charge.

On peut fustiger l'« égoïsme »des pays du Nord, indiquer que les 25 milliards que réclame DSK représentent la moitié des détournements de M. Madoff ou de l'aide annuelle promise par les pays riches, qu'ils ne sont rien à côté des sommes astronomiques affectées au sauvetage du système financier. Pourtant derrière le côté humaniste de la demande, il faut rester sur ses gardes, car tous ces programmes sont fort intéressants… pour beaucoup de bureaucrates.

En effet, renforcer le FMI, lui donner plus de moyens de surveillance et d’action, augmenter l’aide qu’il peut distribuer, donc augmenter ses pouvoirs et ses revenus : quel bureaucrate du FMI serait contre ? Quel autocrate africain serait contre ? Le FMI se fait la voix de l'Afrique, et les dirigeants africains se font la voix du FMI... Le business de l’aide, aux deux bouts de la chaine, se frotte les mains. La crise et les « méchants marchés » lui donnent l’opportunité de prospérer en se servant de la très possible catastrophe humanitaire. A savoir si l’aide profitera effectivement et efficacement aux africains qui vivent dans la misère, c’est une autre question : un demi-siècle d’industrie de l’aide s’est avéré jusqu'ici très contre-productif.

Il faut aider nos frères d'Afrique dans l'urgence, pour les tirer de leur malheur aggravé par la crise "des riches", mais en tâchant - enfin - que l'industrie de l'aide n'aide justement pas à perpétuer des sytèmes qui les enfonce encore plus dans la dépendance et la pauvreté.

Gabon : revoir « en profondeur les accords de coopération avec la France » – Le 10 mars 2008. Après que la justice française a demandé la mise sous séquestre de comptes bancaires du président gabonais Omar Bongo en France, le pays pétrolier africain a réagi. Les accords de coopération avec la France seront revus en profondeur selon un communiqué du Parti démocratique gabonais. La presse gabonaise non plus n’a pas été tendre à l’égard des « juges de province » français. Certains médias interprètent les décisions française de « laisser faire » la justice comme un avertissement au Congo : ne pas trop s’ouvrir au concurrent chinois.

L’homme fort du Gabon a vu fin février vu certains de ses comptes bancaires français saisis par la justice, après une décision de la cour d’appel de Bordeaux en septembre 2008. L’autocrate gabonais, un des piliers du système françafrique, avait alors été condamné à verser près d’un demi million d’euros au fils de M. Cardona, un entrepreneur français. Cet homme avait du en effet, pour faire libérer son père emprisonné à Libreville, lui-même verser la dite somme en 1996 à… M. Bongo. Ce dernier refuse d’obtempérer après la décision de la cour d’appel. Et la somme a doublé avec les intérêts de retard.

Sans paradis fiscal, ne reste-t-il plus que l’enfer ?… - Le 9 mars 2009. Les grands pays tels que les Etats-Unis, la France, et l’Allemagne entendent mettre la pression sur les pays tels que la Suisse, le Luxembourg ou l’Autriche, avant sommet du G20, pour que ceux-ci se conforment à la volonté des premiers en matière de transparence bancaire. Le secret bancaire permet en effet à de nombreux contribuables de délocaliser leurs revenus pour les protéger de l’appétit du fisc de leur pays. Les pays incriminés ne l’entendent pas de cette oreille et ont mis en place une stratégie de contre-attaque face à ce que le ministère des finances suisse à jugé être « d’inacceptables procédés unilatéraux ». Dans le cas UBS, la Suisse doit-elle effectivement renier ses propres lois pour le bon vouloir du fisc américain ? Sur quelle base ? La loi du plus fort ?

Derrière ces faits d’actualité se joue une partie de l’avenir d’un monde plus libre. Les commentateurs sont prompts à fustiger les pratiques bancaires suisses, mais oublient un peu vite la voracité de pays tels que la France en termes de prélèvements. Si les pays accusateurs étaient des exemples de gestion des deniers publics, l’affaire pourrait se comprendre. Mais c’est loin d’être le cas. Il est alors très difficle pour un pays comme la France de se draper dans le manteau blanc de la morale. Si l'argent public était mieux géré sans doute y-aurait-il moins de dépenses, moins d'impôts et donc moins d'évasion et de fraude fiscales en France. Tenter d'anesthésier ses concurrents pour masquer ses propres faiblesses a toujours tenu de la tricherie.

La « gouvernance mondiale » en matière de fiscalité aura tôt fait de mettre au pas les citoyens du monde entier. Et si la politique fiscale devient une oppression généralisée ? Où trouver refuge ? Alors que, à la faveur de la crise, les grands Etats se tournent de plus en plus vers le contrôle économique et l’autoritarisme, poser ce type de question ne tient pas du tout de la paranoïa. Il s’agit d’un problème civilisationnel très grave. Il est donc vital que des îlots de liberté soient préservés.

1,5 % - Le 6 mars 2009 – 1,5%, c’est la contraction de l’économie de la zone euro au dernier trimestre 2008, dévoilée hier par Eurostat. Coïncidence : c’est aussi la contraction du PIB de l’Union européenne sur la même période. Et c’est aussi la prévision de contraction du PIB français en 2009 envisagée par le projet de loi de finances rectificative (PLFR) en France.

Le PLFR a envisagé aussi 350 000 emplois détruits dans le secteur marchand non agricole, un déficit budgétaire de 103,8 milliards d’euros, soit 5,6% du PIB (soit près du double du déficit maximal imposé par le Pacte de stabilité européen) et un accroissement de la dette (73,9% du PIB contre 60% imposés par le Pacte de stabilité). Ces niveaux posent évidemment la question du coût de l’endettement. Lorsqu’on sait que les frais financiers de la dette se disputent la deuxième place dans le budget de l’Etat avec la défense, l’impact de la dette est de plus en plus sérieux pour la fiscalité. Par ailleurs cet emprunteur de poids qu’est l’Etat français peut faire monter les taux d’intérêts à long terme. Enfin, c’est aussi la facilité de la France à emprunter qui peut être mise peu à peu à mal : alors que l’Irlande, l’Espagne, la Grèce et le Portugal ont vu leur note rétrogradée par les agences de notation, il n’est pas évident que la France garde son AAA.

1,5% c’est enfin, aussi le nouveau niveau du taux d’intérêt directeur de la BCE (Banque Centrale Européenne) annoncé aussi hier. Il était encore à 4,25% en octobre. La Banque d’Angleterre a également abaissé son taux directeur hier pour l’établir à 0,50%. Malgré ces annonces les bourses ont chuté hier. Ces à-coups dans la politique monétaire, s’ils cherchent à rendre l’argent moins cher pour favoriser l’investissement et la consommation, et ainsi faire « repartir » l’activité, n’en sont pas moins des signaux de pessimisme qui ne rassurent pas les marchés. Ils sont aussi un bon moyen de créer des nouvelles bulles spéculatives, comme ce qui a été le cas à l’origine de la crise actuelle.

FMI : aider les pays pauvres face à la crise – Le 5 mars 2009. Le FMI entend agir contre la crise qui affecterait aujourd’hui une troisième vague de pays après les pays riches et les pays émergents : les pays pauvres, extrêmement vulnérables. La crise pourrait grandement ralentir la croissance économique que ces pays ont connue. M. Strauss-Kahn, directeur général de l’institution internationale a appelé les bailleurs à ne pas relâcher leur aide et à même l’intensifier. 25 milliards dans le meilleur des cas seront nécessaires cette année selon une étude du FMI pour les pays pauvres les plus atteints par la crise. Mai les besoins pourraient se monter à 140 milliards dans le scénario le pire.

Si l’urgence pour éviter un crise humanitaire est amplement justifiée, il faudra aussi que cet accroissement d’aide ne donne pas lieu à des détournements et des gaspillages comme c’est généralement le cas. Cela impliquerait une meilleure transparence des processus d’aide. De même, une plus grande souplesse dans l’octroi de prêt pourrait se révéler à moyen terme une mauvaise solution pour les populations si leurs dirigeants, à leur habitude, ne gèrent pas correctement cet afflux de crédits, ce qui pourrait déboucher sur de nouveaux endettements étouffants. Il ne faudrait donc pas que la crise soit un prétexte pour d'une part perfuser les pays pauvres sans réformes structurelles intelligentes et bénéfiques, et pour d'autre part que des bureaucraties d'un côté comme de l'autre de la chaîne de l'aide en profitent pour prospérer. Ce serait une insulte aux contribuables qui paient en dernier ressort l'aide, mais surtout à ceux qui sont censés la recevoir.

CPI : mandat d’arrêt contre Omar al-Bachir - Le 4 mars 2009. C’est un première pour la Cour Pénale Internationale : elle vient de demander l’arrestation d’un chef d’Etat en exercice, en l’occurrence le président soudanais Omar al-Bachir. Le dirigeant islamiste est désormais recherché pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Darfour.
Depuis 2003 au Darfour, 35 000 civils auraient été tués par l’armée, 100 000 morts de maladie et de faim du fait des conditions dans les camps car plus de 2,5 millions de personnes ont été déplacées. L’homme qui tient Khartoum depuis 20 ans n’a jamais reconnu la CPI et rejette sa décision. L’Union africaine a critiqué la décision de la CPI estimant qu’elle pouvait mettre à mal la paix fragile au Soudan.

Bob’s B-day - Le 3 mars 2009. Alors que sa population subit les affres de sa dictature le président Robert Mugabe a pu se payer le luxe d’une birthday party pour ses 85 ans avec un gâteau d’anniversaire de … 85 kilos. Pas de « retour en arrière » en matière de réforme foncière, en dépit d’une décision arbitrale au niveau de la SADC en faveur de fermiers qui avaient été dépossédés de leurs terres. Une décision « insensée »… selon le « vieux Bob ». Les pauvres zimbabwéens ne sont peut-être pas prêts de retrouver leur liberté, leur président ayant déclaré « je reste aux commandes et détiens le pouvoir exécutif, donc rien n'a changé »…

Venezuela : l’armée prend le contrôle du riz – Le 2 mars 2009. Samedi Hugo Chavez a « donné l’ordre que le gouvernement révolutionnaire intervienne immédiatement dans tous les secteurs de l’industrie agro-alimentaire ». L’armée a donc été envoyée chez Grupo Polar, principal acteur de la filière pour y accroître la production de riz. Chavez menace de nationaliser si les producteurs ne produisent pas assez selon lui. Malheureusement on sait ce que donne ce genre de politiques. Décréter des prix, décréter ce que doit être la production, suppose que le dictateur a la science infuse. Et la nationalisation permet généralement de faire décliner les standards de productivité et de production. Si M. Chavez peut désormais être président à vie pour mener à bien des réformes de ce type, les vénézuéliens ont du souci à se faire.

Droits de l’homme : Le rapport du Département d’Etat US dérange – Le 27 février 2009. Le dernier rapport du Département d’Etat américain sur la situation des droits de l’homme dans le monde(en dehors des Etats-Unis) a suscité un tollé notamment en Chine et au Vénézuela, deux pays pointés du doigt dans le rapport pour leur mauvaises performances en la matière. La Chine, que la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton a quittée en début de semaine, reproche au rapport d’être irresponsable, d’ignorer et de déformer les faits, et de ne pas traiter des entorses aux droits de l’homme aux Etats-Unis. Elle a elle-même produit un contre-rapport sur la situation des droits de l’homme aux Etats-Unis. Le président vénézuélien Hugo Chavez a indiqué ne plus avoir de grands espoirs en M. Obama, dont l’administration serait selon lui toujours aussi impérialiste. Les démocraties populaires n’aiment généralement pas qu’on leur rappelle leur passif en termes de droits de l’homme. Mais à vrai dire, les démocraties non plus…

Bongo blues ? – Le 26 février 2009. La justice française commencerait-elle à pouvoir faire son travail à l’égard de certains autocrates africains ? L’homme fort du Gabon, le président Omar Bongo, a vu certains de ses comptes bancaires français saisis par la justice, après une décision de la cour d’appel de Bordeaux en septembre 2008. L’autocrate gabonais, un des piliers du système françafrique, avait alors été condamné à verser près d’un demi million d’euros au fils de M. Cardona, un entrepreneur français. Cet homme avait du en effet, pour faire libérer son père emprisonné à Libreville, lui-même verser la dite somme en 1996 à… M. Bongo. Ce dernier refuse d’obtempérer après la décision de la cour d’appel. Et la somme a doublé avec les intérêts de retard. Si cette affaire est somme toute mineure eu égard à ce que l’on peut reprocher au népote Bongo et à sa famille en termes d’utilisation quelque peu spéciale de l’argent public, elle a le mérite de montrer qu’il n’y a plus d’impunité en France pour les autocrates « amis de la France ». Peut-être un pas vers la fin de la Françafrique ?

Algérie : sus aux IDE ? – Le 25 février 2009. A partir du 1er mars, les nouvelles sociétés d’importations étrangères sur le sol algérien devront faire entrer des investisseurs algériens à hauteur de 30 % minimum. Les sociétés déjà en activité ont jusqu’au 30 septembre prochain pour faire le nécessaire et respecter la législation. Alger poursuit donc dans la voie populiste lancée l’été dernier, consistant à pénaliser l’investissement étranger. L’argument brandi est qu’en dépit des efforts pour attirer l’investissement étranger depuis une dizaine d’année par le biais d’exonérations diverses, les effets ont été décevants.

Il y a fort à parier que les élections prochaines ont motivé ce choix qui semble viser la protection de certains groupes de pression d’importateurs locaux. En effet, la manœuvre est non seulement maladroite au vu des accords internationaux que l’Algérie a passé, mais elle est aussi contreproductive. Elle donnera d’autant moins la possibilité à des investisseurs de venir travailler en Algérie. Les partisans de ce genre de législation oublient que si les mesures diverses pour attirer l’IDE n’ont pas donné de miracle, c’est surtout parce que l’environnement des affaires n’est pas propice en Algérie. Les exonérations peuvent attirer quelques investisseurs mais ce n’est pas essentiel : c’est la sécurité et la stabilité juridiques qui sont un facteur déterminant pour l’investissement étranger. Autant dire que, au delà du coût que représente la mesure pour les investisseurs étrangers, l’incertitude juridique en Algérie sera encore accrue par ce type de changement institutionnel imprévisible.

Encore un peu plus d’incertitude … – Le 24 février 2009. En dépit de toutes les annonces de sauvetage de l’économie américaine, le Dow Jones est retombé hier à son plus bas niveau depuis douze ans. En fait la crise est issue d’une prise de conscience – quasiment simultanée - par des milliers et des milliers d’acteurs des marchés, qu’ils avaient commis des erreurs. Pour que les « affaires repartent » sur une base saine, la condition nécessaire est que l’environnement institutionnel soit relativement stable. L’investissement déteste en effet l’incertitude. A cet égard, les nouvelles politiques publiques mises en place à la hâte pour faire face à la crise peuvent avoir un effet contre-productif.

Elles génèrent en effet des incertitudes nouvelles. Sur les taux d’intérêts voire les taux de change, sur les subventions publiques et les possibles nouveaux « plans de sauvetages » qu’on annonce chaque semaine, sur de nouvelles réglementations sur tel ou tel marché ou sur de possibles nationalisations, sur les mesures annoncées puis les retours en arrière. Les plans de relance en particulier sont souvent, comme aux Etats-Unis, quelque peu flous, entrainant l’attente et l’anxiété des investisseurs.

Les mouvements erratiques de la politique publique envoient des signaux d’incertitude et produisent des incitations à l’attentisme ou, pire, au lobbying de certains pour s’attirer les faveurs de la bureaucratie. Comme les résultats escomptés n'arrivent pas, on accroît encore les interventions, avec  d'autant plus d'effets pervers. Ce nouveau type d’incertitude est bien la dernière chose dont l’économie a besoin pour s’assainir et se redresser.

Non-coopératifs – Le 23 février 2009. L’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l’Italie, l’Espagne et les Pays-Bas se sont réunis à Berlin pour préparer une position commune avant la réunion du G20 début avril à Londres. Réformer le capitalisme passe selon les dirigeants européens par une mise au pli des « juridictions non-coopératives » en matière de régulation financières. Liechtenstein, Suisse et consorts n’ont qu’à bien se tenir. Le Président français Sarkozy décidément de plus en plus conservateur, s’est montré particulièrement offensif sur la question. Une liste va être établie des « non-coopératifs » d’ici une semaine. On peut comprendre l’effort tendant à réduire la marge de manœuvre pour des fraudeurs potentiels, attirés par les facilités des jurisdictions « non-coopératives ».

Pourtant derrière cette question se cache une problématique beaucoup plus importante qui est celle de l’uniformisation des pratiques selon le bon vouloir des Européens, de leurs réglementations, et de leurs technocrates. Le fait qu’il y ait une concurrence institutionnelle entre juridictions n’est-elle pas aussi une bonne chose ? N’est-elle pas une garantie de liberté en cas d’oppression économique ? Lorsque des Etats comme la France sont notoirement mal gérés, la pression concurrentielle n’est-elle pas une incitation à mieux faire justement, à rendre plus responsables et redevables les gestionnaires de l'argent public ? Un système monolithique garantit-il la stabilité ? Si des décisions mauvaises sont imposées à tout le monde est-ce un progrès ?

 

Autant de questions que le nouveau conservatisme issu de cette crise mal comprise (qui est d’ailleurs peut-être plus une crise de l’interventionnisme que de la déréglementation), ne semble pas vouloir se poser. Politiques et technocrates s’unissent pour imposer leur centralisme, ce qui n’est pas une si bonne nouvelle. Peut-être d'ailleurs même que la crise financière ne sert que d'utile prétexte à une volonté, qui ne date pas d'hier, d'imposer une uniformisation sur le modèle « harmonisé » européen.

Corée du Nord : Le bluff ? – Le 20 février 2009. Hillary Clinton s’est rendue dans la péninsule coréenne pour annoncer, de Corée du Sud, une nouvelle stratégie avec Pyongyang, qui doit selon la Secrétaire d’Etat américaine cesser ses provocations et arrêter le refus du dialogue. Mme Clinton note qu’après les problèmes de santé du dictateur nord-coréen Kim Jong-il l’été dernier, la succession, même si elle se passe sans problème, pourra complexifier la donne. Madame Clinton dénonce toujours, à très juste titre, la « tyrannie de la pauvreté en République Démocratie de Corée » et rappelle que les droits de l’homme y sont aussi un problème crucial. Elle envisage de passer par la Chine pour tenter d’ouvrir des négociations.

De son côté, le « Cher Guide » a dénoncé, avant l’arrivée de Mme. Clinton chez ses concurrents du Sud, les « provocations des USA et de la Corée du Sud », les deux pays ayant planifié des exercices militaires conjoints. Pyongyang dit être prêt à une « confrontation à grande échelle » pour faire payer à ses deux ennemis le « prix fort ». Dans un contexte de plus en plus difficile il y a fort à parier que la Corée du Nord joue la rhétorique de l'escalade pour mieux négocier une aide économique, dernier espoir pour nourrir une population affamée par un des derniers bastion du paradis communiste sur terre. Le nucléaire devient donc un objet de chantage pour un régime à bout de souffle économiquement mais toujours répressif.

Afghanistan : le redéploiement – Le 19 février 2009. Il l’avait promis : Barack Obama a annoncé hier l'envoi de 17000 soldats américains en renfort en Afghanistan, essentiellement un redéploiement de troupes affectées en Irak. Les forces de l’OTAN comptent 70000 hommes sur places, dont 38000 américains. La situation s’est en effet détériorée en 2008, avec 40 % de civils afghans tués en plus (attribuables pour près de 40% aux forces alliées). M. Obama indiqué son scepticisme sur la solution du tout militaire pour résoudre le problème de l’extrémisme. Diplomatie et développement sont les deux autres instruments de pacification et de réduction de l’extrémisme. M. Obama a par ailleurs insisté sur son approche de dialogue avec des pays partenaires pour tenter de trouver une solution au problème taliban.

Antilles françaises : au cœur du malaise – Le 18 février 2008. Alors que M. Jego, Secrétaire d’Etat à l’Outre-mer annonce la possibilité d’un accord salarial en Guadeloupe avant la fin de la semaine, la tension montait dans les Antilles, notamment après la mort d’un syndicaliste tué par balle sur des barricades par un jeune la nuit dernière. Après cinq semaines de grèves, les revendications sur la hausse des salaires se font plus pressantes. D’où vient le malaise des antillais ?

C’est essentiellement l’étau des salaires qui est la cause du malaise. Mais derrière cette cause apparente s’en cachent plusieurs autres. Car cet étau est en réalité double, dans le sens que les salaires sont à la fois trop bas mais aussi… trop hauts.

Les salaires sont, de manière parfaitement compréhensible, perçus comme trop bas par les populations salariées car ils ne permettent pas de faire face à « la vie chère » dans les DOM. D’où vient cette vie chère ? Il y a effectivement beaucoup de produits et denrées qui doivent transiter par cargo, ce qui renchérit leur coût. Mais il y a aussi, de manière plus essentielle, un manque d’ouverture économique. D’abord avec les pays de la région. Mais aussi, et les deux se rejoignent, au niveau interne, du point de vue de la concurrence : le pouvoir économique et la propriété agricole sur l’île de Martinique sont par exemple essentiellement entre les mains des descendants des colons blancs, anciens esclavagistes, les « Béké », une classe à part qui a su conserver ce qu’elle appelle sa « pureté ». Ainsi les enseignes de supermarché mais aussi la société de raffinage profiteraient d’une situation de quasi-monopole pour fixer leurs prix. Cet état de fait a été dénoncé par un rapport d’information de l’Assemblé nationale.

Comme dans beaucoup de régions cependant, les salaires sont aussi trop hauts par rapport au degré de développement économique régional. Avec un PIB par tête de 60% de celui de la métropole, il est difficile dans le secteur privé de maintenir des niveaux de salaires, par le biais de la mécanique du salaire minimum, alignés sur ceux de la métropole. Les salaires doivent en toute logique refléter le degré de productivité qui dépend en grande partie du degré de complexité ou développement économique. Avec des salaires aussi hauts, déconnectés des réalités de productivité, on empêche des entreprises privées d’émerger et d’embaucher. D’où le chômage massif, avec des niveaux trois supérieurs à la métropole. Le développement des DOM est en fait en trompe-l’œil, essentiellement tiré par un secteur public imposant. Avec des économies sous perfusion, dépendantes de la métropole, le développement n’est effectivement pas « endogène » ou « autonome ».

Il faudra reposer les bases d’une société libre dans les DOM, seul moyen pour éviter leur implosion.

Rouge sang – Le 17 février 2008. Le procès de l’ancien dirigeant khmer rouge Kaing Guek Eav, surnommé Douch, s’ouvre aujourd’hui à Phnom Penh. Crimes de guerre, tortures, homicide, autant de chefs d’accusations pour cette ancien bourreau communiste qui « demande pardon » à ses victimes et à leur familles. A la tête du camp S-21, il serait responsable de la torture et de l’extermination de 14000 cambodgiens.

Le régime khmer rouge arrivé au pouvoir en 1975 a imposé un système de communisme pur, dans lequel propriété privée et signes supposés du « capitalisme » ont été éradiqués par la force. Les intellectuels, soupçonnés de vouloir contrer la révolution par leur esprit critique, ont particulièrement subi la violence barbare des khmers rouges. Ces derniers cherchaient à instaurer une société nouvelle, essentiellement de paysans, esclaves de l’autorité du guide Pol Pot. Leur instrument a été le génocide.

Alors que 1,7 millions de supposés « ennemis de la révolution » ont été sauvagement exterminés par le régime entre 1975 et 1979, ce n’est que cette année, 30 ans plus tard, que les manuels d’histoire cambodgiens intègrent enfin des développements sur ce passé douloureux.

Venezuela : la révolution qui va durer – Le 16 février 2009. Plus de 54% d’électeurs ont dit « Si » hier à Hugo Chavez au Venezuela, c'est à dire « Oui » à la possibilité pour lui de se représenter aux élections autant de fois qu’il l’entendait. Le verrou constitutionnel empêchant à un président de faire plus de deux mandats a donc sauté. Cette interdiction est pourtant importante pour la démocratie parce qu’elle permet justement d’empêcher la dérive autocratique et garantit la possibilité de l'alternance. Visiblement, une majorité de vénézuéliens n’a pas saisi les véritables enjeux de ce référendum. En décembre 2007 ils avaient pourtant voté contre une réforme constitutionnelle de type socialiste qui intégrait la disposition approuvée hier. Il faut dire que le pouvoir a mis le paquet en termes de publicité. Les opposants ont eu le sentiment d’un combat inégal.

Le président Chavez a indiqué que c’était là une victoire du peuple, et que cela lui permettrait d’avoir le temps d’approfondir sa révolution bolivarienne. Une révolution qui va donc durer… En fait, si la révolution était véritablement démocratique, il n’y aurait nul besoin pour un dirigeant d’avoir la possibilité de se représenter à vie. Il n’y a en effet aucun lien logique entre la présidence à vie et une « révolution démocratique » qui doit être indépendante d’un homme si elle incarne réellement une vision démocratique. Bien au contraire, l’histoire a montré que les révolutions, de droite comme de gauche, ont souvent été un moyen pour un seul homme de s’accaparer le pouvoir au nom du peuple. D’ailleurs Fidel Castro a félicité son camarade leader de la révolution bolivarienne. Comme souvent le combat pour le peuple finira contre peuple. Beaucoup de vénézuéliens ne sont pas dupes.

Algérie : Bouteflika vers un troisième mandat – Le 13 février 2009. Hier le Président Abdelaziz Bouteflika a annoncé qu'il briguerait un troisième mandat aux élections du 9 avril prochain. L'opposition n'entend même plus se présenter. Gauche, islamistes : la plupart des partis à l'exception du front national algérien, n'engageront pas la bataille qu'il savent perdue d'avance. Saïd Saadi du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie avait déjà déclaré il y a un mois ne pas vouloir participer à ce « pitoyable et dangereux cirque ». La voie libre pour « Boutef » signifiera sans nul doute un verrouillage toujours plus efficace de la société algérienne par le régime, ce qui continuera d'offrir un terreau favorable au renforcement des mouvements islamistes extrêmes. Il faut noter par ailleurs que le bilan de M. Bouteflika n’est pas véritablement honorable. Et la limitation des mandats était justement faite pour éviter la tentation du despotisme et pour se débarrasser des dirigeants incompétents. Il se murmure que M. Bouteflika préparerait le terrain pour son frère Saïd, comme Fidel Castro l’a fait pour son frère Raùl. Avec Moubarak en Egypte ou Kadhafi en Libye, il y aurait donc bien une tendance en Afrique du Nord à des transmissions de pouvoir intra-familliales…

Israël-Palestine : quel futur ? – Le 12 février 2008. En Israël le mode de scrutin pose des problèmes de formation de gouvernement cohérent. La tradition veut que ce soit le président qui choisisse le premier ministre issu des élections. Mais il peut aussi le choisir selon sa capacité à former un gouvernement. Cette double possibilité génère donc un dilemme aujourd’hui. En effet, si Kadima, le parti de Tzipi Livni est arrivé en tête des élections israéliennes mardi, Benyamin Netanyahou arrive deuxième avec quelques petits 30000 votes de retard. Il se trouve que le Likoud, parti de ce dernier, a en fait plus de chances de pouvoir former un gouvernement que Kadima. A moins que, chose surprenante pour ses électeurs de gauche, le parti centriste aille négocier une coalition avec Israël Beitenou, parti d’extrême droite d’Avigdor Lieberman, grand vainqueur de ces élections qui arrive en troisième place. Ces élections auront un impact sur le processus de paix.

Même si Israël Beitenou accepte l’idée d’un Etat palestinien, il ne cache pas ses élans très nationalistes et on peut se poser la question de quel Etat palestinien l’on parle. Par ailleurs Mme Livni, si elle accepte l’idée d’un Etat palestinien, n’a pas véritablement réussi à négocier les conditions de sa formation depuis qu’elle est au gouvernement. Si M. Netanyahou formait un gouvernement les choses seraient même plus claires : il est hostile à la formation aujourd’hui d’un Etat palestinien ainsi qu’au démantèlement des colonies sauvages. Dans tous les cas le processus de paix pourrait en pâtir. Il est vrai que M. Natanyahou propose en même temps une « paix économique » fondée sur la mise en place de la liberté économique dans les territoires palestinien, ce qui est une très bonne idée. Mais cela ne contentera certainement pas les palestiniens, d’autant que M. Natanyahou se coaliserait vraisemblablement avec la droite dure.

Beaucoup lorgnent du côté de Washington pour raviver un processus de paix qui paraît plus que jamais fragilisé.

Iran : 30 ans de révolution islamique – Le 11 février 2009. Hier des manifestations célébraient à Téhéran les trente ans de la révolution islamique qui renversait le Shah d’Iran en 1979. Si le régime du Shah était autoritaire, la révolution des Ayatollahs n’a pas apporté la liberté et la démocratie qu’elle promettait aux iraniens. Ces derniers vivent toujours sous une chape de plomb, les libertés sont restreintes, notamment pour les femmes. On lapide encore en Iran… La liberté économique est aussi étouffée, les activités étant contrôlées en majeure partie par les Pasdarans. Si l’Etat chiite est une puissance régionale, le pays dépend de ses exportations de pétrole (80%) et de gaz, et son tissu économique est assez peu diversifié.
Depuis que le président conservateur Ahmadinejad est au pouvoir, la situation des libertés s’est détériorée. Mohammad Khatami, ancien président à tendance plutôt réformatrice de 1997 à 2005, se présentera aux prochaines élections du 12 juin. Sa candidature semble être une bonne chose. D’autant que les Etats-Unis, qui donnent tout de même le la en occident, se disent prêts à une ouverture. Le peuple iranien ne pourra qu’y gagner.

Madagascar : sanglant combat des chefs – le 10 février 2009. Une manifestation de protestation initiée par l’ex-maire d’Antananarivo, Andry Rajoelina a fini samedi devant les grilles du palais présidentiel dans un bain de sang. La garde présidentielle a tiré à vue sur des manifestants, faisant 28 morts et plus de 200 blessés. La ministre de la défense Cécile Manorohanta a démissionné. Hier c’était le l’émissaire de l’ONU Haïle Menkerios qui se rendait à Madagascar en visite au président d’une part et au maire contestataire d’autre part, leur demandant de trouver une issue "pacifique et démocratique à la crise". L’union africaine envoie aujourd’hui Amara Essy, ancien ministre ivoirien des affaires étrangères et la France, membre de la commission de l’océan indien, dépêchera demain, le secrétaire d’Etat à la coopération, Alain Joyandet.

Depuis décembre la tension montait à Madagascar entre le président Marc Ravalomanana et le maire de la capitale Antananarivo, Andry Rajoelina, destitué(officiellement pour mauvaise gestion de sa commune) le 3 février par le président pour avoir voulu prendre sa place le 31 janvier en s’autoproclamant dirigeant de l’île. Des grèves et manifestations ont eu lieu fin janvier, entraînant une crise politique sévère dans le pays. Le jeune maire reprochait au président son autoritarisme et sa main mise sur l’économie du pays, responsable selon lui de la misère malgache. Certains malgaches, s’ils partagent ce point de vue, n’excluent pas que le M. Rajoelina n’utilise la détresse populaire pour mieux prendre le pouvoir. Il est vrai que s’il a conseillé au peuple de marcher sur le palais samedi, il n’était pas dans les rangs des manifestants. Comme souvent le "combat des chefs" a fait couler le sang - mais pas le leur.

Dialogue – Le 9 février 2009. Le vice président des Etats-Unis Joe Biden s’est exprimé ce weekend à Munich pour la première fois en Europe. « Nous allons pratiquer le dialogue. Nous allons écouter. Nous allons consulter. L’Amérique a besoin du reste du monde comme le reste du monde a besoin de l’Amérique » a déclaré le vice président. Ouverture vers l’Iran mais avec fermeté à l’égard de son programme nucléaire, fixation d’objectifs « clairs et réalisables » en Afghanistan, impliquant le Pakistan, main tendue à la Russie, demande de coopération avec d’autres pays sur le sort des prisonniers de Guantanmo : c’est sans doute la fin de l’unilatéralisme, mais pas la fin du leadership américain. Peut-être même son renouveau. Alliant fermeté et dialogue, l’Amérique pourra certainement ramener à elle une bonne partie de ceux que l’unilatéralisme parfois violent avait fait fuir. Son message de valeurs, de droits de l’homme, de liberté et de démocratie sera sans nul doute plus cohérent et donc plus lisible à travers le monde s’il ne tente pas d’emblée de s’imposer par la force.

Dette française : dérapage incontrôlé ? – Le 6 février 2009. La Cour des comptes de la République française vient de présenter son rapport annuel mercredi. Un des points noirs de ce rapport concerne l’endettement public français. Alors qu’il était de 64% du PIB fin 2007, il pourrait s’envoler vers les 85% en 2012 selon la Cour. Fin 2008 ce sont 1300 milliards d’€, soit 50.000 € de dette publique que portait virtuellement sur ses épaules chaque actif occupé (contre 47.000 un an plus tôt). Le paiement des intérêts de la dette représente le deuxième poste du budget de l’Etat. L’aggravation de la situation financière du pays est donc de plus en plus problématique.

Entre 1992 et 2007 la dette de l’Etat est passée de 40% à 64%, soit 500 milliards en plus et… 20 milliards de charges d’intérêt annuelles supplémentaires. La Cour s’inquiète à juste titre des effets de la crise et des mesures de relance sur l’endettement. L’Etat a en effet beaucoup moins de marge de manœuvre que lors de la crise de 1993. D’autant qu’à l’époque la récession s’était traduite par une contraction de l’activité de 1% en France. Aujourd’hui les prévisionnistes de la Commission européenne tablent sur -1,8%. La Cour juge donc que les mesures de relance vont avoir un effet «un effet massif et durable sur la dette » et qu’en outre, il n’est « pas assuré que ces mesures restent toutes temporaires ».Le gouvernement français avait prévu de contenir la croissance des dépenses à 1% en volume par an, ce qui aurait supposé des économies à hauteur de 50 milliards d’€ d’ici à 2012. Problème : les mesures décidées à ce jour par le gouvernement permettront à peine 6 milliards d’économie à cet horizon. Et le rapport de préciser « la France n’a pas su profiter des phases de croissance soutenue pour rééquilibrer ses comptes publics ».

La France n’est peut-être pas loin de la faillite…

Tanzanie : la chasse aux albinos – Le 5 février 2009. C’est reclus dans la peur que vivent les quelque 170 000 albinos de Tanzanie. Parce que leurs organes et leur sang ont des soi-disant propriétés magiques (permettant de trouver des diamants ou de faire des pêches miraculeuses par exemple) les albinos sont pourchassés. Comme au Burundi, les mythes de la sorcellerie font visiblement les affaires de certains « chasseurs », et les organes d’albinos s’échangent à prix d’or. 43 d’entre eux ont été tués l’année dernière. L’Etat tente de les protéger mais beaucoup sont encore dans les villages et ne sont jamais à l’abri de repéreurs et des exécuteurs.
Le développement économique permet la diffusion de l'éducation, qui est nécessaire pour que ce genre de sombres croyances mystiques disparaisse.

France : la simplification compliquée – Le 4 février 2009. Enfin une loi qui allait simplifier le parcours du combattant pour les bonnes volontés entreprenantes en France ! Dans la loi de modernisation de l’économie de 2008, le statut d’autoentrepreneur offrait à partir du 1er janvier 2009 une simplification, une meilleure lisibilité et un allégement des prélèvements pour les petits entrepreneurs ayant une activité restreinte(avec un Chiffre d’Affaires inférieur à 80000 € par an pour les activités commerciales et 32000 € pour les activités non commerciales, essentiellement libérales). Une loi intelligente qui allait permettre de faire émerger des talents (souvent de l’économie souterraine). Le « père » du statut, Hervé Novelli, a toujours été sensible au rôle crucial de l’entreprise pour la dynamique d’une société et a défendu son idée de simplification avec brio.

Mais c’était sans compter avec les complexités de l’administration hexagonale. En effet, la plupart des activités libérales relevant du régime général de sécurité sociale – une large partie des professions ciblées par la mesure ! – ne pouvaient encore être concernées... Le bug se situait au niveau des accords entre URSSAFF et le Régime Social des Indépendants, qui n’avaient pas été signés. Un amendement a été passé pour rectifier le tir. Mais il restera encore à signer des accords avec Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d’assurance vieillesse. les autoentrepreneurs devront donc attendre encore... La simplification en France, c’est encore bien compliqué !

Le grand virage ? – Le 3 février 2009. Depuis son passage au Congrès le plan de relance américain comprendra semble-t-il des clauses imposant « d’acheter américain ». De telles mesures peuvent paraître anodines et pour certains, presque de « bon sens » puisque l’argent des contribuables américains sera utilisé pour faire tourner des usines américaines. Pourtant, à y regarder de près, ce pourrait être une erreur.

D’abord, si des projets font effectivement tourner directement la « machine américaine » (en achetant de l'acier américain pour les travaux publics par exemple) mais en coûtant beaucoup plus au contribuable américain (on estime à 25% le coût supplémentaire pour l'acier US), la différence de coût va nécessairement sacrifier d’autres projets qui auraient pu voir le jour (et rendre service aux américains). Mais de manière plus importante, cette attitude de plus en plus protectionniste initie un cercle vicieux : celui des représailles, chaque pays invoquant son doit à se protéger « dans l’urgence ». En Espagne il y a quelques jours des hommes politiques clamaient qu’en temps de crise il fallait « acheter espagnol ». Pascal Lamy, directeur général de l’OMC, a dit toute son inquiétude à ce sujet.

Le repli nationaliste est assez commun en temps de crise. Pourtant, il pourrait être le meilleur moyen d’aggraver cette crise-ci. Le monde s’est enfoncé dans la dépression des années 30 (en partie déclenchée d’ailleurs par les débats autour d’une loi protectionniste aux Etats-Unis – la loi Smoot-Hawley) par la montée des protectionnismes en représailles aux mesures protectionnistes américaines. En effet, la montée du protectionnisme signifie une fragmentation des marchés internationaux, qui sont cruciaux pour l’économie, et en particulier pour certaines grandes entreprises. Il n’est donc pas étonnant que Boeing ou General Electric se soient inquiétés de telles mesures aujourd'hui.

 

Quand on voit que des nationalisations de banques sont aussi envisagées, plus seulement au Royaume-Uni mais aussi aux USA ou en Allemagne, il semble peu à peu se dessiner un type de société beaucoup moins ouvert, plus centré sur la nation. Il se pourrait bien que nos sociétés prennent ces jours-ci un virage historique – et sans doute dangereux.

Le sommet africain nomme le "roi des rois"… - Le 2 février 2009 – L’Union Africaine a élu aujourd’hui à Addis-Abeba Mouammar Kadhafi à sa tête. Il prend la place de Jakaye Kikwete, le président de Tanzanie. Le dictateur libyen aurait demandé à être appelé « roi des rois traditionnels d’Afrique » - Mais, cette appellation serait-elle en cohérence avec le vœu du guide de la révolution Libyenne de réaliser le projet des Etats-Unis d'Afrique ? L'idée d'un gouvernement d'unité africain est discutée depuis des années par les dirigeants du continent mais des doutes se sont régulièrement élevés quant aux pouvoirs qu'aurait une telle instance sur les gouvernements nationaux. Toutefois, cette volonté de réaliser le vieux rêve de l'union africaine, quoique louable, doit résoudre trois principaux problèmes : d'abord, il faudrait changer d'approche en renonçant à décréter des unions qui n'ont pas de fondations solides sur lesquelles elles peuvent s'appuyer. Il est difficile d'espérer de dictateurs, qui plus est ne sont pas éclairés, d'œuvrer pour l'intérêt général de leurs sujets. Cela est davantage vrai dans le cas de Mouammar Kadhafi qui durant quarante ans tient d'une main de fer la Libye. Ensuite, il faudrait convaincre les pays réticents, notamment les pays d'Afrique australe et orientale (Ouganda, Ethiopie, etc.) qui critiquent ouvertement le projet Libyen. Enfin, l'union africaine ne se décrète pas, mais doit être l'aboutissement du développement d'échanges économiques, culturels et sociaux entre les différents pays africains dans un contexte de démocratisation. Il est difficile d'envisager une démocratie supra-africaine, alors que les dirigeants africains se complaisent dans leurs monopoles de pouvoir. En conséquence, le projet des Etat-Unis d'Afrique doit être fondé sur une approche « par le bas » où ce sont les individus et la société civile africains qui, à travers leurs initiatives et leurs échanges, arriveront à tisser la toile de l'union africaine.

Le prix de la déresponsabilisation – Le 30 janvier 2009. Barack Obama s’est ému hier à la nouvelle des primes accordées par des firmes de Wall Street. Il faut dire qu’elles ont versé plus de 18 milliards de primes à leurs salariés l’année dernière. Même s’il est en net recul par rapport à 2007 (près de 33 milliards), ce chiffre n’en reste pas moins choquant quand on sait que ces firmes ont demandé la charité aux contribuables américains. Le président américain a qualifié un tel comportement de « honteux ».
En fait comme beaucoup d’économistes l’avaient prédit, le « sauvetage » de grandes firmes financières ne fait que perpétuer leur irresponsabilité, dont on voit bien le résultat aujourd’hui. En effet, comment vérifier où part l’argent déversé dans ces divers plans ? Quelle est l’incitation à gérer responsablement une entreprise lorsque l’argent public tombe du ciel à chaque risque de faillite ? Sans doute perçoit-on ici enfin le risque d’échec de ces plans de sauvetage, qui ne concurrent qu’à prolonger une crise qui est essentiellement celle de l’irresponsabilité : irresponsabilité des banques, de la finance, bien sûr, mais aussi et surtout des autorités monétaires et de l’administration américaine (le département du logement et l’urbanisme chapeautait Fannie Mae et Freddie Mac). D’ailleurs la Fed remet le couvert : après l’échec patent de sa politique d’argent gratuit en décembre, voilà qu’elle cherche à racheter la dette de l’Etat (en gros : l’Etat US rachète sa dette).
Une récession est un passage obligé par lequel une économie malade s’assainit. Elle a un coût social qui peut être mitigé, mais vouloir éviter la récession par des mesures renforçant l’irresponsabilité ne fera qu’amplifier les problèmes. C’est à coup sûr une future vague de brutales nationalisations, comme en Angleterre, qui viendra clore cet épisode. Ajoutons à cela la montée des protectionnismes, nos sociétés semblent prendre un virage inquiétant. Nous sommes sans doute à un tournant de l’histoire.

Iran : Ahamdinejad joue-t-il la carte anti-américaine ? – Le 29 janvier 2009. Lors de son discours d’investiture, Barack Obama s’est dit prêt à dialoguer avec Téhéran s’il « desserre le poing ». Visiblement, le président iranien ne semble pas vouloir desserrer le poing sans que certaines « conditions » ne soient remplies. En effet, Mahmoud Ahmadinejad réclame des changements fondamentaux dans la politique étrangère américaine et des preuves de bonne volonté. « D'abord, dit le président iranien, il faut que les Américains s'excusent auprès de l'Iran pour les crimes qui ont été commis », et Mahmoud Ahmadinejad, d'énumérer toute une liste de griefs depuis l'organisation du coup d'Etat à Téhéran en 1953 jusqu'au soutien américain dans la guerre Iran-Irak. Le président iranien appelle également Washington à cesser son soutien à Israël. S’il s’agit de véritables exigences, pourquoi Ahmadinejad poserait des conditions sachant qu’elles ne seront sans doute pas entendues ?

A l’approche des élections présidentielles, le président iranien essaie de surfer sur le ressentiment anti-américain des iraniens pour détourner leur attention du bilan désastreux de son mandat, notamment l’échec de sa politique économique. Rappelons qu’Ahmadinejad a été élu sur la base d'un programme qui promettait une hausse du pouvoir d'achat des classes moyennes et basses, ainsi que la création d'emplois. Or, depuis l'élection, la situation économique du pays s'est largement dégradée, et ce malgré le triplement des revenus pétroliers par rapport à 2005 – une situation qui a empiré ces derniers mois avec la chute récente des revenus pétroliers. L’échec de sa politique économique n’est plus désormais critiqué uniquement par certains économistes, ou par les réformateurs et leurs partisans. Le guide suprême en personne, Ali Khamenei, semble avoir lâché le président ultraconservateur. Ainsi, en cherchant à refuser la main tendue d’Obama, Ahmadinejad cherche à canaliser ce mécontentement large et grandissant contre les Etats-Unis en jouant sur la fibre nationaliste des iraniens. Ahmadinejad réussira-t-il à retourner l’électorat ? Les urnes nous le diront le 12 juin prochain.

Bolivie : constitution révolutionnaire – Le 28 janvier 2008. Chavez en rêvait, Morales l’a fait. Une nouvelle constitution d’inspiration socialiste a été approuvée par les boliviens dimanche. Certains la voient d’un bon œil parce qu’elle va mettre fin aux exploitations de grands propriétaires terriens, accroître la représentation des indigènes dans la vie politique, séparer l’Eglise de l’Etat, accroître l’autonomie des cultures et traditions locales. Certains points doivent être cependant très fortement nuancés. La disparition des grandes exploitations peut paraître juste du point de vue de l’origine des droits de propriété (quand les propriétaires étaient sur des terres anciennement indigènes obtenues jadis par la force) ou de leur fructification (notamment lorsque des exploitations sont laissées en friches). En même temps, cette parcellisation permettra-t-elle un essor agricole ? La réduction de la taille des exploitations possibles pourra empêcher certaines économies d’échelle. La pauvreté des paysans ne leur permettra sans doute pas de travailler la terre pour des marchés, mais uniquement pour eux-mêmes. Il se pourrait que cette réforme soit donc très décevante. De même, le renforcement des autonomies sonnerait juste si des complications n’avaient pas été introduites : il y aura concurrence juridique entre le système juridique « importé » et le système juridique indigène (ce qui paraît une bonne chose), mais alors que les indigènes pourront toujours choisir le système qu’ils préfèrent, ce ne sera pas le cas pour les autres. Il faut aussi noter que les régions les plus prospères et qui sont à droite ont voté en majorité contre la constitution, comme Santa Cruz où le non a remporté 70%. Cette constitution sème donc à plusieurs égards la division dans le pays. Mais le point encore plus problématique est celui d’un contrôle accru de l’Etat sur la société et l’économie. La démocratie populaire pourrait se rapprocher de plus en plus de la dictature. D’ailleurs, Morales n’a pas oublié d’inclure la possibilité pour lui de se représenter aux prochaines élections.

Pourquoi le Botswana résisterait mieux à la crise ? – Le 27 janvier 2009. Selon un classement émis par l’agence Nord Sud Expert, le Botswana est le pays émergent le plus solide au terme d’une analyse qui aura concerné 101 économies émergentes et en développement. Le Botswana a été classé premier sur la capacité de réaction par rapport aux risques à court terme, avec la note A1 : il devance un bloc de pays notés A2 que sont la Chine, le Qatar, le Koweït, le Brésil et le Chili. Le Botswana est aussi classé premier sur le long terme avec la même note (A1) devant un ensemble de pays (Maurice, Chine, Brésil Qatar) notés A2. Cette capacité du Botswana à amortir les effets négatifs de la crise s’explique par trois éléments.

Le premier élément réside dans une gestion macro-économique prudente et des politiques cohérentes de bonne gouvernance. Grâce à cela, le pays a réussi le maintien d’un taux de croissance élevé, entraînant l'accumulation d'importantes réserves en devises, la maîtrise de l’inflation et la réduction de la dette extérieure. Le maintien de bons fondamentaux économiques a permis au Botswana d’avoir une plus grande marge budgétaire nécessaire à l’amortissement de l’impact de la crise sur les acteurs économiques directement exposés et les populations les plus fragiles économiquement.

Le deuxième élément réside dans le degré de diversification de l’économie. Plus une économie est diversifiée, moins grand est le risque de la dégringolade : les pertes de certains secteurs d’activités sont compensées par la bonne tenue des autres, ce qui limite la perte globale. Cela a été rendu possible au Botswana grâce à une libéralisation générale et intelligente de l'économie, en réduisant au minimum la fiscalité, les procédures bureaucratiques et les processus qui empêchent l'investissement privé et le développement des activités des entreprises hors du secteur minier. Grâce à un environnement d’affaires très favorable, la hausse de l’investissement privé a compensé le recul de l’investissement public.

Enfin, l’expérience démocratique du Botswana est un exemple à suivre pour les pays africains. Elle lui confère une stabilité politique nécessaire à la consolidation des réformes structurelles et institutionnelles dont le pays a besoin pour passer d’une économie émergente à un pays définitivement développé. Si le Botswana sera inéluctablement touché par la crise mondiale, la solidité de son économie permettra de limiter les dégâts auprès de la population, notamment la plus vulnérable.

Les brûlures de Gaza – Le 26 janvier 2008. L’armée israélienne aurait utilisé des armes au phosphore blanc durant son offensive sur Gaza. Bien que de telles armes ne soient pas illégales (pour la création d’écran de fumée sur des champs ouverts de bataille), leur emploi sur des zones civiles densément peuplées est proscrit par les conventions internationales. La raison en est que ces armes brûlent leurs victimes, les faisant fondre littéralement si elles sont fortement exposées. On peut lire dans la presse les divers témoignages déchirants, souvent de mères ayant vu leur enfants mourir dans ces conditions. Amnesty International et Human Rights Watch considèrent cet usage comme un crime de guerre. Certains commentateurs soupçonnent Israël d’avoir empêché justement l’accès aux journalistes dans la bande de Gaza pour ne pas qu’il y ait de preuves de l'utilisation de telles armes.

Samedi le ministre de la justice de l’Autorité palestinienne Ali Kasham s’est rendu à la Cour pénale internationale de La Haye pour engager un début de procédure. Mais ni Israël ni l’autorité palestinienne (qui n’est d’ailleurs pas un Etat) n’ont ratifié le statut de la CPI, ce qui pose problème. Pour autant, certains Etats se sont conféré une compétence universelle pour les crimes de guerre. Il est donc possible que des responsables militaires israéliens soient poursuivis. Israël a décidé dimanche qu’il assurerait le soutien juridique des officiers de Tsahal qui ont pris la décision de faire usage de ces armes.

C’est par ailleurs l’urgence qui prime désormais à Gaza. Vendredi c’était l’ONU qui estimait à des centaines de millions de dollars les besoins de Gaza dans l’urgence (eau potable, nourriture, réparations du système électrique, aide aux déplacés). Son coordinateur humanitaire John Holmes s’est dit choqué par le bilan humanitaire et l’ampleur des destructions. Les autorités palestiniennes parlent de 4000 maisons totalement détruites et de 17000 sérieusement endommagées. Les autorités israéliennes voient bien sûr d’un mauvais œil l’arrivée de matériaux de reconstruction qui pourrait profiter au Hamas (on peut, par exemple, confectionner des roquettes artisanales avec des tuyaux). Chaque projet de reconstruction sera vraisemblablement étudié au cas par cas par Israël. Couplé à la pratique de l’embargo, tout cela risque de ralentir très fortement les reconstructions et de prolonger un peu plus la misère des gazaouis.

Enfin, la polémique nait dans l’opinion publique sur la question de savoir qui doit payer les reconstructions. Beaucoup de contribuables occidentaux critiquent en effet le fait que leurs impôts soient utilisés pour payer peut-être de futures destructions par l’Etat d’Israël.
Un autre problème moral qui n'est sans doute pas, il est vrai, sans importance.

Nord-Kivu : l’arrestation de Nkunda sonnera-t-elle la fin de la guerre ? - Le 23 janvier 2008. Alors qu’il y a quelques jours l’armée rwandaise et la FDLR s’alliaient pour traquer les factions armées hutus rwandaises retranchées depuis 1994 dans l’est de la RDC, hier soir c’est Laurent Nkunda qui a été arrêté, dans le cadre d’une mission menée conjointement par les forces rwandaises et congolaises. L’arrestation de Nkunda est le fruit d’une alliance de raison entre la RDC et le Rwanda contre les rebelles hutus et tutsis du Kivu, car ils refusent l’émancipation de ces groupes qu’ils finançaient autrefois (avec désormais l’intention de contrôler les multiples richesses de cette région du Congo). Mais, cela implique-t-il pour autant la pacification de la région ?

L’obtention de la paix reste toujours un objectif difficile à réaliser dans cette région pour trois raisons : D’abord, la volte-face du Rwanda en moins d’une semaine témoigne de la fragilité des alliances dans cette région. Qui ne nous dit pas que demain, l’alliance entre le Rwanda et la RDC ne sera pas rompue. Qui ne nous dit pas qu’il n’y aura pas d’autres Nkunda soutenus de nouveau par Kagamé. Ensuite, au-delà de l’histoire de vengeance des tutsis contre les rebelles hutus rwandais, il reste un problème de taille à régler, à savoir la répartition des richesses du Nord-Kivu. Si l’armée rwandaise est venue au secours des congolais, contre Nkunda, cela ne sera pas sans contrepartie. Une contrepartie qui pourrait être justement l’accès à une partie des ressources minières du Nord-Kivu. Enfin, Laurent Nkunda, arrêté en territoire rwandais, n’a pas été encore transféré aux autorités congolaises malgré les demandes d’extradition formulées. Sans oublier que la traque des rebelles armés tutsis et hutus risquera de prendre du temps avant d’aboutir. Compte tenu de toutes ces incertitudes, ce qui est sûr c’est qu’au cas où l’arrestation de Nkunda est confirmée par une extradition vers la RDC, c’est la fin de son mouvement, le conseil National pour la Défense du Peuple (CNDP) dont les principaux commandants ont rejoint la coalition des armées rwandaise et congolaise. Mais, la prudence reste de mise quant au retour de la paix et de la quiétude dans cette région.
Lutte anti-drogue au Maroc : le salut viendra de l’économie – Le 22 janvier 2009. De part sa position stratégique, le Maroc est une plaque tournante du trafic de drogues destinées au marché européen. Toutefois, même si le chemin reste long, force est de constater que la lutte anti-drogue commence à porter ses fruits. Selon le directeur de la Migration et de la surveillance des frontières au ministère marocain de l'Intérieur, les superficies cultivées en cannabis au Maroc sont passées de 134.000 h en 2003 à 60. 000 h en 2008, soit une réduction de 55% en cinq ans. Quant à la production, elle a connu une baisse de 71%, passant de 3.070 tonnes en 2003 à 877 tonnes en 2008, a-t-il précisé. La stratégie nationale marocaine de lutte contre la drogue s’articule autour de trois axes, en l'occurrence la lutte contre la culture du cannabis en vue de réduire l'offre, le resserrement de l'étau autour des trafiquants et la réduction de la demande sur cette matière. Si la répression des réseaux de trafic et de consommation est nécessaire selon certains, elle demeure en réalité insuffisante sans l’éradication de l’offre du cannabis par une stratégie de « détournement » des activités productives. En ce sens, après certaines tentatives non fructueuses, la baisse de l’offre a été obtenue grâce à une meilleure intégration du facteur économique. A cet égard, le programme de développement spécifique mené par l'Agence pour la promotion et le développement économique et social des provinces du Nord, visant à dynamiser l'économie de cette région et en particulier l'espace du Rif central, a été déterminant. En effet, grâce à cette structure, plusieurs projets ont été réalisés, notamment dans les secteurs de l'infrastructure, de l'agriculture et des forêts, de l'éducation et de la santé. Ces projets ont permis le désenclavement des provinces du Nord et leur intégration progressive dans l’économie nationale. Ainsi, la sortie des provinces du Nord de l’économie du cannabis passe inéluctablement par la création d’un environnement favorable à l’investissement et à la création d’emplois, condition sine qua non de la diversification et de la création de richesses.

RDC : Ouganda et Rwanda à la rescousse ? Le 21 janvier 2009. Alors que depuis mi-décembre l’Ouganda pourchasse, avec un succès très relatif, l’Armée de Résistance du Seigneur dans le nord de la République Démocratique du Congo, avec l’accord de ce pays, c’est maintenant le Rwanda qui vient d’entrer en RDC. Dans une opération conjointe avec les forces congolaises, les forces régulières rwandaises traquent les forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), essentiellement composées de Hutus qui ont participé au génocide de 1994. Après les tensions récentes entre Kigali et Kinshasa à propos de la rébellion du Congrès national pour la défense du peuple congolais de Laurent Nkunda (Kinshasa accusant Kigali de le soutenir), ces nouveaux efforts de coopération peuvent rendre optimistes quant à la capacité de ces pays à coopérer. Pour autant, il faut espérer que les deux voisins n’aient pas des velléités cachées. Le nord du Congo a en effet de quoi attirer les convoitises. Et quand on sait que Nicolas Sarkozy a proposé il y a quelques jours de se faire le médiateur pour la paix dans cette région, on pourrait trouver qu’il y a tout à coup beaucoup de « bonnes volontés ». Il est en effet très souvent arrivé que les « initiatives de paix » de la France en Afrique n’aient qu’un lointain rapport avec la paix. Mais, restons optimistes. Les milliers de morts essentiellement civils dans les conflits récurrents dans la région justifient amplement des opérations de pacification. Si bien sûr, ces dernières sont réellement ce qu’elles prétendent être.

Obama day – Le 20 janvier 2009. Rarement l’élection d’un président n’aura suscité autant d’espoir que celle de Barack Obama, aux Etats-Unis mais aussi dans le monde. Durant la campagne ses partisans voyaient en lui presqu’une sorte de « messie ». On comprend cette réaction, d’abord du fait des origines d’Obama. Devenir en effet le dirigeant d’un pays connu pour le racisme qui y régnait il y a encore une génération, tient en effet d’une forme de miracle. Comment ne pas avoir été profondément et sincèrement ému devant les larmes de vieux électeurs noirs qui avaient connu la discrimination ? Ensuite, le slogan « Yes we can » charriait l’idée de cette force quasi-mystique, capable de déplacer des montagnes. La crise a achevé de donner à Obama une aura spéciale : le « messie » est véritablement le « sauveur », avec un plan censé tirer de la torpeur l’Amérique, mais nous dit-on aussi, le monde entier. Pour autant, en dépit de toute la sympathie que l’on peut éprouver pour le personnage, et toute la vague de volontarisme qu’il a suscité (un élément important pour le changement économique comme social), l’espoir ne devrait pas être si démesuré. L’Amérique fait en effet face à des contraintes importantes, par exemple en matière de déficits ou d’endettement : il ne sera pas aussi simple de « résoudre » la crise. Pire, certaines des mesures proposées pourraient l’aggraver. Au plan de la politique extérieure, même si le dialogue constructif peut prendre la place de l’unilatéralisme belliciste, même si les racines d’Obama le mettent en position de pouvoir mieux faire négocier des cultures divergentes, il n’est pas certain que la paix soit pour autant garantie plus largement (du moins à court terme). Il faut donc demeurer raisonnable dans les espoirs qu’on place en Obama, au risque sinon de tomber rapidement dans la désillusion. On peut cependant lui souhaiter toute la chance qu’il mérite.

Un si bon fromage… - Le 19 janvier 2009. Pauvres américains ! Leurs politiciens leur imposent désormais de payer une merveille d’inventivité gastronomique française, le fromage roquefort, quatre fois plus cher. Une des dernières décisions de l’administration Bush le 15 janvier a en effet été de relever les droits de douane sur de nombreux produits en provenance de l’Union Européenne, et le roquefort a écopé d’un droit de douane exceptionnellement élevé de 300%, alors qu’il était déjà de 100 % depuis 1999 (soit un prix final déjà doublé). Alors que lors du sommet du G20 à Washington en novembre les responsables des pays se sont engagés à éviter tout protectionnisme et même à relancer les négociations de Doha, cette nouvelle décision de l’administration américaine sonne faux. Il faut dire que l’Europe n’est pas en reste, avec le contentieux sur le bœuf aux hormones, et la réaction américaine n’est peut-être ainsi que la réponse du berger à la bergère. Cependant, il y a peut-être là une tendance de fond qui pourrait s'avérer dangereuse. La crise exacerbe les tentations de replis nationalistes, notamment en matière de la protection de l’industrie automobile. A côté du nationalisme inhérent aux plans de relance, c’est aussi le spectre du protectionnisme qui semble se profiler de manière inquiétante. L’avenir nous dira si c’est une menace réelle. Pour le moment, compatissons avec les amateurs américains de roquefort…

100 000 000 000 000 – Le 16 janvier 2009. La Banque du Zimbabwe vient de lancer graduellement les billets de 10, 20, 50 et 100 …mille milliards de dollars zimbabwéens. Les billets de 100 000 000 000 000 dollars zimbabwéens s'échangent pour... 30 dollars ! Avec une inflation battant tous les records historiques, les pauvres zimbabwéens, déjà accablés par l’oppression de Mugabe et depuis peu par les épidémies de choléra, ne peuvent plus suivre. 80 % d’entre eux sont d’ailleurs au chômage. L’inflation est le fait de politiciens qui font marcher la "planche à billets". L’inflation est un véritable fléau économique, social et moral, car elle empêche le calcul économique (fondement de l’action humaine économique, orientée vers le futur), elle brise le lien social que représente la monnaie, et détruit donc toute chance de division du travail et de développement. Dans ce pays anciennement grenier à blé de l’Afrique , l’espérance de vie est désormais de 36 ans. Les niveaux d’inflation proprement délirants atteints aujourd’hui ont été étudiés par notre collègue Steve Hanke du Cato institute, dont les analyses ont été mentionnées par Le Monde.

Bemba devant la CPI – Le 15 janvier 2009. Le Mouvement de Libération du Congo sous les ordres de Jean-Pierre Bemba a-t-il commis des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre en République centrafricaine entre fin 2002 et début 2003 ? Sera-t-il mis en accusation ? Les juges de la Cour Pénale Internationale à La Haye devront se prononcer. Bemba, arrêté depuis en 2004, soutenait à l’époque Ange-Félix Patassé en République centrafricaine, menacé par une rébellion. Un soutien qui se serait traduit par une vague de terreur. Le procureur dispose de nombreux témoignages de viols et violences commis à cette occasion.

Venezuela : l’illusion du pétrole – Le 14 janvier 2008. Contrôle des prix empêchant les marchés de fonctionner correctement et générant des pénuries, environnement des affaires peu favorable n’attirant pas l’investissement, inflation à plus de 30 % malgré un nouveau Bolivar lancé il y a un an, le Venezuela peine à voir venir le miracle de Chavez se concrétiser. En dépit d’une croissance toujours positive, reposant essentiellement sur ses exportations de pétrole (94% des exportations), le système économique socialiste, comme partout ailleurs, ne produit pas les effets prévus par ses détracteurs. D’un côté, l’offre ne peut véritablement émerger. De l’autre, la demande vient non pas des revenus d’une production diversifiée, mais de la redistribution de la rente pétrolière. Il faut donc importer les denrées principales sur des marchés mondiaux où certains prix ont parfois flambé. La baisse du cours du pétrole des derniers n’arrange donc pas les affaires du Venezuela qui a mis en place de coûteux programmes sociaux. Ces derniers se reposent in fine sur la manne pétrolière, mais combien de temps cela pourra-t-il durer ? Il parait assez certain que les Vénézuéliens devront bientôt prendre conscience des limites du système qu’ils ont choisi.

Des plans de relance … mais qui pour les financer ? – Le 13 janvier 2009. Alors qu’en Allemagne le Ministre des Finances Peer Steinbrück se disait encore en décembre hostile à un plan de relance, la coalition CDU-SPD aux affaires vient de s’accorder pour un plan de sauvetage de l’économie allemande de 50 milliards d’euros sur deux ans. D’une part la récession a touché de plein fouet le premier exportateur mondial avec une augmentation du chômage et un déclin des commandes, et d’autre part des élections législatives se profilent à l’horizon en septembre. Ces deux facteurs pourraient expliquer le revirement de situation. Ce plan prévoit notamment 18 milliards d’euros de réductions fiscales pour les particuliers et les entreprises, et jusqu’à 18 milliards d’euros pour l’investissement (éducation, infrastructures). Pourtant, alors que les récents excédents allemands permettent une certaine marge de manœuvre budgétaire (contrairement aux Etats-Unis par exemple) et que l’Allemagne est une puissance de premier rang, il faut se rappeler qu’il y a une semaine elle n’était pas arrivée à vendre toutes ses obligations d’Etat à dix ans sur les marchés. Un tiers d'entre elles ont dû être retirées. En réalité les Etats, qui multiplient les sauvetages et dont la majorité sont déjà très endettés, vont peut-être commencer à être confrontés à des difficultés pour pouvoir emprunter…

Les banques algériennes dernières de la classe – Le 12 janvier 2009. Le système bancaire algérien a occupé le 134ème et dernier rang dans le classement de l’institut international de sondages du Forum Economique Mondial pour l’année 2008. Mis à part le relooking dont ont fait l’objet pratiquement toutes les agences et l’attribution de cartes de paiement électroniques dont on signale de nombreux dysfonctionnements, aucune action innovante majeure ne marque l’entrée effective des banques algériennes dans la modernité. Ainsi, en dépit de sa surliquidité, le système bancaire algérien ne profite pas au financement de la diversification de l’économie algérienne très dépendante de la rente pétrolière (98% des recettes en devises). Un résultat peu étonnant lorsque l’on sait que les ressources collectées par les banques sont soit absorbées par les titres d’Etat à court terme, soit allouées sous forme de crédits à des entreprises publiques réputées mauvaises payeuses. Ces dysfonctionnements s’expliquent, d’une part, par l’absence d’un cadre juridique adapté au développement de l’activité bancaire, et d’autre part, par le manque d’ouverture du secteur à la concurrence puisque près de 90% des actifs bancaires sont détenus par des banques publiques. D’ailleurs, selon les mêmes chiffres du Forum Economique Mondial, l’Algérie occupe la dernière place dans le classement des pays en termes d’efficacité des banques et la 100ème place en termes d’autonomie de la justice. Ainsi, la consolidation de l’ouverture du système bancaire sur l'extérieur constituerait pour l’Algérie une opportunité pour réduire sa dépendance vis-à-vis des hydrocarbures en permettant aux acteurs économiques de bénéficier d’un financement diversifié et à moindre coût.

Gaza : la guerre et ses droits – Le 9 janvier 2009. On peut discuter à l’envi des causes de la guerre à Gaza et des responsabilités dans le lancement du conflit, mais il est un point qui pourrait de moins en moins prêter au débat : la situation humanitaire et certains droits humains. L'aide humanitaire n'a très souvent pas été permise. On pense aussi aux civils visés, par exemple dans cette école de l’ONU à Djabalia mardi où 45 personnes ont perdu la vie, ou à ces deux manutentionnaires de l’UNRWA (l’agence de l’ONU en charge de l’aide aux réfugiés palestiniens) tués jeudi. L’UNRWA a ainsi suspendu son activité. Le Comité International de la Croix Rouge a accusé l’armée israélienne d’enfreindre les règles du droit humanitaire international : mercredi c’étaient en effet quatre enfants dans un état de faiblesse avancé, trouvés ... à côté de leurs mères mortes. Le Croissant Rouge et la Croix Rouge avaient demandé ce weekend à rejoindre le secteur en question, mais n’y ont été autorisés que mercredi. Pierre Wettach, représentant du CICR en Israël/Palestine a ainsi parlé d’ « incident choquant ».
Ce serait un tiers d’enfants, sur près de 800 morts, qui auraient été les victimes de cette guerre déjà.
Mais ce sont aussi les droits élémentaires de la presse qui sont bafoués puisque celle-ci n’a pas accès à Gaza. Pourtant la Cour Suprême israélienne a décidé du contraire. Mais le ministère de la défense a apparemment un pouvoir décisionnel supérieur. La presse ne peut donc pas entrer au terminal d’Erez (le portail de Gaza). Les journalistes ont par contre accès aux zones israéliennes où tombent les roquettes du Hamas. Il est à peu près certain que cela prive les médias, notamment occidentaux, de fournir une vision objective de la guerre.
Le salut de la paix passera-t-il par l’ONU ? Si le Conseil de Sécurité a voté hier un texte appelant au cessez-le-feu, d’une part les Etats-Unis se sont abstenus lors du vote (apparemment à la dernière minute) et d’autre part le texte est assez ambigu pour ne pas être appliqué. D'ailleurs dans la matinée le Hamas, et en début d'après-midi Israël l'ont rejeté.

Sauvetages aux USA : au tour des pornographes ? – Le 8 janvier 2009. Le célèbre Larry Flynt (publiant la revue pour adultes Hustler) et son acolyte Joe Francis (Girls Gone Wild) ont déclaré vouloir demander un sauvetage de 5 milliards de dollars pour le secteur qu’ils représentent. Comme d’autres, ce dernier aurait été touché de plein fouet par la crise. Car selon M. Flynt, aux USA « les gens sont trop déprimés pour être sexuellement actifs. Cela est très malsain pour une nation. Les Américains peuvent rester sans voiture etc, mais pas sans activité sexuelle... Avec toute cette misère et les gens perdant de l’argent, le sexe ne les préoccupe plus. Il est temps que le Congrès revigore l’appétit sexuel de l’Amérique. Et la seule manière de le faire c’est de soutenir le secteur des loisirs pour adultes, et de le faire vite ». Cela prête à sourire mais c'est un argument pas moins sérieux qu’un autre. Après la banque, après l’automobile, en effet pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Comme dans d’autres pays d’ailleurs, le Congrès américain a pris une route dangereuse consistant à accepter de sauver des secteurs en difficulté. Les industriels n’ont plus qu’à prendre un ticket, et chacun invoquera le droit à être sauvé. Cette politique a ouvert une boîte de Pandore et généré un effet pervers : les recherches de rentes (payées avec l’argent des contribuables).

RDC : les négociations reprennent - le 7 janvier 2009. Alors que les pourparlers avaient cessé le 20 décembre dernier, Nairobi accueille les réunions négociations entre le chef de la rébellion congolaise du Congrès national pour la défense du peuple, Laurent Nkunda et le gouvernement de Kinshasa, avec Benjamin Mkapa, ancien président de Tanzanie, comme médiateur. Un sommet régional avec les chefs d’Etats pourrait avoir lieu d’ici à mi-janvier pour tenter de trouver une solution au conflit en RDC. Ce conflit a essentiellement causé des pertes civiles, souvent dans des conditions atroces. Il est temps que la négociation et le dialogue reprennent le dessus.

Guerre du gaz ? – Le 6 janvier 2009. Le géant russe Gazprom a stoppé le 1 er janvier ses approvisionnements en gaz à l’Ukraine, évoquant d’abord des retards des paiements par la société ukrainienne Naftogaz et depuis le 2 janvier, un « vol » de gaz par la partie ukrainienne. Les ukrainiens expliquent les déperditions par des raisons techniques. Une partie du gaz transitant par l’Ukraine est destinée à l’Europe de l’Est et Occidentale. Déjà des baisses d’approvisionnements parfois très importantes ont été constatées en Pologne, Bulgarie, Roumanie, et Slovaquie puis en Grèce, Turquie et Autriche. Certains voient là une volonté de Moscou de mettre la pression, au-delà de l’Ukraine, sur l’Union Européenne qui est désormais présidée par les tchèques ouvertement atlantistes. Une mission d’experts a été envoyée par la présidence de l’UE auprès des deux parties (Gazprom et Naftogaz).

Ghana : l’exemple – Le 5 janvier 2009. Pour les pays d’Afrique qui se sont détournés des régimes dictatoriaux et des présidences à vie, la démocratie peine souvent à s’imposer réellement. En témoigne le Kenya il y a un an. En témoigne aussi les atermoiements électoraux en Côte d’Ivoire. A cet égard, le Ghana vient à nouveau de donner l’exemple. L’ancienne Côte d’Or vient d’élire John Atta-Mills, 64 ans, professeur de droit, et candidat du Congrès National Démocratique, parti d’opposition. Atta-Mills a gagné d’une courte tête (50,23% contre 49,77%) contre son adversaire Nana Akufo-Addo. Atta-Mills succède à John Kufuor qui s’est retiré après avoir officié durant deux mandats. Le Ghana semble respecter depuis une quinzaine d’année les règles du jeu démocratique. Espérons que la récente découverte de pétrole dans ce pays ne le fasse pas tomber sous le coup de la malédiction des ressources et casse sa dynamique démocratique et économique, comme c’est malheureusement souvent le cas en Afrique.

Cuba : 50 ans de castrisme – Le 2 janvier 2009. Cuba a célébré hier ses 50 ans de régime castriste. C’est en effet le 1 er janvier 1959 que Fidel Castro et ses rebelles barbus démettaient le dictateur Batista. En raison, il est vrai, de la politique extérieure américaine à l’époque, l’équipe castriste s’est rapidement tournée vers l’URSS et a mis en place un régime communiste. Et comme partout, les mêmes causes ont produit les mêmes effets : la misère et un retard économique toujours plus prononcé d’année en année. Le président élu américain Barack Obama a évoqué l’idée de dégeler les relations avec l’île. Les Cubains, qui n’ont eu droit d’avoir accès aux micro-ondes ou aux téléphones portables que dans le courant de l’année dernière, gagneraient effectivement à une ouverture du voisin américain. Cette ouverture économique pourra déjà permettre de soulager les populations cubaines, et peu à peu, poser les conditions pour un glissement vers la démocratie.

Tous nos voeux pour 2009 - Le 1er janvier 2009. Toute l’équipe d’UnMondeLibre.org vous souhaite ses meilleurs vœux pour cette nouvelle année. Tout au long de 2009 nous tâcherons de contribuer, à notre modeste niveau, à la promotion d’un monde plus libre et plus pacifique. En ces temps de conflits, notre foi en notre message n’en est que plus forte.

Iran : pression sur les défenseurs des droits de l’homme - Le 31 décembre 2008. En Iran, il ne fait pas bon être un avocat des droits de l’homme. Lundi dernier Shirin Ebadi, lauréate du Prix Nobel de la Paix en 2003, a vu son bureau investi par les autorités, ses ordinateurs ainsi que les dossiers de ses clients saisis, au prétexte d’une possible évasion fiscale. Plus tôt ce mois-ci c’est le Centre des Défenseurs des Droits de l’Homme, qu’elle dirige, qui avait été fermé par les autorités. Critique du gouvernement, cette militante des droits de l’homme – et de la femme - gêne le pouvoir et Ahmadinejad. En Iran, la pression est réelle sur tous les militants des droits de l’homme.

France : bientôt la fusion des départements et des régions ? Le 30 décembre 2008. Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP, parti qui soutient le président Sarkozy en France, a annoncé dimanche que la fusion des départements et des régions serait pour bientôt. Cela sera sans doute une bonne nouvelle pour les contribuables français si la réforme est effectuée de manière rationnelle.
En France la décentralisation des années 80 a octroyé un rôle majeur aux régions, une collectivité entre le département et l’Etat, regroupant un certain nombre de départements. Cependant, alors que l’intention première était de décentraliser un pays notoirement centralisé, le résultat n’a pas été concluant. En effet une véritable décentralisation doit conférer une responsabilité fiscale et budgétaire aux collectivités locales devant leurs administrés. Ce n’est pas le cas en France. Cette décentralisation sans responsabilisation des collectivités n’a donc fait que générer une complexité administrative où les compétences sont souvent confuses, où les financements le sont tout autant et où s’érigent des bureaucraties locales peu regardantes en matière de dépenses de deniers publics. Cette décentralisation se solde ainsi par un gaspillage considérable de ressources et une augmentation fulgurante des impôts locaux depuis quelques années (les lecteurs peuvent se rapporter à cet excellent ouvrage pour comprendre ce processus).
Déjà en début d’année le rapport Attali avait préconisé la suppression de l’échelon départemental. Cela avait entrainé une levée de boucliers de la part de nombreux politiques qui voyaient d’un mauvais œil la suppression de leurs pouvoirs. Le président Sarkozy s’était dit à l’époque peu favorable à une telle réforme. Gageons que la crise actuelle fasse prendre conscience à la classe politique et aux français de l’urgence de la nécessité de réformer un pays où l’Etat au sens large dépense 54% du PIB, mais pour ne quasiment pas investir.

Inde – Pakistan : la tension monte – Le 29 décembre 2008. Le Pakistan a annoncé ce weekend qu’il déplaçait des troupes qui étaient au préalable affectées à la lutte contre les terroristes. Bien que des dirigeants pakistanais aient tenté de rassurer en insistant sur le fait que le redéploiement était modeste et que la lutte anti-terroriste continuait, en Inde on pense que ces mouvements de troupes pourraient venir renforcer la frontière, peut-être pour éviter des frappes indiennes sur le sols pakistanais à l’encontre des groupes islamistes. Alors que nombre de sympathisants célébraient l’anniversaire de la mort de Benazir Bhutto, son mari le premier ministre Zardari a déclaré que les Pakistanais savaient qu’ils avaient « un cancer », s’exprimant à propos des terroristes islamistes. Après les attentats de Bombay il y a un mois, supposément organisés à partir du Pakistan, la tension entre les deux puissances nucléaires est inquiétante.

Conflit israélo-palestinien : La paix est une question de réciprocité – Le 26 décembre 2008. Le premier ministre israélien, qui jusqu'à présent prônait la retenue, a fini par annoncer qu'il « n'hésiterait pas à utiliser la puissance d'Israël pour frapper le Hamas ». Ce changement d’attitude d’Olmert est à mettre sur le compte de l’intransigeance de Hamas, mais également des pressions croissantes des milieux politiques, et notamment du chef de l'opposition Benjamin Netanyahu. Le premier ministre israélien s’est adressé, via la chaîne Al Arabiya, aux habitants de Gaza en leur demandant de chasser le Hamas. Et d’ajouter : « Est-ce dans l'esprit de l'islam de tuer des enfants innocents, de tirer des roquettes sur des garderies et des civils? Je ne crois pas que cela soit dans l'esprit de l'islam ». Certainement pas, mais, est-ce dans l’esprit des droits de l’homme de maintenir un blocus étouffant et privant les habitant de la bande de Gaza des produits de base ? Est-ce dans l’esprit de la légalité de faire fi des résolutions de l’ONU exhortant Israël à renoncer aux territoires occupés ? Certainement pas non plus. Tant que l’administration d’Israël, dont le droit à la sécurité est tout à fait légitime, dénie le droit à la terre à la Palestine, et tant que le Hamas instrumentalise la religion à des fins politiques, à l’image des radicaux du Likoud, le cercle vicieux de la violence réciproque continuera éternellement. Chaque partie doit assumer ses responsabilités pour qu’un jour les deux peuples puissent cohabiter.

Guinée : des putschistes qui ne veulent pas s’éterniser… plus de deux ans – le 24 décembre 2008. En Guinée, les putschistes ayant pris le pouvoir à la mort du président Conté s’engagent à organiser « des élections libres, crédibles et transparentes fin décembre 2010 » car, disent-ils, ils n’ont « aucune ambition de s’éterniser au pouvoir ». Leur prise de pouvoir serait même « un acte de civisme qui répond à la volonté de sauver un peuple de la détresse ». La Guinée n’est effectivement pas un paradis. Et si la communauté internationale a condamné ce putsch, il ne faut pas oublier qu’en 1985 c’est avec un putsch que l’ancien président prenait le pouvoir (avant d’être "élu" en 1993 pour la première fois). Le régime guinéen était notoirement corrompu et répressif. Au vu des ressources naturelles que recèle ce pays (de l’or, des diamants, mais aussi de la bauxite), on imagine que détenir les rênes du pouvoir peut s’avérer lucratif. Il y a ainsi peu de chances que les putschistes tiennent parole. L’Afrique est décidément victime de ses richesses.

« Niet ! » au droit au libre échange – Le 23 décembre 2008. Dimanche une manifestation populaire et pacifique à Vladivostok contre les nouveaux droits de douanes sur les importations de voitures d’occasion a été violemment dispersée par la police anti-émeute russe. 200 personnes ont en effet été arrêtées et plusieurs battues par les troupes OMON venues spécialement de Moscou. Les manifestants demandaient aussi la démission du premier ministre Poutine. Il faut préciser que dans cette région sinistrée l’activité d’importation des voitures – majoritairement japonaises – et de pièces détachées, ainsi que l’activité de réparation et de remise en état représentent un secteur essentiel de l’économie. Les mesures protectionnistes du Kremlin visant à protéger les fabricants automobiles russes auraient un impact désastreux sur ces populations, qui luttent pour leur droit au libre échange.

Nouvelle crise politique en Belgique – le 22 décembre 2008. C’est encore une crise politique que vit la Belgique. Ce ne sont pas aujourd’hui les tensions entre flamands et wallons qui sont en cause, mais des pressions possibles exercées par des proches du premier ministre lors de la cession du groupe bancaire Fortis en octobre. Le président de la Cour de cassation, Ghislain Londers a écrit au président de la Chambre des députés la semaine dernière pour dénoncer ces pressions sur la Cour d’appel, instance qui allait dans le sens contraire de l’avis du gouvernement sur la cession de Fortis. Le gouvernement ne voulait pas d’une assemblée générale des actionnaires qui aurait pu poser des problèmes de revente. Les pressions concerneraient la composition de la cour d’appel avant que l’arrêt ne soit rendu. Ce serait donc un cas flagrant d’immixtion du pouvoir exécutif dans le judiciaire. Le premier ministre Yves Leterme a donné sa démission vendredi 19 décembre. Ce soir le roi Albert II a accepté la démission de M. Leterme. La Belgique est donc à nouveau sans premier ministre jusqu'à mercredi au plus tard.

Génocide du Rwanda : trois officiers inculpés - Le 19 décembre 2008. A Arusha, Tanzanie, le Tribunal pénal international pour le Rwanda a condamné hier à la perpétuité le colonel Théoneste Bagosora, le général Anatole Nsengiyumva et le major Aloys Ntabakuze, tous trois officiers de l’armée rwandaise impliqués dans l’organisation du génocide de 800.000 rwandais tutsis pour l’immense majorité au printemps 1994. 242 témoins ont été entendus dans ce procès exceptionnel qui a débuté en 2002. Les trois chefs d’accusation sont génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Les accusés vont faire appel.

Décision de l'OPEP : faux espoirs ? - Le 18 décembre 2008. L'OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole), contrôlant 40 % de la production mondiale, a annoncé mercredi une baisse record de son offre de 2,2 millions de barils par jour à compter du 1er janvier, une décision destinée à enrayer la dégringolade des cours du pétrole. Pourtant, le cours a continué de baisser. Cela implique deux enseignements : d'abord, la perte de pouvoir de l'OPEP dans la formation des prix du pétrole, même si la décision ne sera effective qu'au début de l'année prochaine, et ensuite les risques qui planent sur des régimes, dont la stabilité repose en grande partie sur la redistribution de la rente pétrolière. Ainsi, à l'exception des monarchies du Golfe, relativement moins exposées, cela est de mauvais augure pour plusieurs membres de l'OPEP, notamment le Venezuela, l'Iran, l'Irak, l'Algérie, le Nigeria ou l'Angola. Ces pays très dépendants des recettes pétrolières se sont engagés dans des projets populistes et gourmands en capitaux. Dans ce sens, les coûteux programmes sociaux d'Hugo Chavez, souffriront de l'effondrement des recettes pétrolières, et la dilapidation des revenus pétroliers dans des mesures sans lendemain risquera de coûter à Ahmadinejad, très critiqué de la part même des conservateurs, sa place lors des élections 2009. En Algérie, il y a alerte sur les finances publiques d'autant plus que le cours du pétrole se rapproche dangereusement du prix-plancher retenu pour la loi de finances 2009 (soit 37$) et que le pays s'est engagé dans des projets pharaoniques. Dès lors, au lieu de se contenter d'ajustements tarifaires, ces pays gagneraient à engager des réformes profondes et effectives de leurs institutions, de manière à diversifier leurs revenus, sinon ils resteront toujours à la merci de la conjoncture pétrolière. Le problème est que ces pays ne profitent pas de la conjoncture lorsque celle-ci leur est favorable pour mettre en œuvre ces réformes structurelles : ils font souvent le choix de projets populistes, gourmands en capitaux et peu productifs.

Argent gratuit - Le 17 décembre 2008. La Fed a baissé hier son taux directeur. Celui-ci était déjà de 1%, niveau très bas. La Fed l'a ramené à une fourchette entre 0,25 % et... 0%. C'est un niveau historique. Le patron de la Fed Ben Bernanke avait avoué début décembre l'effet limité des baisses de taux. Effectivement, à côté de cela, la Fed a renfloué le marché du crédit à des niveaux astronomiques, racheté des actifs financiers de mauvaise qualité aux banques, et joue désormais aussi le rôle de prêteur direct dans l'économie. Cette nouvelle mesure sur les taux va donc s'accompagner de mesures "non-conventionnelles" : essentiellement le rachat de quantités importantes de dettes des agences de refinancement hypothécaire Fanny Mae et Freddie Mac et de titres adossés à des crédits immobiliers. La raison invoquée par la Fed est évidemment la détérioration de l'activité économique américaine (une croissance négative du PIB de 4,5% au quatrième trimestre) avec une augmention du chômage (6,7%).
Bien évidemment la déflation pointe son nez de manière de plus en plus précise et elle effraie les décideurs. Elle correspond à une phase pénible, économiquement et socialement, de correction des erreurs d'entrepreneurs qui avaient été induites en grande partie par le dopage précédent de l'économie dans les années 2001-2004. Or, la Fed ne propose ici qu'un nouveau dopage pour sortir des effets de la crise du dopage. Malheureusement, lorsqu'il doit y avoir sevrage, la réalité l'emporte : de nouvelles bulles vont être créées avec cette politique si elle persiste dans le temps, ce qui est très probable.

Mission accomplie ?- Le 16 décembre 2008. L’administration Bush est loin de finir en beauté son mandat. Selon un rapport du gouvernement américain non encore publié mais dévoilé par le New York Times, la reconstruction de l’Irak aurait coûté la bagatelle de plus de 100 milliards de dollars pour des résultats catastrophiques : quasi-guerre civile, dizaines de milliers d’Irakiens tués, 4200 soldats américains tués, corruption… Il apparaît que la puissance américaine n’a jamais eu les moyens de la mission de reconstruction qu’elle s’était fixée. Un autre rapport, celui de la commission du Sénat américain sur les forces armées (dont faisait partie John McCain) remis le 11 décembre, portant sur les méthodes agressives d’interrogatoires (tortures) dans les prisons de Guantanamo et Abou Graïb, met directement en cause l’administration Bush et notamment l’ancien secrétaire à la défense, Donald Rumsfeld. En visite pour la quatrième et dernière fois en Irak, M. Bush a signé dimanche avec le Président irakien Jalal Talabani l’accord de sécurité américano-irakien ratifié par le parlement irakien en novembre, accord qui avait suscité des manifestations de chiites à l’époque. Lors d’une entrevue avec le Premier Ministre dans la même journée un journaliste irakien de la chaîne al Bagdadia hostile aux USA, Montazer al-Zaïdi a lancé ses chaussures à la figure du Président américain le traitant de chien. Il a été maîtrisé et arrêté sur le champ et risque deux ans de prison. Des manifestations de soutien ont suivi, célébrant le journaliste comme un héros. Tout cela n’est donc pas de bon augure pour le bilan de l’administration Bush. Si le Président américain pouvait expliquer que l’intervention américaine en Irak était difficile mais nécessaire, il parait évident que, contrairement à ce qui était affiché fièrement en 2003, la mission n’est pas accomplie, et qu’elle est vraisemblablement un échec.

Crise en RDC : l’appel de Kagamé à la responsabilité des africains serait-il de la poudre aux yeux ? – Le 15 décembre 2008. Le président rwandais Paul Kagamé, a exhorté les dirigeants africains à se rendre à l’évidence que des solutions aux problèmes africains doivent venir de l’intérieur et non de l’extérieur pour permettre au continent de conserver sa fierté à travers le développement économique durable et autonome. Cet appel peut sembler étonnant surtout si l’on sait que le Rwanda de Kagamé est suspecté de soutenir les rebelles de Nkunda en RDC. Des soupçons qui viennent d’être renforcés par la publication, vendredi dernier, d’un rapport réalisé par des experts onusiens révélant que le Rwanda fournit des armes, de l’encadrement militaire et même des enfants soldats aux rebelles de Nkunda qui luttent pour le contrôle de la province du Nord-Kivu. Aussi, Kagamé a appelé les dirigeants congolais à accepter leur responsabilité du conflit pour permettre à la partie est du pays qui est ravagée par les conflits, de recouvrer la paix et la stabilité. Pourtant, Kagamé omet de signaler sa propre responsabilité dans les appuis multiformes que le Rwanda apporte à la rébellion depuis toujours. Si les dirigeants africains s’offusquent de l’interventionnisme des étrangers, ils devraient aussi agir de manière responsable s’ils font des plaidoyers démagogiques pour la responsabilité.

Aide au secteur automobile américain : Le plan B ? - Le 12 décembre 2008. Le Sénat américain a rejeté hier soir le plan adopté mercredi en première lecture par la Chambre des représentants prévoyant une aide allant jusqu'à 14 milliards de dollars aux trois grands constructeurs de Detroit, General Motors, Ford et Chrysler. Si ce refus a été regretté par l’administration américaine et les trois « grands », il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’une bonne nouvelle pour tous les autres constructeurs qui avaient bâti une stratégie plus "durable" en intégrant les contraintes de l'environnement. Malheureusement, le président George W. Bush vient de déclarer qu'il serait "irresponsable" d'affaiblir davantage l'économie en laissant les constructeurs américains faire faillite. Utiliser le plan Paulson de 700 milliards de dollars est l'une des rares options restant à l'administration Bush pour venir en aide au secteur automobile. L’adoption d’un tel plan sera injuste, d’une part, pour les contribuables, et d’autre part, pour les autres constructeurs automobiles qui ont su anticiper le retournement du marché et la nécessité de construire des véhicules moins voraces en carburant. Si les dépôts de bilans pourraient accélérer la métamorphose du secteur automobile américain, les politiques doivent s’abstenir de s’y opposer.

Le Togo décide d’abolir la peine de mort - Le 11 décembre 2008. Le gouvernement togolais a décidé mercredi, en conseil des ministres, d’abolir la peine de mort qui n’était de fait plus appliquée depuis trente ans. Selon le ministre togolais de la Communication Oulégo Kéyéwa, « l’abolition de la peine de mort considérée comme une peine humiliante dégradante et cruelle par la communauté des Nations respectueuses des droits de la personne humaine à laquelle nous appartenons, s’est imposée à la conscience collective des Togolais depuis trente ans de moratoire, alors qu’elle continue de figurer dans la législation pénale ». Il a expliqué que le choix qu’a opéré le pays d’établir « une justice saine qui limite les erreurs judiciaires, corrige, éduque et garantit les droits inhérents à la personne humaine n’est plus compatible avec une législation pénale qui conserve encore la peine de mort et reconnaît ainsi aux juridictions un pouvoir absolu dont les conséquences sont irrémédiables ». Le projet de loi présenté par le ministre de la Justice et adopté par le conseil des ministres sera soumis dans les prochains jours à l’Assemblée nationale pour étude et adoption.

 

Déclaration universelle des droits de l’homme : pour la fin du « double-standard » - le 10 décembre 2008. A l’heure de commémorer le 60ème anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme, force est de constater qu’avec la redistribution du pouvoir économique qui est en train de se dérouler entre les pays développés et les pays émergents, la seule chose qui est en train de devenir universelle est leur monétisation. Bien évidemment la responsabilité est partagée, mais il n’en demeure pas moins qu’une part importante incombe aux pays développés qui ont fermé leurs yeux sur le non respect de la liberté d’expression, la corruption, le harcèlement et la violence perpétrés contre les femmes, les minorités religieuses ou les dissidents politiques dans les pays où leurs intérêts commerciaux et économiques sont en jeu. Cette attitude de deux poids deux mesures ou de « double standard » compromet la crédibilité des pays occidentaux lorsqu’ils parlent de droits de l’homme et de réformes démocratiques. Elle sert même les intérêts de dictateurs qui instrumentalisent le double discours des pays développés afin de provoquer l’hostilité de leurs populations aux messages de droits de l’homme. Les derniers constats sur l’état des droits de l’homme dans les pays africains témoignent d’un recul inquiétant, ce qui justifie davantage que les pays industrialisés changent d’attitude pour donner le bon exemple et couper l’herbe sous les pieds de ceux qui entravent la marche vers une vie plus digne.

Lutte contre la corruption : une responsabilité partagée - le 9 décembre 2008. D’après l’Indice de Corruption des Pays Exportateurs (ICPE) 2008 de Transparency International, publié aujourd'hui, le versement de pots-de-vin à l’étranger par les entreprises des puissances économiques émergentes, comme la Chine, l'Inde et la Russie, semble une pratique courante. L'ICPE indique également que les entreprises du bâtiment et des travaux publics, de l'immobilier et de la promotion immobilière, du pétrole et du gaz, de l’industrie lourde et de l’exploitation minière, sont perçues comme les plus susceptibles d’avoir recours à la corruption dans le secteur public et de tenter d’influencer les politiques, décisions et pratiques gouvernementales. Si les entreprises internationales sont à sanctionner pour leur comportement, il n’en demeure pas moins qu’il faudrait souligner la responsabilité des politiques et des bureaucrates des pays d’accueil des investisseurs étrangers, souvent les premiers bénéficiaires de cette corruption. Si les entreprises de tous les grands pays exportateurs devraient s'engager effectivement dans la lutte contre la corruption, il faudrait aussi que les pays d’accueil s’engagent à renforcer l’état de droit, à promouvoir la transparence par le biais de médias indépendants et enfin à développer la société civile comme un contrepoids aux abus de l’Etat. Sans ces trois réformes, la corruption ne peut être éradiquée et continuera à provoquer des injustices et des inégalités faisant ainsi obstacle au développement des pays, notamment ceux de l’Afrique.

Lutte contre la piraterie : les limites d’Atalante - le 8 décembre 2008 - Suite aux attaques qui se sont multipliées cette année au débouché du détroit de Bab el Mandeb par lequel passent 12% du commerce maritime et 30% du pétrole brut mondial, l’Union Européenne a lancé aujourd’hui la première opération navale de son histoire, Atalante, en envoyant six navires de guerre et trois avions de surveillance aux trousses des pirates somaliens qui ont attaqué cette année une centaine de navires. En dépit des bonnes intentions du plan anti-piraterie européen, force est de constater que ses chances de réussites restent hypothéquées par plusieurs contraintes. D’abord, il doit relever le défi de l’importance de la zone dangereuse à couvrir, soit une surface de deux millions de km2. Ensuite, Atalante devra aussi surmonter un casse-tête juridique autour de l'arrestation et du jugement des pirates. Enfin, le plan anti-piraterie européen est insuffisant car, selon le commandant de la flotte française dans l'océan Indien, le vice-amiral Gérard Valin, la lutte contre la piraterie se termine toujours à terre. La multiplication des actes de piraterie n’est que le révélateur de la faillite de l’Etat somalien incapable de faire respecter la loi en raison de la guerre civile qui se déroule depuis 1991. D’où la nécessité de mettre un terme à cette guerre, impossible sans le déploiement rapide d'une force de paix de l'ONU à terre.

OMC : Lamy veut relancer les négociations - Le 5 décembre 2008. Le directeur général de l’OMC Pascal Lamy a contacté les pays les plus importants des 153 membres de l’OMC. Objectif : relancer les négociations de l’OMC après leur échec en juillet dernier. M. Lamy a du pain sur la planche tant il est vrai que les sujets de discorde sont nombreux : agriculture, industrie (notamment la question de la « flexibilité additionnelle », ou encore celle des « initiatives sectorielles », dispute entre pays en développement sur des avantages douaniers accordés par les pays riches – dans le textile notamment)… M. Lamy doit anticiper une administration américaine démocrate plutôt protectionniste, ainsi qu’une Union Européenne encore menée par une France qui veut protéger ses agriculteurs…

Contra-cyclique ? – Le 4 décembre 2008. En Europe la BCE a abaissé aujourd’hui son principal taux directeur de 0,75 point, le ramenant à 2,5 %. Après deux baisses en octobre et novembre, Jean-Claude Trichet a estimé que la récession qui se profile en Europe justifie cette nouvelle baisse, historique par son ampleur. La désinflation que connait l’Europe conforte M. Trichet dans sa décision. Pourtant, déjà les marchés semblent craindre que la mesure ne suffise pas. De nouvelles baisses sont ainsi à prévoir. Il y a alors fort à parier que la politique monétaire « contra-cyclique » entre dans une période durable de baisses répétées. Or, il ne faut pas oublier que, comme cela a été le cas aux USA après 2001 jusqu’à mi-2004 pour lutter contre la récession, une telle politique de baisse des taux génère des… bulles. La politique contra-cyclique finira sans doute encore une fois par générer un retournement qu'elle est censé combattre. Plutôt que de corriger toutes erreurs issues de la précédente bulle et d’assainir l’économie une bonne fois pour toutes on la dope en effet à nouveau.

Le non respect des droits de propriété continue au Zimbabwe - Le 3 décembre 2008. En dépit du jugement rendu par le tribunal de la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC), ordonnant au gouvernement Zimbabwéen de rendre aux 78 fermiers blancs leurs terres, le ministre zimbabwéen de la Réforme foncière et de la relocalisation, Didymus Mutasa, a laissé entendre que Harare ne se sentait pas lié par ce jugement et allait poursuivre son programme d’acquisition de fermes, comme si de rien n’était. Le tribunal a justifié son verdict par le fait que le programme de réforme foncière de Mugabe violait le traité de 1992 obligeant les 14 pays membres de la SADC à ne pas faire de discrimination sur des bases raciales. Au-delà de cette politique discriminatoire, il faut rappeler que la soi-disant réforme foncière dont se targue le gouvernement de Mugabe n’a profité qu’à la clique proche du pouvoir et, dans des proportions que marginales aux agriculteurs Zimbabwéens. Cela rappelle la politique mobutiste de "zaïrianisation" des biens des résidents étrangers en 1974 qui fut en fait un simple transfert de propriété (c’est-à-dire un vol) au bénéfice des membres du gouvernement et de leurs alliés, sous couvert de politique économique nationaliste.

L’Ethiopie retire ses troupes de Somalie – Le 2 décembre 2008. Addis-Abeba, qui était soutenu par Washington dans la « lutte contre le terrorisme », vient d’annoncer le retrait de ses troupes de Somalie où elle tentait depuis deux ans de maintenir en place le Gouvernement Fédéral de Transition du Président Abdullahi Yusuf Ahmed, contre les forces des Tribunaux islamiques. Les combattants islamistes somalis, souvent très jeunes, ont gagné du terrain, notamment dans le sud du pays. Il y a quelques jours ils revendiquaient le contrôle du port de Merka. En se retirant, l’Ethiopie leur offre la victoire. Un accord de retrait avait été signé entre le Gouvernement Fédéral de Transition et une minorité d’insurgés somalis, mais pas les factions majoritaires extrémistes, qui ont forcé la main à l’Ethiopie par une campagne récente d’attentats de plus en plus violents. Cet accord prévoyait la mise en place de troupes mixtes, du Gouvernement officiel et des insurgés, mais elles n’ont pas encore vu le jour. La mission de l’Union africaine en Somalie (Amisom) a émis un appel pour « remplacer » l’Ethiopie.

Jos au Nigeria : la ville de l’intolérance ? - Le 1er décembre 2008. Les violences entre les chrétiens de l’ethnie Béroms et les musulmans de l’ethnie Haoussa qui ont embrasé Jos au Nigéria vendredi et samedi ont fait au moins 300 morts. Ces incidents ont été déclenchés suite aux rumeurs selon lesquelles le candidat du parti ANPP (The All Nigeria Peoples Party), soutenu par les Haoussas, aurait été battu par le PDP (People's Democratic Party) au pouvoir lors de l’élection municipale organisée à Jos. Des rumeurs attisées par la non publication jeudi, par les responsables électoraux, des résultats. Située dans le centre du Nigeria, dont le nord est à dominante musulmane et le sud à majorité chrétienne, Jos a une longue histoire de violences intercommunautaires, qui rend à chaque fois délicate l'organisation du moindre scrutin. Un couvre-feu total a été imposé sur les secteurs les plus touchés de Jos: c'est là que cohabitent dans la tension des membres de l'ethnie Haoussa, musulmans et traditionnellement pasteurs, avec des chrétiens d'autres groupes ethniques. Au-delà des rivalités ethnico-religieuses, les querelles pour la terre entre agriculteurs et pasteurs sont vivaces sur une bande de territoire fertile objet de toutes les convoitises.

Sénégal : justice sous tutelle - Le 28 novembre 2008. Selon le rapport 2008 du projet pour l’observation et le plaidoyer sur la bonne gouvernance en Afrique (Afrimap), le système judiciaire au Sénégal manque cruellement d’indépendance. Le rapport indique que le Conseil Supérieur de Magistrature (CSM) est un organe dépourvu d’autonomie et d’indépendance car les magistrats sont placés sous la tutelle de l’exécutif. En effet, c’est le Président de la République qui le préside et le Ministre de la Justice qui en est le vice-président. L’implication du Ministre de la Justice dans la surveillance de la discipline au sein de la magistrature, fait de lui le véritable patron du pouvoir judiciaire. Ce qui fait que l’administration du système judiciaire est lourdement handicapée par des pouvoirs dominants du ministère de la Justice, et l’indépendance des magistrats au Sénégal en est sérieusement compromise. La connivence entre le politique et le judiciaire est une source de clientélisme et de comportement de recherche de rentes. La réforme du système judiciaire n’est plus une simple revendication sociale, mais une nécessité économique afin d’assurer la protection des droits de propriété, faire respecter les contrats et régler les conflits - des ingrédients indispensables à tout processus de développement.

 

Kenya : les députés n'aiment pas payer d'impôt - Le 27 novembre 2008. Les députés Kenyans ont rejeté un projet de loi portant sur l’imposition de leurs indemnités parlementaires. Un député kenyan perçoit un traitement mensuel de 1 million de shillings par mois (12.500 dollars américains) non imposés. Le refus des parlementaires d’être assujettis à l’impôt constitue une volonté délibérée de se dédouaner de leurs devoirs en tant que citoyens. Le plus grave dans l’attitude des parlementaires est que ceux-ci tirent leur légitimité de leur devoir de servir l’intérêt général, mais en agissant de la sorte ils envoient aux citoyens un signal fort sur leur cupidité et sur leur irresponsabilité. Dans un pays où les inégalités sont criantes, les parlementaires Kenyans se comportent comme des rentiers en toute impunité et en toute indifférence et oublient qu’ils sont des fonctionnaires qui sont rétribués justement grâce aux impôts que leurs électeurs payent. Ces derniers ont prévu d’organiser une marche de protestation au lieu de saisir la justice car les magistrats qui sont des fonctionnaires sont logés à la même enseigne que les parlementaires, avec des indemnités exonérées d'impôts. C’est une preuve que bien souvent les politiques et les bureaucrates poursuivent en premier leur propre intérêt avant de servir l’intérêt général.

Immigration choisie contre ouverture - Le 26 novembre 2008. La conférence de Paris a réuni hier 27 pays de l’Union Européenne et 27 pays africains parmi 80 délégations. La déclaration finale des Etats signataires comprend une centaine de mesures visant à restreindre l’émigration vers l’Europe. Impulsée par le modèle « d’immigration choisie » du ministre de l’immigration français Brice Hortefeux, cette déclaration – qui n’est pas véritablement contraignante, aborde trois volets essentiels : lutte contre l'immigration illégale, organisation de l'immigration légale et soutien au co-développement. Pour beaucoup d’Africains cette immigration choisie consiste pour l’Europe à faire un tri sélectif. Elle peut même contribuer à une fuite des cerveaux puisque seuls les plus qualifiés auraient droit de passage. Même la logique du « co-développement » ne permettra pas d’endiguer ce phénomène de tri. D’autant que le co-développement suppose les institutions adéquates pour le dit développement. Et là, on est souvent loin du compte en Afrique. Par ailleurs, il est certain que les sociétés européennes qui ont choisi la social-démocratie, caractérisée par des droits dits « sociaux », se doivent de préserver certains équilibres. Ces sociétés peu flexibles ne sont pas capables d’absorber des populations parce qu’elles sont encadrées par des systèmes sociaux qui ne tiendraient pas le choc d’un afflux d’immigrants considérés comme « trop pauvres ». Et pourtant, il n’y a de richesses que d’hommes. Dans une société libre.

L’enfer en RDC. Le 25 novembre 2008 - Exécutions arbitraires, meurtres de masse, viols, tortures… Les combats au Kivu ont donné lieu à toutes les atrocités possibles, tant de la part des Forces Armées Congolaises, que de la part de la rébellion du Congrès National pour la Défense du Peuple de Laurent Nkunda. Le Secrétaire général Ban Ki-moon a exprimé sa « grande préoccupation » lors d’une séance au Conseil des Nations-Unies hier durant laquelle a été rendu public un rapport mettant en cause les belligérants dans des violations flagrantes des droits de l’homme. Aujourd’hui, c’est un autre rapport, celui de Human Rights Watch qui accuse le régime Kabila d’exercer une répression brutale depuis 2006 : 500 opposants présumés exécutés, 1000 autres détenus, avec bien sûr pratique de la torture.

APEC : non au protectionnisme - Le 24 novembre 2008. Les dirigeants des 21 pays du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC), réunis ce week-end à Lima se sont engagés à former un front unique pour lutter contre la crise financière. Prévoyant que la crise durera pendant 18 mois, les membres de l’APEC ont promis de s’abstenir d’ériger de nouvelles barrières aux échanges et à l’investissement dans les douze mois qui viennent. Ils ont aussi demandé à leurs ministres de ranimer le cycle de Doha de l’OMC portant sur la libéralisation des échanges. L’idée d’une future zone de libre échange, d’ici 2010, entre les économies des pays de l’APEC a aussi été évoquée, une zone qui inclurait donc des Etats représentant 41% de la population mondiale, et 61% du PIB mondial. Convaincus que les mesures protectionnistes ne feraient qu’exacerber la situation économique actuelle, les participants ont réaffirmé leur conviction que la relance de l’économie mondiale passe par le respect des principes du libre échange nécessaire au retour de la croissance, à la création d’emplois et à la réduction de la pauvreté.

Procès Politkovskaïa : simulacre de justice en Russie ? - Le 21 novembre 2008. Le procès ouvert lundi en Russie pour l’assassinat de la journaliste Anna Politkovskaïa le 7 octobre 2006 à Moscou prend une tournure tragicomique. Le procès devant tribunal militaire de quatre inculpés (mais pas le tireur ni le commanditaire) devait être public. Mais rebondissement mercredi à l’occasion de lecture de l’acte d’accusation : le juge a décidé du huit-clos, prétextant une demande des jurés. Les vingt jurés n’ont jamais rien demandé de tel et ont écrit au juge pour réfuter ces affirmations. C’est ensuite le procès qui ajourné jusqu’au 1er décembre, pour cause d’indisponibilité de deux avocats des prévenus. Sauf que l’un d’entre eux a réfuté cette information… La journaliste s’était fait beaucoup d’ennemis, étant très critique de la guerre en Tchétchénie et du régime Poutine.

Faut-il craindre la déflation ? - Le 20 novembre 2008. Les éditoriaux s’enchaînent, les spécialistes aussi : le « spectre » de la déflation se profile dans de nombreux pays. Le fait de parler de « spectre » de la déflation dénote déjà un jugement de valeur porté à l’égard du phénomène en question : personne ne semble remettre en cause l’idée que la déflation ne peut être que mauvaise. Et pourtant…

La déflation n’est que la contrepartie nécessaire de l’inflation qui a été créée (dans un ou plusieurs secteurs) par le biais de la politique monétaire expansionniste. En stimulant artificiellement le crédit sans qu’il y ait l’épargne correspondante, les banques centrales ont fait gonfler des bulles. Une bulle se caractérise par des plans de production trop nombreux ou trop optimistes, stimulés justement par l’argent artificiellement moins cher. La bulle consiste donc en un ensemble d’erreurs commises par les entrepreneurs (mais aussi les ménages) dans leurs anticipations qui ont été faussées par les signaux de la politique monétaire expansionniste.

La déflation est le passage obligé d’une crise, le moment où les prix baissent parce les erreurs sont corrigées, parce que les plans des entrepreneurs et des ménages se restructurent et s’adaptent au réel. Les prix doivent à nouveau exprimer la réalité des marchés, et bien souvent ils baissent. La déflation pour une économie bullaire, c’est comme le régime pour un obèse : il faut y passer. Après cette restructuration - encore une fois nécessaire, l’économie se sera assainie et pourra repartir sur des bases plus solides.

Malheureusement hommes politiques, journalistes, et même économistes, font pression pour que la politique monétaire fausse encore les signaux économiques pour lutter contre la déflation. Ils n’ont visiblement rien appris de cette crise puisqu’ils veulent appliquer les « recettes » mêmes qui en sont la cause. En voulant « vaincre la déflation », ils ne font que repousser et aggraver la restructuration et l’assainissement inéluctables de l’économie.

Retrait des rebelles en RDC : volonté de paix ou manœuvre stratégique ? - le 19 novembre 2008. La rébellion de Laurent Nkunda a entamé, comme elle l'a annoncé mardi, le retrait unilatéral de ses troupes sur un des fronts dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) pour permettre à la MONUC de se redéployer. Mais ce retrait est-il effectué réellement pour donner une chance à la paix ? Il s'est opéré sur trois axes du front nord, notamment celui de Kanyabayonga-Nyanzale et de Kabasha-Kiwanja, situés à environ 80 km au nord-ouest et au nord de Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu.
Au regard de la disproportion entre le nombre des rebelles et l'espace conquis, et de la méfiance dont Nkunda fait l'objet de la part de la population locale, le retrait unilatéral s’apparente plus à un retrait stratégique qu’à une main tendue, d’autant plus qu’il ne concerne pas le front le plus sensible, celui situé à une quinzaine de kilomètres de Goma, ville d'un demi-million de personnes et capitale de la province du Nord-Kivu.

Les talibans mettent la pression – le 18 novembre 2008. A la frontière nord-ouest du Pakistan avec l’Afghanistan, dans la province de Peshawar, les étrangers sont de plus en plus visés par les talibans et les bandes criminelles. La semaine dernière a connu une activité intense en terme d’enlèvements d’étrangers (journalistes japonais et canadiens, diplomate iranien), d’assassinat (un membre de l’USAID). Le front de la guerre se déplace au Pakistan. En Afghanistan ce sont des jeunes filles qui ont été vitriolées, pour avoir osé… aller à l’école. Et des attentats non revendiqués contre l’armée et le gouvernement afghans ont tué nombre de civils dans la province de Kandahar. Le Président Karzaï a tendu la main au Mollah Omar dimanche mais ce dernier a refusé toute discussion hier. Il semble que la campagne de la coalition anti-talibans, après sept ans, se solde pour l’instant par un échec.

Un sommet ... embrumé - le 17 novembre 2008. Au bout de deux jours de discussions, le sommet du G20 a débouché sur l'adoption d'une série de principes d'actions visant à renforcer le contrôle et la supervision du système financier mondial. Ce qui est frappant dans la déclaration finale du sommet est qu'elle attribue la crise financière actuelle uniquement à la prise par les acteurs des marchés financiers de risques excessifs. Aucune allusion n'est faite à l'épicentre de la crise, à savoir l'effondrement du marché immobilier américain en raison des responsabilités politiques dans la crise des crédits à haut risque « subprime ». La sortie de la crise passe par l'élimination de la connivence entre le politique et l'économique qui a incité les acteurs du marché financier à être moins vigilants. Par la suite, les comportements spéculatifs et la mauvaise gestion des risques ont fait le reste profitant ainsi de filets de sécurité fournis par un système financier centralisé où l'Etat et les banques centrales voleront toujours au secours des banques pour éteindre le feu. Ainsi, il serait illusoire de croire que le renforcement des régulations dissuaderait les acteurs de prendre des risques excessifs si la protection implicite apportée par les banques centrales est toujours maintenue. On est alors en mesure d'être sceptique sur l'utilité d'un sommet qui ne propose que des principes généraux d'une réforme et, de plus, omet de traiter l'origine du mal, à savoir le transfert de responsabilité des acteurs financiers vers les banques centrales et les politiciens.

Air libre - le 14 novembre 2008. Des ministres de l'Aviation de la Communauté Economique des États de l'Afrique de l'ouest CEDEAO) et de la République centrafricaine ont convenu de libéraliser le marché d'aviation. Cette décision vient couronner les travaux des assises sur la libéralisation du secteur du transport aérien tenues au Burkina Faso le 6 octobre dernier. Cette initiative s'inscrit dans la volonté des pays de la région de dépasser les difficultés qu'affrontent les compagnies de la région pour se conformer aux standards internationaux, particulièrement après la déréglementation du secteur du transport aérien aux États-Unis et en Europe. La réussite d'une telle réforme est tributaire du respect de certains préalables institutionnels, notamment l'état de droit, la libéralisation des prix, le respect des droits de propriété et la libre concurrence. C'est seulement à ces conditions que la libéralisation pourra baisser les coûts de transport et contribuer, d'une part, à démocratiser l'accès au transport aérien dans la région, et d 'autre part, à améliorer la compétitivité des économies de ces pays en facilitant leur intégration dans l'économie mondiale.

Russie : Poutine prépare-t-il son (long) retour ? - Le 13 novembre 2008. Demain sera vraisemblablement adopté à la Douma un projet de loi déposé il y a deux jours permettant l’extension du mandat présidentiel russe de 4 à 6 ans. Des sources ont indiqué que Vladimir Poutine pourrait revenir au pouvoir en 2009 grâce à des élections anticipées et ainsi pouvoir régner jusqu’en … 2021, s’il était élu par deux fois. Cependant le Président Medvedev a nié vouloir se retirer et indiqué que la loi n’était pas rétroactive. Après l’Algérie, il semble que les petits arrangements constitutionnels pour permettre « au peuple » de reconduire ses dirigeants « épris de démocratie » font florès ces temps-ci.

Birmanie : toujours l’oppression - le 12 novembre 2008. Hier 23 opposants au régime totalitaire birman ont été condamnés à … 65 ans de prison pour avoir osé déclarer leur volonté de changement. Le régime est tenu d’une main de fer par le Général Than Shwe et ne souffre pas la critique. Etat de droit et droits de l’homme y sont constamment bafoués. Lundi c’est encore un bloggeur qui a été condamné à 20 ans de prison pour avoir discuté en ligne des difficultés de la vie quotidienne en Birmanie.

Un demi million - le 11 novembre 2008. C’est le nombre d’emplois détruits aux Etats-Unis entre septembre et octobre. Dans l’automobile General Motors a annoncé hier 5500 réductions de postes. Si l’automobile US s’effondre ce seraient jusqu’à 4 millions d’emplois directs et indirects qui pourraient être touchés. On parle d’un plan de sauvegarde de l’automobile, avec des prêts spéciaux. Malheureusement, la demande n’est pas là, et l’offre n’y est pas réellement adaptée. Les plans risquent de n’avoir aucun effet de relance, et uniquement coûter de l’argent aux contribuables. La « bulle Greenspan » consistant à doper artificiellement l'économie avec une politique d'argent bon marché se paie aujourd’hui. Très cher.

Un vent de contestation souffle sur l’Iran - le 10 novembre 2008. A sept mois de l'élection présidentielle, le président Ahmadinejad est de plus en plus critiqué, particulièrement pour ses choix en politique économique. Dans une lettre ouverte, 60 économistes des universités de Téhéran et de province dénoncent les coûts générés par la politique de tension pratiquée par le gouvernement et ses choix erronés en matière de politique économique. Ainsi, les sanctions imposées par les Nations Unies ont privé l’Iran de plusieurs opportunités de commerce et d’investissements étrangers. De même, le gouvernement a dilapidé les revenus pétroliers dans des investissements peu productifs, ce qui s’est traduit par une hausse de la pauvreté, du chômage et de l’inflation. La montée des critiques, y compris au sein du camp conservateur, trouvent un écho plus grandissant en raison de la crise financière et de la chute des revenus pétroliers. Peut-être que ce contexte difficile pourrait amener les iraniens à porter bientôt au pouvoir des politiques avec des intentions plus réformatrices et moins idéologiques afin de sortir le pays de sa léthargie économique.

Massacres en RDC - le 7 novembre 2008. C’est emmurée dans l’enceinte de sa base de Kiwanda que la mission de paix de l’ONU en RDC (Monuc) a passé la nuit du 5 au 6 novembre. Pendant ce temps, les forces rebelles du Congrès National pour la Défense du Peuple mené par le général tutsi Laurent Nkunda commettaient des massacres dans la ville. Cinquante morts ? Deux cent morts ? Les sources ne sont pas claires. Le CNDP tentait de reconquérir la ville, où vivaient de nombreux Hutus congolais, en la ratissant, des opposants hutus et des forces gouvernementales s’étant fondus dans la population. Les participants au sommet de Nairobi sur le conflit en RDC (dont faisaient partie les présidents Kabila et Kagame) a sommé ce vendredi les parties belligérantes à un cessez-le-feu immédiat et réclamé la mise en place d’un corridor humanitaire au Nord-Kivu. avec les forces de l'ONU si passives, on voit mal comment ces appels pourront se concrétiser.

Le piège de la révision de la constitution au Niger - le 6 novembre 2008. La constitution nigérienne, adoptée en 1999, limite l'exercice de la fonction présidentielle à la tête du pays à deux mandats de cinq ans une fois renouvelable. Toutefois, fait inédit, les soutiens des partis politiques, des citoyens et des dignitaires religieux se multiplient pour permettre au Président Mamadou Tandja de briguer un troisième mandat, eu égard à ses compétences et à ses réalisations pendant ses deux premiers mandats. Sans vouloir remettre en cause la compétence de l’actuel président, cette requête de révision de la constitution, si elle aboutit, est risquée car si elle permet de reconduire un bon président, elle pourra dans le futur empêcher de se débarrasser de mauvais présidents. A moins que les dignitaires religieux, très écoutés au Niger, soient sûrs qu’il y a plus de chances d’avoir des présidents compétents qu’incompétents, la demande de révision pourra s’avérer être un piège pour la démocratie et le peuple nigérien.

La victoire d’Obama : un exemple à méditer pour l’Afrique - le 5 novembre 2008. 40 ans après la révolution des droits civiques, Obama accomplit le rêve du Révérend Martin Luther King. Cette performance historique est présentée comme une revanche des minorités visibles aux Etats-Unis, particulièrement les afro-américains. Mais, l’engouement mondial autour de cette élection dépasse les frontières américaines car les minorités du reste du monde se sont appropriées l’exploit d’Obama. De ce fait, les Etats-Unis ont donné une leçon au monde entier en montrant qu’il est possible de se réconcilier avec son passé par la voie démocratique. Même si l’élection d’Obama, surtout dans ce contexte de crise, ne résoudra pas tous les problèmes de discrimination, elle a néanmoins le mérite de montrer que la voie démocratique peut mener vers l’émancipation. C’est un exemple à méditer pour les pays africains (Kenya, Soudan, Tchad, etc.) où les demandes ethniques et raciales sont automatiquement et systématiquement réprimées, ce qui débouche sur des guerres pénalisant leur développement.

Chères élections... - le 4 novembre 2008. Alors que l'incertitude plane encore sur la question de savoir qui sera le prochain locataire de la Maison Blanche, la certitude c'est que ces élections américaines auront été les plus chères de l'histoire : 1,4 milliards de dollars de dépenses, dont 593 millions et 216 respectivement pour Obama et McCain. Côté pub, c'est 207 millions et 119 respectivement que ces deux candidats ont dû débourser. La demie-heure d'Obama sur les grandes chaînes la semaine dernière pourrait avoir coûté jusqu'à 5 millions de dollars. Plus de 1,5 milliards de dollars ont été levés pour les quelques 20 candidats.

Afrique du Sud : première convention de l'ANC dissident - le 3 novembre 2008. Alors qu’ils lanceront leur parti à la mi-décembre, les dissidents de l’ANC, menés par Mosiuoa Lekota (ancien ministre de la défense) et Mbhazima Shilowa (ancien premier ministre de la province du Gauteng), ont tenu leur première Convention nationale samedi 1 er novembre. N’appréciant pas les manœuvres judiciaires douteuses visant à protéger Jacob Zuma, déçus par l’éviction de l’ancien Président Thabo Mbeki en septembre, prétendant respecter les valeurs fondatrices de l’ANC, il est peu probable que les dissidents détrônent l’ANC « historique ». Cependant des alliances locales avec l’autre parti d’opposition, Democratic Alliance, et pourraient faire bouger quelques lignes de démarcation politiques.

La haine - le 31 octobre 2008. Selon le HCR, en RDC "plusieurs camps de personnes déplacées près de la ville de Rutshuru dans le Nord-Kivu, à 90 km au nord de Goma, ont été vidés par la force, pillés et brûlés". 50.000 déplacés sont au milieu des combats.Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner estime que c'est un "massacre comme il n'y en a probablement jamais eu en Afrique qui est en train de se dérouler presque sous nos yeux, avec plus d'un million de réfugiés, avec des attaques très précises, des mutilations sexuelles qui font partie des actes élémentaires de la guerre dans cet endroit". Lamission de maintien de la paix de l'ONU semble impuissante à juguler la violence. Le président rwandais Paul Kagame, qui a démenti soutenir les rebelles, et le président congolais Joseph Kabila ont accepté de se rencontrer lors d'un sommet international pour la paix en RDC.

Les mots pour le dire... - le 29 octobre 2008. Le Président algérien Aziz Bouteflika a annoncé hier sa révision constitutionnelle, ou « enrichissement » selon ses propres termes, qui pourra désormais « permettre au peuple d’exercer son droit légitime à choisir ses gouvernants et à leur renouveler sa confiance en toute souveraineté, tant il est vrai que nul n’a le droit de limiter la liberté du peuple dans l’expression de sa volonté, car la relation entre le gouvernant élu et le citoyen électeur est une relation de confiance profonde, réciproque, basée sur le choix populaire, libre et convaincu ». Derrière le lyrisme de ces paroles sauporifiques se cache le vrai message pour le peuple : le verrou constitutionnel empêchant un troisième mandat présidentiel a sauté...

A quand la fin de l’esclavage ? – le 28 octobre 2008. Alors que la pratique de l’esclavage est encore répandue en Afrique dans des pays comme, entre autres, le Mali, la Mauritanie ou le Niger, ce dernier pays a été condamné lundi 27 octobre par la Cour de Justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest pour n’avoir pas protégé une jeune femme de ce fléau. La jeune nigérienne de 24 ans était esclave domestique mais aussi sexuelle depuis l’âge de douze ans. Avoir osé déposer plainte dans son pays lui avait valu un emprisonnement de six mois pour bigamie implicite, la coutume locale exigeant qu’elle ait marié son ancien maître et non un autre homme qu’elle aimait. Le tribunal régional remet donc les pendules à l’heure. Alors qu’Antislavery International estime à 12 millions le nombre d’esclaves dans le monde, le cas de cette jeune nigérienne pourra faire jurisprudence. Et peut-être un pas vers le respect de l'état de droit ?

RDC : encore 20.000 déplacés – le 27 octobre 2008. Le Congrès national pour la défense du peuple mené par le général rebelle tutsi Laurent Nkunda a attaqué lundi 27 octobre la ville de Kibumba dans le Nord-Kivu. Près de 20.000 civils auraient fui la ville pour rejoindre Goma, chef-lieu de la province. Mais cette ville est l’objectif des rebelles. La mission de paix de l’ONU, la MONUC, qui compte 17.000 hommes peine à maintenir l’ordre et a été attaquée par les rebelles. Son commandant le général espagnol Vicente Diaz a donné sa démission aujourd’hui. Le Président Joseph Kabila a le même jour formé son nouveau gouvernement dirigé par Adolphe Muzito, dont la mission sera le combat et la reconstruction. Le HCR estime que 100.000 personnes ont fui depuis la reprise des combats le 28 août. La région, frontalière du Rwanda, est en proie aux tensions depuis une décennie. Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir les rebelles.

Prix Sakharov : Pékin mécontent - le 23 octobre 2008. Le prix Sakharov pour la liberté de pensée a été décernée par le Parlement européen le 23 octobre au dissident chinois Hu Jia, condamné à trois ans et demi d'emprisonnement en Chine pour subversion (écrits sur internet et interviews avec la presse étrangère de critiques du régime à l'occasion de la préparation des J.O.) depuis avril. Pékin, qui avait effectué des pressions pour que ce prix ne soit pas décerné au dissident, a exprimé son "fort mécontentement".

Empereur d’Europe ?– le 22 octobre 2008. Y-aurait-il des relents bonapartistes chez le président français Nicolas Sarkozy ? Ce dernier a en effet saisi l’opportunité de la crise pour lancer hier l’idée d’un gouvernement économique de la zone euro. Ce qui tombe bien puisque, selon le Monde, il serait volontiers prêt à assurer la présidence de la zone euro pour une année de plus. Il est vrai que son successeur à la présidence tournante européenne, en janvier prochain, le tchèque Vaclav Klaus, est très clairement un libéral eurosceptique, c’est à dire pas tout à fait la tasse de thé du président français. La perspective d’un gouvernement technocratique de plus en plus éloigné des peuples n’est pas du goût de M. Klaus et on le comprend. Mais M. Sarkozy, au prétexte de la crise géorgienne et de la crise financière, n’entend pas « revenir sur une Europe volontariste ». Il pourrait se faire élire par un forum de l’Eurogroupe. On peut craindre que tout cela ne puisse être aussi une bonne occasion de jeter aux oubliettes l’indépendance de la Banque Centrale Européenne, tant on connait les critiques que le Président français avait lancé à Jean-Claude Trichet il y a quelques mois.

L’art de la bulle - le 21 octobre 2008. Ben Bernanke n’a visiblement pas su tirer les conséquences de la crise. Alors même que les politiques d’argent bon marché entre 2002 et 2005 (au prétexte de sortir de la crise post 11 septembre) sont une des sources principales du cataclysme actuel, voilà que le directeur de la Fed remet le couvert hier : « Si le Congrès met en place un plan budgétaire, il devrait examiner la possibilité d'y inclure des mesures pour améliorer l'accès au crédit pour les consommateurs, les candidats à la propriété, les entreprises, et d'autres emprunteurs ». Après avoir baissé les taux directeurs de son institution le directeur de la Fed considère comme positive l’option de « plan de relance » du Congrès. La Fed et le Congrès américain s’entêtent à engager des politiques contra-cycliques qui ne font que… créer des nouveaux cycles et de nouvelles bulles qui seront attribuées sans nul doute « aux dérapages des marchés ». On ne guérit pas de l’addiction à la drogue en se droguant toujours plus.

La disparition d'un symbole - le 20 octobre 2008. Sœur Emmanuelle, souvent appelée la « petite sœur des chiffonniers » est décédée cette nuit. Derrière ce petit bout de femme énergique qui luttait pour aider tant de gens dans la pauvreté, il y avait un symbole. Le symbole de la solidarité. Le symbole de la puissance du lien social dans la société civile. Le confort occidental venant de la croissance économique est une très bonne chose mais il nous a sans doute rendu moins attentifs au sort des autres ; peut-être d’ailleurs parce que la nationalisation de la solidarité par les Etats-providence nous a ôté notre responsabilité individuelle, et en particulier la responsabilité d’aider son prochain, au moins de temps en autres. Mais le développement et la civilisation c’est aussi une société civile dans laquelle les individus s’entre-aident. Nos générations l’ont oublié mais il fût un temps, avant que le politique ne s’immisce dans la sphère communautaire, où il était commun d’appartenir à une amicale, une friendly society et autres organisations sociales privées, et d’y partager droits et devoirs envers les autres. Espérons que le message de solidarité de Sœur Emmanuelle puisse résister au temps.

La liberté économique au sommet de la Francophonie - le 17 octobre 2008. Alors que s’ouvre aujourd’hui le XII°ème Sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement de la Francophonie, à Québec (17-19 octobre), l’Institut Fraser, notre partenaire, en profitera pour présenter un rapport de la liberté économique dans le monde francophone. Cela permettra d’enrichir les débats et de fournir sans doute une base de travail pour deux des quatre sessions prévues : « démocratie et État de droit » et « gouvernance économique ».

Paul Krugman reçoit le Prix Nobel de Sciences économiques – le 13 octobre 2008. L’économiste américain a été récompensé pour ses analyses sur les formes du commerce international et sur la localisation de l’activité économique.Par sa critique de la théorie des avantages comparatifs (à la Ricardo) comme moteur d’un commerce international inter-branche (chaque pays se spécialisant dans certaines branches en fonction de ses dotations, les pays échangeant donc des biens différents), il a permis de réhabiliter indirectement la conception du commerce international d’Adam Smith. Cette dernière, fondée sur le lien positif entre taille du marché et division du travail, permet en effet d’inclure le commerce international intra-branche (les pays s’échangent des biens similaires) et ne nécessite pas de postuler des différences de dotations entre pays ou individus pour expliquer le commerce. Tout en critiquant la justification du libre échange par la théorie « orthodoxe » (à la Ricardo), Krugman légitime lui aussi le libre échange sur la base d’une théorie du commerce intra-branche et sur des considérations autour des faiblesses de l’interventionnisme. Intervenir signifie en effet régler le problème de connaissance des « régulateurs » sur l’intervention optimale (impossible à résoudre) et résoudre problème de la formation des intérêts protectionnistes (idem). Pour autant il n’est pas un chantre du libre-échange.Par contre, la vision des rendements croissants chez Krugman pour expliquer le commerce international est moins riche que celle de Adam Smith ou – mieux – qu’Allyn Young ou James Buchanan (Prix Nobel 1986). Il ne propose en effet pas une vision en termes de rendements croissants généralisés comme ces auteurs, restant à une conception des rendements croissants de secteurs. Il a par ailleurs permis de réhabiliter la théorie d’Alfred Marshall sur la localisation des industries, fondée sur les économies d’échelles / rendements croissants. Récemment il a vivement critiqué la politique du Président Bush et appelé à plus d'interventionnisme.

L'Afrique face à la crise mondiale - le 9 octobre 2008. Il y a deux jours le Président de la Banque Africaine de Développement, Dr. Donald Kaberuka a indiqué que la crise financière mondiale pourrait avoir un impact en Afrique. Il a logiquement noté que le ralentissement de la croissance pourrait réduire la demande d’exportations africaines. Bien sûr l’accès des projets africains aux capitaux sera aussi plus difficile. Ensuite l’aide des pays riches vers l’Afrique pourrait aussi diminuer, du fait des nouvelles conditions budgétaires suite à la crise dans ces pays. Le Président de la BAD n’a pas tort. Mais cela signifie que plus que jamais les pays d’Afrique doivent entreprendre des efforts pour faciliter le climat des affaires pour attirer les investissements internationaux – et pas simplement ceux qui visent ses ressources primaires. Les réformes institutionnelles vers plus de liberté sont essentielles pour la prospérité des Africains.

Ciel africain : bientôt la libéralisation ? - le 8 octobre 2008. Ouagadougou accueille depuis lundi une réunion d’experts africains de la CEDEAO et de la CEMAC. Leur mission ? Plancher sur les processus d’harmonisation et de coordination pour enfin libéraliser le secteur aérien africain. Voilà 9 ans qu’un mémorandum d’entente a été signé à Youmoussokro (Côte d’Ivoire). Dans un mois se tiendra à Accra une réunion du conseil des ministres sur la libéralisation le ciel de l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. Les rapports de la réunion des experts cette semaine servira alors de base de travail.

Algérie : la liberté de conscience menacée ? - le 7 octobre 2008. Pour avoir mangé en public en temps de jeûne durant le Ramadan, six personnes ont été condamnées chacune à 4 ans de prison et 1000 euros d’amende par le Tribunal de Biskra. La Constituion de ce pays garantit pourtant la liberté de conscience…

Spécial Crise - le 6 octobre 2008 - Le fait que la crise financière actuelle soit montrée systématiquement et uniquement comme une crise du système capitaliste - en oubliant un peu vite les responsabilités politiques dans cette crise - nous pousse à créer cette rubrique.

Plan B - le 4 octobre 2008. Après le rejet du plan Paulson par le Congrès américain en début de semaine, une nouvelle version est « passée » hier, avec 263 voix pour et 171 contre. Ce plan, de 700 milliards de dollars, est censé sauver le système financier américain et éviter ainsi une crise systémique. Mais ce plan n’est peut-être pas une si bonne nouvelle.

D’abord, il n’est pas du tout certain que ce plan parvienne à son objectif au vu de la complexité des instruments à mettre en place. On voit en effet déjà mal comment fixer le prix d’actifs que le marché n’est pas capable d’évaluer. D’ailleurs Henry Paulson n’a toujours pas de réponse quant à quels sont ces instruments.

Ensuite le plan va avoir des effets pervers manifestes :- Il va récompenser des dirigeants et des sociétés qui ont effectué des choix erronés, au frais du contribuable. - Alors que la crise est une illustration parfaite des incitations catastrophiques générées lorsqu’on annonce que les profits seront privatisés et les pertes mutualisées, le plan consacre définitivement cette option. C’est bien évidemment un signal encore plus fort pour la déresponsabilisation et la prise de risque excessive dans l’avenir. On répète les erreurs du passé (le Japon dans les années 90 par exemple).- Ces mécanismes accroîtront inévitablement les processus de décisions politiques et donc la corruption (comme dans le cas de Fannie Mae et Freddie Mac)- Le plan va empêcher une réallocation saine du capital dans l’économie et conduire à de nouvelles distorsions qui génèreront immanquablement des bulles.

Contrairement à ce qui est ressassé dans les médias, la crise est en grande partie due à l’interventionnisme. Il n’y a donc pas aujourd’hui un « retour de l’Etat » mais un « renforcement de l’Etat ». Une intervention a créé un déséquilibre et on appelle une nouvelle intervention pour résorber ce déséquilibre… ce qui en créera en réalité un nouveau, comme par le passé. La bulle immobilière a été générée avec la « correction » de la bulle internet par la politique monétaire. Mais ici les choses sont plus graves car il y a une subvention massive avec l’argent du contribuable.

La présidente du Congrès Mme Pelosi a déclaré « vouloir faire la lumière sur ce qui s’est passé (…) pour ne pas que cela se reproduise », expliquant qu’il fallait chercher ce qui « n’avait pas fonctionné » dans les marchés financiers. Elle n’aura pas à chercher bien loin :- alors qu’en début d’année lors de débats houleux sur l’opportunité d’un contrôle plus strict des pratiques de Fannie Mae et Freddie Mac (les deux géants du refinancement hypothécaire d’origine publique) des membres démocrates s’y sont opposés, demandant au contraire …un affaiblissement de la capitalisation de ces organismes. Il faut dire que ces deux organismes finançaient allègrement certaines campagnes démocrates… - De même le Community Reinvestment Act, censé doper l’accès au crédit, avait été défendu par les démocrates. - En 2004 c’est la Security and Exchange Commission, organisme de réglementation des marchés, qui a permis aux banques d’investissement des effets de levier de 30 fois le capital (contre 12 fois auparavant). - Entre 2002 et 2005 c’est la Federal Reserve – pas « le marché » donc - qui maintient des taux en dessous de 2% (soit de l’argent quasiment gratuit nourrissant ainsi la bulle financière), pour ensuite remonter les taux à 5,5 %, étouffant ainsi ceux qui avaient emprunté à taux variables. - C’est donc la Federal Reserve qui a mené une politique monétaire instable générant des cycles économiques.- C’est aussi le dirigeant de la Federal Reserve, Alan Greespan qui expliquait régulièrement qu’il ne pouvait anticiper les bulles financière mais que la Federal Reserve interviendrait pour assurer la casse, fournissant ainsi une incitation aux acteurs du marché à prendre des risques excessifs puisque les pertes seraient mutualisées.

Il est consternant de voir à quel point les politiques nient leurs erreurs (et celles des agences à qui ils ont conféré un monopole) pour les rejeter « sur les marchés ».

531 millions...- le 3 octobre 2008. En février 2007 le taux d’inflation du Zimbabwe atteignait 50% par mois, soit le seuil définissant une hyperinflation (50% par mois correspond à 12 875 % par an). Depuis l’inflation a décuplé. Les dernières données officielles sur l’inflation datent de juin et sont largement dépassées. La Banque centrale du Zimbabwe a été même moins informative quant aux données sur la masse monétaire : les derniers chiffres officiels datent de janvier 2008. Au vu de l’absence de données officielles sur la masse monétaire et l’inflation, il est difficile de quantifier l’ampleur de la crise au Zimbabwe. Pour surmonter ce problème de mesure, Steve Hanke, chercheur au Cato Institute, a développé l'Index de l’Hyperinflation au Zimbabwe. Cette nouvelle mesure est fondée sur des données de prix de marché. Selon ce nouvel indicateur, le 26 septembre 2008, l’inflation annuelle au Zimbabwe était de 531 millions de pourcent...

Bientôt un « Fannie Mae et Freddie Mac » à la française …– le 2 octobre 2008. Il a quelques jours nous critiquions le Président Sarkozy sur son incapacité à comprendre les origines de la crise actuelle. Comme beaucoup d’observateurs, il oubliait les mécanismes interventionnistes qui avaient déresponsabilisé les acteurs (soutien public aux organismes de garantie hypothécaire, politique monétaire laxiste), offrant ainsi une explication très peu objective de la crise, et par conséquent un diagnostic très contestable. Il a confirmé hier soir son incompréhension de cette crise. En effet, aux Etats-Unis, les garanties publiques sur Fannie Mae et Freddie Mac ont incité ces organismes à couvrir des emprunteurs qui n’avaient en réalité pas les garanties nécessaires pour contracter un emprunt sur un marché libre. Par « volonté sociale » on a engrangé des « crédits pourris » à l’origine de la crise.

Voilà que L’Elysée annonce hier soir après une réunion de travail sur la situation du logement : « le Président de la République a (…) décidé d’étendre la garantie que l’Etat apporte aux crédits immobiliers des ménages via les « prêts d’accession sociale » en relevant le plafond de ressources y ouvrant droit : 60% des ménages contactant un crédit immobilier deviendront éligibles à cette garantie contre seulement 20% aujourd’hui ». C’est très clairement instituer un Fannie Mae et un Freddie Mac à la française, c'est à dire poser une bombe à retardement, fabriquer les conditions pour une bulle qui fera très mal lorsqu'elle éclatera.

L’incompréhension semble totale lorsqu’on lit cette dernière phrase : « Pour les banques, cette mesure permettra d’augmenter le volume des actifs de qualité éligibles à un refinancement à coûts bas ». Car c’est bien le contraire qui va se passer : les actifs qui seront augmentés ne seront pas de qualité justement ! Nicolas Sarkozy nous prépare une crise des subprimes à la française… Il blâmera bien sûr les spéculateurs lorsque cela arrivera…

Zimbabwe : l'accord dans l'impasse - le 1er octobre 2008. L'application de l'accord signé le 15 septembre entre Robert Mugabe et les dirigeants du MDC Morgan Tsvangirai et Arthur Mutambara semble dans l'impasse. Les négociations d'hier n'ont pas abouti, la Zanu-PF de Mugabe veuillant conserver tous les ministères importants comme la Défense, l'Intérieur, la Sécurité de l'Etat et les Finances. La formation d'un gouvernement d'union sur une base si déséquilibrée n'est pas envisageable pour le mouvement d'opposition, même si l'accord prévoyait 15 ministères pour la Zanu-PF et 16 pour les deux courants du MDC. le MDC a demandé la médiation de l'ancien Président sud-africain Thabo Mbeki, qui avait présidé à la formation de l'accord du 15 septembre.

Egypte : on ne parle pas de la santé du Président – le 29 septembre 2008. En Egypte dire que « le Président a des problèmes sans gravité de circulation sanguine » peut valoir jusqu'à 3 ans de prison. Le journaliste d'opposition Ibrahim Eissa quia propagé « la rumeur » l'été 2007 a eu la « chance » de voir sa peine de 6 mois en première instance, réduite à 2 mois en appel. Au royaume de Moubarak, on ne badine pas avec la « diffusion de fausse nouvelle de nature à mettre en péril l'intérêt général et la stabilité du pays ». Dans ce pays ou la population est oppressée et où la liberté d'expression est un crime de lèse-Majesté, de nombreux journalistes sont muselés, et des bloggeurs dont Karim Amer croupissent toujours en prison.

« La crise financière n'est pas la crise du capitalisme » - le 26 septembre 2008. Lorsqu’il a prononcé cette phrase hier soir à Toulon en France, le Président Sarkozy semblait sur la bonne voie. On se disait qu’il allait mentionner le fait que la crise des subprimes trouve son origine dans le comportement irresponsable de banquiers et financiers – il l’a dit – parce que les autorités ont mis en œuvre des politiques de déresponsabilisation – il ne l’a pas dit.

On se disait en effet qu’il allait expliquer que Fanny Mae et Freddie Mac, les deux organismes qui garantissaient les prêts hypothécaires, n’étaient pas des vraies entreprises capitalistes, mais des entités hybrides entre privé et public, qui avaient pour mission de favoriser l’accès au crédit de gens qui n’y auraient pas eu accès sur un marché libre parce que ne remplissant pas les conditions d’éligibilité. On se disait donc qu’il allait rappeler que c’est le capitalisme de connivence avec le politique, c'est-à-dire l’intervention du politique dans le capitalisme au prétexte de faire du « social » (mais aussi financer les campagnes électorales !) qui avait perverti le fonctionnement des marchés. Car effectivement tout cela, ça n’est pas du capitalisme. De même, on se disait qu’il allait exposer les méfaits d'une politique monétaire laxiste où l’argent est presque gratuit, c'est-à-dire en dessous de ce qu’il serait sur un « marché monétaire libre », pour « doper l'économie » où les banquiers centraux annoncent qu’ils assureront la casse en cas de bulle spéculative, c'est-à-dire qu’ils incitent les acteurs de la finance à agir dans le sens de privatiser leurs gains mais de nationaliser leurs pertes… Mais non, tout cela le Président ne l’a pas dit. Pourtant, il n’a eu de cesse de répéter « quand on veut dire la vérité aux Français, il faut la leur dire jusqu'au bout ».

Du coup sa démonstration tourne court. « Il faut bien que l'Etat intervienne, qu'il impose des règles, qu'il investisse, qu'il prenne des participations, pourvu qu'il sache se retirer quand son intervention n'est plus nécessaire. Imaginons où en serait le monde si le gouvernement américain était resté sans rien faire face à la crise financière sous prétexte de respecter je ne sais quelle orthodoxie en matière de concurrence, de budget ou de monnaie ? ». Mais c’est exactement parce que l’Etat et les autorités monétaires américains interviennent depuis des années en ne respectant pas les principes des marchés, parce qu’ils n’ont pas suivi une orthodoxie mais préféré le pragmatisme – cher à Nicolas Sarkozy, qu’ils ont créé le chaos. « La crise actuelle est une crise structurelle » nous a dit le Président. C’est bien vrai. C’est une crise de la déresponsabilisation par le politique, c’est une crise du « pragmatisme » interventionniste.

Vous pouvez lire :

Fannie Mae et freddie Mac : les déboires du capitalisme d’Etat
par Gerald O’Driscoll

Sociétés à irresponsabilité illimitée par Nouh El Harmouzi et Emmanuel Martin.

La plaie de la corruption - le 24 septembre 2008. L'Organisation Non Gouvernementale Transparency International a publié hier son rapport 2008 sur la corruption dans le monde. Il se fonde sur un Index de Perceptions de la Corruption, un index composite allant de 0 (très mauvais) à 10 (très bon). 180 pays sont notés dans ce classement. Le Danemark, la Nouvelle-Zélande et la Suède sont classés comme les pays les moins corrompus (score de 9.3 sur 10), suivis par Singapour. On trouve en fin de classement la Somalie (1.0), talonnée par l'Irak et la Birmanie (1.3) et Haïti (1.4). La Bulgarie, le Burundi, les Maldives, la Norvège et le Royaume-Uni ont reculé dans le classement, alors que des pays comme l'Albanie, Chypre, la Géorgie, l'île Maurice, le Nigeria, Oman, le Qatar, la Corée du Sud, Tonga ou la Turquie se sont améliorés en la matière. Le rapport montre clairement le lien entre pauvreté, institutions défaillantes et corruption.

Venezuela : Ne nous parlez pas de droits de l'homme - le 21 septembre 2008. Deux membres de la très respectée Human Rights Watch, José Miguel Vivanco (Chili), directeur du secteur « Amériques » et son assistant Daniel Wilkinson (USA) ont été expulsés du Venezuela vendredi 19 septembre. Motif ? Ils avaient présenté la veille un rapport un peu trop critique à l’égard du régime d’Hugo Chavez. Montré du doigt pour son affaiblissement « des institutions démocratiques et des droits de l’homme », le régime a donc confirmé l’accusation en arrêtant les deux hommes dans leur hôtel et en les expulsant immédiatement. Nicolas Maduro, ministre vénézuelien des affaires étrangères a expliqué que tel était le sort réservé à ceux qui ont « l’intention de venir dans notre pays pour y comploter ». Il ne fait décidément pas bon critiquer les grands « démocrates »…

Zimbabwe : sortie de crise ? - le 16 septembre 2008. Robert Mugabe a signé hier un accord de gouvernement d'union nationale avec deux représentants du MDC (Mouvement pour le Changement démocratique). Morgan Tsvangirai sera donc premier Ministre. Il a appelé à l'union nationale et Mugabe a fait de même. Il est vrai qu'avec 11 millions de pour cent d'inflation, une production en berne, et des millions de gens jetés dans la misère, les Zimbabwéens doivent plus que jamais s'unir pour faire face aux défis de la pauvreté. Avec cet accord, l'aide internationale pourra à nouveau affluer au Zimbabwe. Ce qui n'est peut-être pas une si bonne nouvelle. On sait que généralement elle ne finit pas dans les assiettes des plus nécessiteux mais dans les poches des élites, aggravant encore plus les problèmes de corruption et de manque d'état de droit. Les agences internationales ou encore l'Union européenne devront veiller à ne pas faire un cadeaux empoisonné aux millions de miséreux zimbabwéens. L'UE a d'ailleurs signalé qu'elle attendrait des signes encourageants de retour de la démocratie avant de débloquer des fonds.

Angola : dos Santos garde la main – le 09 septembre 2008. Le week-end dernier l’Angola votait pour les élections législatives, soit les premières depuis la fin de la guerre civile en 2002. Le Mouvement Populaire pour Libération de l’Angola, d’inspiration marxiste, et au pouvoir depuis l’indépendance en 1975, a été reconduit avec un score de plus de 80%. José Eduardo dos Santos dispose désormais d’une large majorité au Parlement. L’UNITA, le mouvement d’opposition a donc été laissé k.o. avec à peine plus de 10% des votes.
Il n’est pas certain que les élections n’aient pas été entachées de vices. Une plainte devant la Commission électorale a d’ailleurs été déposée par le mouvement perdant auprès de la commission électorale. Car en effet, si la Commission d’observation de la communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) a estimé que les élections ont été crédibles, pacifiques et transparentes, l’Union européenne et l’Union africaine ont en premier lieu exprimé des réserves : manque de bulletins de vote, mise en place tardive du matériel, absence de listes de listes d’émargement, délais dans le dépouillement. Et le parti d’opposition n’a eu que très tard accès aux financements publics de campagne et prétend que dans plusieurs centaines de villages, il n’a pas été autorisé à entrer et déposer ses drapeaux.
Le pays qui connaît la croissance la plus forte du monde (20% par an), qui vient de détrôner le Nigéria en tant que premier producteur africain de pétrole, est aussi un des pays les plus corrompus au monde (147° place sur 179 selon Transparency International). Les revenus du pétrole que se partage l’élite au pouvoir génèrent des inégalités criantes et insupportables pour la vaste majorité des angolais qui vivent dans une misère abjecte.

Réforme foncière en Afrique du Sud : le risque d'un deuxième Zimbabwe ? - le 2 septembre 2008 - L'Afrique du Sud prévoit une réforme foncière qui pourrait s'avérer problématique et ressembler à celle du Zimbabwe, avec les conséquences que l'on connaît. Récemment le Comité Parlementaire d'Afrique du Sud sur les réformes foncières a mis en attente une proposition de loi sur la réforme foncière censée exproprier des Blancs de leurs fermes. Il semble qu'il n'y ait pas eu assez de consultations des parties prenantes. Bien sûr il n'est un secret pour personne que peu de terres ont été mises à disposition des Noirs depuis la fin de l'apartheid en 1994. Le gouvernement ANC projette de redistribuer un tiers des terres agricoles possédées par les Blancs d'ici à 2014. La minorité blanche représente 10% de la population mais détiendrait près de 90% des terres et seuls 4% ont été redistribuées aux Noirs à ce jour. Il faudra une extrême prudence si une telle politique est mise en application, de manière à éviter la politique populiste de réforme foncière qu'un Mugabe a mise au point pour lui-même et ses amis corrompus. Par ailleurs, le risque est grand que le démembrement de terres économiquement rentables en petits lots s'avère être une mesure non économique.

Tourner la page et passer à autre chose… le 1er septembre 2008 - Le président italien, en visite à Tripoli, a annoncé que sont pays aller verser à la Libye une somme de cinq milliards de dollars sur les 25 prochaines années au titre de « dédommagements pour la période coloniale ». Cette somme sera alloué pour financer des projets de développement tel que la construction d’une autoroute côtière de plus de 1700 Km traversant la Libye d’ouest en est, c’est-à-dire, de la frontière avec la Tunisie à celle avec l’Egypte. L'accord prévoit également la construction de logements, des bourses pour permettre à des étudiants libyens d'aller étudier en Italie et des pensions pour des mutilés victimes de mines anti-personnel posées par l'Italie pendant la période coloniale. D’aucun pourraient rétorquer que le somme de 5 milliards de dollars est insuffisante voire dérisoire, mais au-delà des considérations purement pécuniaires, l'accord est venu mettre fin à 40 ans de mésentente. C'est une reconnaissance complète et morale des dommages infligés à la Libye par l'Italie pendant la période coloniale reconnait dans ses propos du chef du gouvernement italien. Cet "accord inédit" selon les dires de L'ambassadeur de Libye à Rome, aura au moins le mérite de tourner la page des années de haine et de rancunes et d’ouvrir le chemin vers une collaboration pacifique. Pourvu que certains des anciens pays colonisés ou colonisateurs, qui trimbalent et ressassent la haine et le rejet de l’autre, en tirent des leçons…

Banque Mondiale : la proportion de pauvres dans le monde recule - le 28 août 2008 - Une nouvelle étude de la Banque mondiale montre que le nombre de personnes vivant dans la pauvreté a reculé de 500 millions de personnes en un quart de siècle. En effet, dans les pays en voie de développement en 1981, 1,9 milliard de personnes vivaient avec moins de 1.25 $ par jour. A l'époque cela représentait une personne sur deux. En 2005 ce sont 1.4 milliard de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, soit une sur quatre. Les nouvelles données sont plus pessimistes que les rapports les plus récents de 2004 estimant le chiffre à 985 millions de personnes. Cela est expliqué par l'établissement du seuil de pauvreté à 1.25 $ et non plus 1 $ par jour. Les méthodes d'estimation sont aussi plus fines, intégrant l'évolution récente du coût de la vie. En dépit de ce correctif, la pauvreté a nettement reculé dans le monde en 25 ans.
En Asie de l'Est la pauvreté est passée de 80% à 18%. Alors que cette région était la plus pauvre du monde, les progrès de la chine notamment ont permis ce recul spectaculaire. Malheureusement, l'Afrique subsaharienne semble toujours autant touchée par le fléau puisque c'est toujours la moitié de la population qui en souffre. Mais du fait de l'augmentation de la population, ce ratio stable de 50% signifie donc une augmentation en termes absolus du nombre de pauvres (de 200 en 1981 à 380 millions en 2005).

Moscou reconnaît les indépendances des républiques séparatistes d'Abkhazie et d'Ossetie du Sud - le 26 août 2008 - Après que les deux chambres du Parlement russe ont invité à l'unanimité lundi 25 août 2008 le président russe à reconnaître les indépendances des républiques géorgiennes séparatistes de l'Ossetie du sud et de l'Abkhazie, M. Medvedev a annoncé aujourd'hui que la Russie reconnaît ces indépendances. Les réactions occidentales ne se sont pas faites attendre pour y voir une "décision regrettable" (France), "inacceptable" (USA), "rejetée catégoriquement" (Royaume-Uni) et "tragique" (par le Président géorgien). L'Europe des 27 qui doit tenir un sommet extraordinaire le 1er septembre devrait marquer une commune réprobation à l'encontre de la position russe. Début août la Géorgie avait attaqué la république séparatiste d'Ossetie du Sud pour la rappeler à l'ordre. Moscou avait alors engagé une contre-offensive, invoquant le "maintien de la paix". (voir notre article sur le sujet).

USA : Bernanke persiste dans le pragmatisme- le 22 août 2008 - Le président de la banque centrale américaine a estimé aujourd’hui lors d’une conférence de son institution que la situation économique actuelle constituait « un des environnements économiques et politique les plus préoccupants de mémoire d’homme », du fait de la persistance de la crise financière. En effet, « ses effets sur l’économie entière deviennent de plus en plus apparents si l’on en juge par le ralentissement de l’activité économique et la hausse du chômage ». Et Bernanke a ajouté « des politiques de prêt trop conservatrices pourraient s’avérer contre-productives si elles contribuent à un environnement économique plus faible ». Des commentateurs ont interprété cela comme une indication que le taux d’intérêt directeur de l’institution serait maintenu à 2%, un taux que beaucoup estiment trop bas et qui génère inflation (5,6% de juillet 2007 à juillet 2008, taux le plus élevé depuis 17 ans) mais aussi à une mauvaise allocation des investissements (c’est à dire la création d’une nouvelle bulle).

Par ailleurs, discutant du cas de la Bear Stearns, il a de nouveau présenté sa doctrine selon laquelle des institutions financières « trop grosses pour faire faillite » devaient être secourues par les autorités (c'est-à-dire in fine par l’argent du contribuable). Ceci semble alors représenter un signal pour le cas de Freddie Mac et Fannie Mae, deux institutions en grandes difficultés spécialisées dans le crédit hypothécaire et dont la possible nationalisation a été récemment évoquée par le Trésor américain. On comprend la position « politique » de Bernanke, impliquant un certain pragmatisme. Pourtant il se pourrait bien que cela soit le pragmatisme qui ait provoqué cette crise financière : à trop vouloir décharger les acteurs de leurs responsabilités, les autorités leur fournissent de très mauvaises incitations. Et le cercle vicieux est (re)lancé.

Corruption au Cameroun : le FBI à la rescousse - le 19 août 2008 - L'Etat du Cameroun a fait appel au célèbre FBI (Federal Bureau of Investigation) des USA pour mener une enquête sur la corruption qui règnerait dans les hautes sphères du pouvoir, dans le cadre de l'opération Epervier censée mettre de l'ordre dans la gestion d'entreprises d'Etat. D'importantes sommes d'argent ont été détournées (des milliards de FCFA) pour être placées dans des banques américaines. Au delà de l'objectif de rapatrier les fonds volés (ce qui n'est pas simple), il faut aussi rétablir la justice, et quinze personnalités ont déjà été condamnées.

Cuba : les réformes se font attendre – le 14 août 2008 – Le Lider Maximo fêtait son anniversaire hier… mais la Commission nationale pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale lui a sans doute gâché la fête en diffusant la veille un rapport sur la situation de l’île. Un rapport pas vraiment brillant. Bien que le frère Raul ait promis des réformes, et que téléphones portables, fours à micro-ondes et autres luxes de la société de consommation soient désormais permis aux Cubains, les changements de fond se font attendre. Au-delà de l’absence d’état de droit (prisonniers politiques, arrestations arbitraires, interdiction de manifestations), l’économie est toujours entre les mains d’un Etat de bureaucrates autoritaires, induisant la pauvreté des masses.

L'Afrique australe se met au libre échange - le 13 août 2008 - Samedi prochain lors d'un sommet de la Communauté de Développement de l'Afrique Australe (SADC) sera lancée une zone de libre échange entre quatorze pays de l'Afrique australe (Afrique du Sud, Angola, Botswana, Lesotho, Madagascar, Malawi, Maurice, Mozambique, Namibie, République Démocratique du Congo, Swaziland, Tanzanie, Zambie, Zimbabwe). L'ojectif est de libéraliser 85 % du commerce avec cet accord, puis 100% en 2012. Le site de de la SADC indique que "libérer le commerce dans la région créera un marché plus large, dégageant ainsi un potentiel important pour le commerce, la croissance et l'emploi". Cependant, "le manque d'infrastructure est une barrière majeure à l'intégration et au développement régionaux", comme l'a noté Mandisi Mpahlwa, Ministre sud africain du commerce et de l'industrie selon Reuters.

La France suspend son aide à la Mauritanie - le 12 août 2008 - Après que l'Union Africaine a suspendu la Mauritanie de son organisation, voilà que la France a décidé hier de suspendre son aide aux projets de développement (mais pas l'aide humanitaire et alimentaire). Après le putsch de militaires qui avaient kidnappé le 6 août dernier le premier président démocratiquement élu en Mauritanie depuis l'indépendance en 1960, Sidi Ould Cheikh Abdallahi, ainsi que des membres de son entourage, l'indignation internationale s'était faite entendre. Hier les putschistes ont libéré le premier ministre Yahya Ould Ahmed Waghf, le ministre de l'intérieur Mohamed Ould R'Zeizi, le président du conseil économique et social Ahmed Ould Sidi Baba et le directeur général de l'Agence nationale chargée de l'insertion des réfugiés Moussa Fall.

Mort d'un Zek - le 4 août 2008 - Alexandre Soljenitsyne s'est éteint hier à l'âge de 89 ans. Il faut rappeler l'importance de l'oeuvre de cet homme. Déporté en camp de redressement par le travail en 1945 par le régime soviétique, puis condamné à l'exil au Kazakhstan, l'homme n'arrêtera pas d'écrire. D'écrire sur la réalité du socialisme soviétique. D'écrire sur l'horreur de ce système. De Une Journée d’Ivan Denissovitch à L'archipel du Goulag, autant de romans témoignages qui lui vaudront d'être conspué par l'intelligensia gauchiste à l'Ouest même (en France notamment) : les "intellectuels" ne supportaient pas la vérité sur leur idéal...

France : Edvige et Cristina suscitent l'inquiétude - le 1er août 2008 - Depuis la fusion de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST) et des Renseignements Généraux (RG) le 1er juillet dernier, une ombre plane au dessus des libertés en France. Car en effet deux fichiers de police on été "créés". Ils répondent aux doux noms d'Edvige (Exploitation documentaire et valorisation de l'information générale) et Cristina (Centralisation du renseignement intérieur pour la sécurité du territoire et les intérêts nationaux). Le premier compile les données sur les personnes de plus de 13 ans "susceptibles de porter atteinte à l'ordre public" ou exerçant un rôle "politique, économique, social ou religieux significatif". Des associations ont déposé un recours devant le Conseil d'Etat pour obtenir l'annulation de ce fichier. (il est possible de signer une pétition contre ce fichier ici : http://www.nonaedvige.ras.eu.org/). Le deuxième fichier, Cristina, est classé "secret-défense", issu de la DST et ne tombe même pas sous le coup de la Commission nationale de l'informatique et des libertés.

OMC : échec des négociations - le 30 juillet 2008 - Les négociations du cycle de Doha de l'Organisation Mondiale du Commerce à Genève engagées depuis le 21 juillet ont échoué, aucun accord n'ayant été signé. Le cycle de Doha avait été lancé à la fin 2001, et avait déjà débouché sur l'échec retentissant de Cancun en septembre 2003. Voilà donc le deuxième échec confirmé. Les Etats-Unis et l'Europe ne veulent pas supprimer leurs subventions agricoles, l'Inde demande un seuil de déclenchement de la clause de sauvegarde (qui permet des mesures protectionnistes exceptionnelles en cas de crise) considérés comme trop bas par les Etats-Unis. La France avait joué ce weekend un rôle particulièrement perturbateur, refusant de signer un accord. On comprend que le pouvoir de vote des agriculteurs induit un blocage à l'ouverture dans ce pays.

OMC : les négociations piétineraient-elles ? - le 27 juillet 2008 - Les discussions des négociations du cycle de Doha de l'Organisation Mondiale du Commerce semblent avoir piétiné toute la semaine à Genève. Il y a cependant eu une lueur d'espoir vendredi soir, au cinquième jour des négociations et hier Pascal Lamy a déclaré d'un “ensemble d'éléments” sur l'agriculture et l'accès aux marchés des produits non agricoles, une "contribution importante" selon lui.

2,2 millions %, le 18 juillet 2008 - 2,2 millions % c'est le taux d'inflation officiel au Zimbabwe. Il a été donné par le gouverneur de banque centrale du Zimbabwe il y a deux jours. Il y a quatre mois, la banque centrale avait émis un billet de ... 10 millions de dollars zimbabwéens. La politique d'inspiration collectiviste des dirigeants du Zimbabwe ruine le pays depuis des années. Trois millions de Zimbabwéens ont déjà émigré dans les pays voisins pour fuir la pauvreté généralisée et forcée. Alors que le Zimbabwe était à une époque le grenier à blé de l'Afrique australe, 80 % des Zimbabwéens vivent désormais en dessous du seuil de pauvreté.

Muhammad Yunus : lucide, le 14 juillet 2008 - Une interview fort intéressante de Muhammad Yunus dans Jeune Afrique cette semaine. Le Prix Nobel de la Paix 2006, célèbre "banquier des pauvres" et dont le dernier ouvrage s'intitule "Vers un nouveau capitalisme" (Lattès 2008), offre une analyse d'une grande lucidité et à contre-courant. Quelques extraits:
"En Afrique, les politiques d'aide au développement passent toujours par l'Etat. Pourtant, ce système n'a plus de raison d'être." (...)
"Si l'Afrique est en retard, c'est à cause de ses appareils d'Etat, pas de ses populations. La faute en revient à ce que tout passe par les administrations. Aujourd'hui, les classes dirigeantes africaines concentrent tout entre leurs mains, si bien que, si vous n'en faites pas partie, vous n'avez rien. Les Etats devraient au contraire, se cantonner à créer un environnement propice au développement, puis laisser les gens agir. Les Etats africains ne seraient pas confrontés aux problèmes qu'ils connaissent s'ils laissaient à leurs peuples un peu de marge de manœuvre."(...)
"Ce qui gêne le plus avec l'informel, c'est la difficulté pour l'Etat de prélever des taxes. Mais pourquoi en a-t-il besoin ? Pour aider les gens ? Faut-il créer un circuit spécifique pour les impôts en espérant que l'argent poncionné soit reversé aux pauvres ? Les impôts ne sont jamais reversés aux pauvres ! Dans un pays aussi aisé que la France, le peu d'argent que les plus démunis parviennent à gagner grâce au micro-crédit, ils doivent le reverser en cotisations sociales, qui peuvent représenter jusqu'à 40 % de leurs revenus. C'est une situation ubuesque : l'Etat prélève de l'argent aux pauvres pour aider les pauvres !"
Et quand on lui pose la question "Certains commencent à douter que l'aide internationale soit un levier de développement, estimant qu'elle n'a fait que renforcer la corruption. Partagez-vous cette analyse ?", le prix Nobel de la Paix répond : "Je l'approuve complètement". Jeune Afrique, n° 2478, pp. 60-62.

Les drames de l'émigration, le 12 juillet 2008 - 921: c'est le nombre d'émigrants dits "illégaux" qui, selon une organisation des droits de l'homme andalouse, sont mort en 2007 en voulant rejoindre les côtes espagnoles, pour trouver une vie meilleure. 629 d'entre eux venaient d'Afrique sub-saharienne.

Zimbabwe : Les opposants à Mugabe appellent à l'aide, le 4 juillet 2008 - Des opposants à Mugabe campent devant l'ambassade des USA. Ces opposants demandent l'aide des diplomates américains. D'autres, fuyant les violences dont ils sont victimes, s'exilent vers les pays voisins, Zambie, Mozambique, Botswana et Afrique du Sud. Le leader de l'opposition Morgan Tsvangirai a écarté la proposition faite en début de semaine par les dirigeants africains réunis en sommet, consistant à accepter un gouvernement d'union nationale. L'Union Européenne demande la tenue d'une nouvelle élection et les USA ont déposé un projet de résolution au Conseil de Sécurité.

Un coup dur pour les libertés individuelles en Suède, le 26 juin 2008 - Protéger les citoyens tout en n'empiétinant pas sur leur libertés individuelles reste un équilibre très délicat à définir.
La suède confrontée à ce dilemme a fait un choix pour le moins contestable et contesté par les défenseur des libertés individuelles.
En vertu d'un nouveau texte qui vient d'être adopté la semaine dernière (de justesse avec 5 voix d’écart) par le Parlement , l'Agence d'écoute militaire suédoise pourra, à compter du 1er janvier 2009, intercepter les courriels et les communications téléphoniques qui entrent dans le pays et qui en sortent. La surveillance s'effectuera à partir de mots-clés mais pas directement contre des personnes suspectées. Autrement dit, tout le monde, court le risque d’être intercepté. Ajoutons que cette Agence d'écoute militaire (qui était l'oreille de la Suède pour surveiller l'Union soviétique pendant la guerre froide) n'aura plus besoin d'obtenir une autorisation judiciaire pour mettre sur écoute.
La France, elle aussi, semble prendre le même chemin de la sécurité contre la liberté, avec la préparation d'une nouvelle loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Lopsi) qui donnera des pouvoirs inquiétant à l'Etat (captations informatiques, nouveau fichier "Périclès" croisant les données d'administrations variées, et, parallèlement, limitation des pouvoirs des juges en matière de perquisition... des lieux protégés de l'Etat).
Manifestement le spectre de « 1984 », imaginé par George Orwell, risque peu à peu de se transformer en réalité. Et à ce rythme, nos pays finiront peut-être par ressembler au Yémen, à la Corée du Nord ou encore à l’ex Allemagne de l’Est.

Zimbabwe : fin de course, le 23 juin 2008 - Morgan Tsvangirai, le dirigeant de l'opposition MDC au dictateur zimbabwéen Robert Mugabe, a annoncé hier son retrait de l'élection qui doit se tenir le 27 juin. Selon lui il ne sert à rien de continuer puisque les élections ne seront ni libres, ni justes. M. Tsvangirai a pris sa décision après qu'un rassemblement de l'opposition dans un stade a été empêché par le parti au pouvoir le Zanu-PF hier, et des partisans passés à tabac. Selon le MDC 86 partisans du MDC ont été tués depuis le début de la campagne, 200.000 personnes expulsés de leurs maisons, et l'aide alimentaire n'est plus distribuée dans les zones où l'opposition est majoritaire. "nous au MDC ne pouvons demander [à nos électeurs] de voter le 27 juin, si ce vote peut leur coûter la vie". "Nous ne participerons pas à cette parodie violente et illégitime de processus électoral". Il a appelé à la prise de conscience des Nations Unies et de l'Union Africaine.

La tension monte au Zimbabwe, le 18 juin 2008. - Alors que le second tour des élections doit se tenir le 27 juin, Robert Mugabe a ouvertement intimidé ses adversaires du Mouvement pour le Changement Démocratique (MDC) avant-hier, les accusant d'être responsables des violences politiques. Il a pu déclarer : "Nous allons bientôt accuser le MDC (Mouvement pour le changement démocratique) et les chefs du parti d'être responsables de ces crimes". "Nous disons que nous allons les arrêter en plein jour. Nous les avertissons que nous n'allons pas hésiter à les arrêter". De nombreux observateurs, du leader le l'ANC en Afrique du Sud Jacob Zuma, à Ban Ki-moon, en passant par Conoleeza Rice et Gordon Brown, se sont déclarés très pessimistes quant à la tenue d'élections libres. Partageant ce sentiment, le Premier Ministre kenyan Rail Odinga, a qualifié la situation à Harare d'"horreur".

L'état de droit à Guantanamo ?, le 13 juin 2008 - Hier la Cour Suprême des Etats-Unis a émis une décision qui fera date en affirmant la prévalence de l’habeas corpus, principe essentiel de l’état de droit. L’administration Bush essayait depuis longtemps d’empêcher les tribunaux de juger ses politiques de « temps de guerre ». En enfermant des prisonniers en dehors des Etats-Unis, à Guantanamo, les avocats du Président Bush soutenaient que l’habeas corpus n’était tout simplement pas applicable à un quelconque prisonnier dans cette prison. La Cour Suprême a rejeté cette affirmation au motif que le test pour déterminer l’applicabilité de l’habeas corpus « ne doit pas être sujet à manipulation par ceux dont le pouvoir doit justement être limité par l’habeas corpus ».

Le Président et l’armée continueront à avoir de la marge pour décider initialement quels suspects de terrorisme doivent être arrêtés et emprisonnés, mais ils ne disposent plus d’un chèque en blanc pour emprisonner qui bon leur semble pour une période indéfinie. Même en temps de guerre, les principes de séparation des pouvoirs de la Constitution demeurent effectifs et, comme la Cour l’a noté, « peu d’exercices du pouvoir judiciaire sont aussi légitimes ou aussi nécessaires que la responsabilité d’entendre les contestations à l’encontre de l’autorité du pouvoir exécutif en cas d’emprisonnement d’une personne ».

La nouvelle devise cubaine : "travailler plus pour gagner plus" ?, le 12 juin 2008 - C’est une petite révolution dans l’un des derniers bastions du communisme. Les cubains auront le droit de « travailler plus pour gagner plus » pour reprendre cette expression très en vogue actuellement. Le gouvernement de Raoul Castro, a ainsi mis un terme à 49 ans de politique communiste-égalitariste de plafonds salariaux, mise en place par Fidel Castro, et qui a été pour le moins stérile et ruineuse. Il faut rappeler que les employés de "l’Etat employeur", quel que soit leur degré d’études, de motivation ou de rendement, touchaient strictement la même rémunération : environ 20 dollars par mois. Concrètement un ingénieur en informatique motivé et très rentable touchait le même salaire qu’un serveur dans un bar désert de province.

« La tendance était que tout le monde recevait la même chose, et cet égalitarisme n'est pas opportun » affirme le vice-ministre cubain du Travail, Carlos Mateu, dans le quotidien Granma. Cette pratique est « injuste, car s'il est nuisible de donner à un travailleur moins que ce qu'il mérite, il est également nuisible de lui donner ce qu'il ne mérite pas ». Le ministre assure que cette nouvelle politique est « un outil qui contribuera à obtenir de meilleurs résultats en matière de productivité ». Il confirme l’abolition de la doctrine inspirée du slogan marxiste (certes attrayant mais économiquement ruineux) selon lequel « de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ». La devise cubaine est désormais « de chacun selon ses capacités, à chacun selon son travail ». Les défenseurs des la liberté ne peuvent que se féliciter de cette évolution - concession - du régime.

Le régime vient aussi d’autoriser les cubains à se procurer un téléphone mobile, un micro-ondes, un lecteur DVD, un ordinateur portable, à louer une voiture ou à prendre une chambre d’hôtel ! Ces assouplissements concédés par un régime verrouillé, ultra-centralisé et sclérosé restent timides voire marginaux au vu de l’immensité des chantiers et des réformes nécessaires pour sortir l’économie cubaine d’une situation de faillite généralisée. Mais, il n’est jamais tard pour « mieux » faire et mieux vaut tard que jamais.

Kadhafi ne veut pas de l'Union Pour la Méditerranée, le 11 juin 2008 - "Nous ne sommes ni des affamés ni des chiens pour qu'ils nous jettent un os". C'est en ces termes que le "guide" libyen Mouammar Kadhafi a rejeté hier le projet d'Union Pour la Méditerranée de Nicolas Sarkozy lors d'un mini-sommet arabe à Tripoli. Le colonel argue du fait que l'Europe ne doit pas passer un accord avec simplement quelques pays, car cela risquerait selon lui de déchirer la Ligue Arabe ou l'Union Africaine. L'initiative du Président français aurait au moins eu le mérite d'ouvrir sensiblement plus les pays en question, où la liberté n'est pas toujours chose acquise.

Les nouvelles du Zimbabwe ne sont pas rassurantes, le 4 juin 2008 - Il y a quelques jours Mugabe menaçait les soldats de « son » armée de voter pour lui aux prochaines élections ou de quitter les rangs. Des ONG telles que Care ou Save the Children UK ont vu leurs activités suspendues par le pouvoir la semaine dernière pour cause « d’engagement politique ». Le fait que Mugabe soit venu hier à Rome au sommet de la FAO sur la sécurité alimentaire alors que depuis des années ce dictateur affame son pays (qui était jadis le grenier à blé de l’Afrique australe), tient de la très mauvaise blague. Aujourd’hui, c’est son rival Morgan Tsvangirai qui a été arrêté à un barrage, accusé d’avoir pris la parole à un meeting sans y avoir été autorisé.

Les droits humains dans le monde : un combat incessant, le 30 mai 2008 - Le dernier rapport d’Amnesty International (Avril 2008) dresse un bilan négatif de la situation des droits humains dans le monde. Les chiffres sont éloquents :

En Égypte, près de 250 femmes ont été tuées par leur mari ou par un membre de la famille (crime d’honneur) durant le premier semestre de 2007 et deux femmes ont été violées toutes les deux heures ;

Des cas de torture et de traitement cruel, dégradant et inhumain ont été enregistrés dans 81 pays en 2007 ;

L’égalité devant la loi est toujours bafouée dans 23 pays qui appliquent des lois discriminatoires à l’égard des femmes, dans 15 pays ayant des lois discriminatoires à l’égard des migrants et au moins 14 lois discriminatoires à l’encontre des étrangers ;

A Guantanamo 270 personnes sont toujours privées de liberté, sans inculpation, et en dehors toute procédure légale, et dans l’Égypte de Moubarak près de 18000 prisonniers sont détenus sans inculpation au prétexte (le désormais classique) de combattre le « terrorisme » ;

Les libertés de pensée, de conscience et de religion continuent d’être bafouées dans 45 pays. La liberté d’expression et de presse est soumise à des restrictions dans 77 pays ;

Le rapport rappelle que la situation en Afrique reste extrêmement fragile. Le Kenya et le Zimbabwe ont connu de graves violences électorales. Les immigrés en Afrique du Sud subissent l’hostilité, la xénophobie, et l’extrême la violence des Sud-Africains. Des millions d’individus sont pris au piège des conflits en Somalie, au Tchad, Darfour, Soudan, en RDC ; des violences sources de précaire et de désespoir ;

C’est pour ces millions d’individus qui sont sans espoir que les bonnes volontés ne doivent pas perdre espoir.

Accepter l'apostasie : débat en cours, le 28 mai 2008 - Le procureur de Tiaret, dans l'ouest de l'Algérie, a requis la semaine dernière trois ans de prison ferme contre Habiba Kouider, 37 ans, convertie au christianisme et jugée pour exercice illégal d'un culte non-musulman. Il est à déplorer que dans les pays où domine une lecture rigoriste et littéraliste (salafiste) du Coran, il est strictement interdit aux fidèles musulmans de changer de religion. Notons cependant que la cour suprême de Malaisie, pays connu pour son islam moderniste, a ouvert une brèche en reconnaissant à une citoyenne Malaisienne le droit de changer sa religion. Exception ou tendance inévitable ?

Egypte : une nouvelle "année d'exception"
, le 25 mai 2008 - Les égyptiens devraient continuer à subir l’état d’urgence décrété depuis 27 ans après l’assassinat en 1981 de l’ancien président Sadate. Le pouvoir impose cette mesure sous prétexte de lutte contre le « terrorisme ». Cette situation d’urgence constitue une atteinte aux libertés civiles fondamentales. Elle permet entre autres d’effectuer des arrestations arbitraires, d’empêcher les manifestations et de détenir des personnes sans jugement. Le pouvoir, qui a méticuleusement verrouillé la société Égyptienne et qui maintient la population sous surveillance et sous pression, vient de confirmer que « le provisoire et l’exceptionnel » sont faits pour durer en Égypte.